Le retrait américain d'Irak perçu comme une victoire stratégique pour l'Iran, selon une tribune d'Econbrowser
Points clés
- •La tribune d'Econbrowser, publiée le 1er octobre 2026, présente le retrait américain d'Irak comme le chapitre final du conflit lancé sous le président George W. Bush.
- •L'auteur critique le président Donald pour avoir mené une guerre contre l'Iran alors qu'il avait fait campagne sur la promesse de mettre fin aux « guerres sans fin ».
- •Le billet relie les guerres américaines en Irak au conflit irano-irakien de 1980-1988, rappelant que les États-Unis ont armé Saddam Hussein, renversé en 2003 et exécuté en 2006.
- •L'auteur estime que le retrait a probablement cédé l'Irak aux milices soutenues par l'Iran, tandis que les Houthis, alignés sur Téhéran, contrôlent désormais davantage de territoire yéménite qu'à tout moment depuis la prise de Sanaa en 2014.
- •Selon la tribune, l'Iran et ses alliés ont perdu du terrain à Gaza, dans une grande partie du Liban et dans certaines parties de la Syrie, mais ont renforcé leur emprise sur l'Irak et le Yémen et pris le détroit d'Ormuz et Bab-el-Mandeb, des points de passage essentiels au pétrole mondial et au transport maritime.

Une tribune publiée sur Econbrowser le 1er octobre 2026 estime que le retrait officiel des forces militaires américaines d'Irak cette semaine — l'acte final, selon les termes de l'auteur, de la « guerre choisie » en Irak lancée sous le président George W. Bush — est chargé d'une ironie manifeste : il intervient alors que Washington mène une guerre distincte contre l'Iran qui, selon l'auteur, a renforcé la position de Téhéran.
Le billet, signalé par son auteur comme « complètement hors sujet » pour ce blog à vocation économique cofondé par les économistes universitaires James Hamilton et Menzie Chinn, note que la couverture médiatique a souvent souligné sans esprit critique la promesse du président de mettre fin aux « guerres sans fin » américaines. L'auteur adresse une critique acerbe au président Donald Trump — le « criminel en chef », selon ses termes — estimant qu'un président arrivé à la Maison-Blanche en condamnant les guerres de Bush en Irak « devait absolument avoir sa propre guerre ».
L'auteur fait remonter les deux guerres américaines en Irak au conflit irano-irakien de 1980-1988, écrivant que les États-Unis ont fourni des armes à Saddam Hussein et l'ont encouragé à attaquer l'Iran. L'impunité de Saddam lui a coûté la vie, précise le billet — le dictateur irakien a été renversé par l'invasion menée par les États-Unis en 2003 et exécuté en 2006 — tandis que l'Iran en est ressorti en sachant « quelle quantité de guerre il pouvait survivre ».
Selon l'auteur, le retrait contraste de façon « comique » avec ce qu'il appelle la nouvelle guerre « contre son propre camp » menée contre l'Iran. Des milices soutenues par l'Iran ont célébré dans les rues de tout l'Irak, et après que les États-Unis et Israël ont entrepris d'éliminer les alliés iraniens à travers le Moyen-Orient, le départ a très probablement remis l'Irak aux alliés de l'Iran, soutient le billet. Les Houthis, mouvement aligné sur Téhéran qui tient une grande partie du nord du Yémen depuis la prise de la capitale, Sanaa, en 2014, contrôlent désormais davantage de territoire yéménite que jamais, ajoute l'auteur — une conséquence directe de la guerre contre l'Iran.
L'auteur souligne que son propos n'est pas que les forces américaines auraient dû rester, mais que les États-Unis n'auraient jamais dû mener la guerre en Irak et auraient dû en tirer les leçons au lieu d'en poursuivre une nouvelle.
La tribune conclut que l'Iran et ses alliés ont perdu leur emprise sur Gaza, une grande partie du Liban et certaines parties de la Syrie, mais ont renforcé leur emprise sur le Yémen et l'Irak et pris le détroit d'Ormuz — le passage large d'environ 21 milles marins entre l'Iran et Oman par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial — ainsi que Bab-el-Mandeb, le point de passage entre le Yémen et la corne de l'Afrique qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden sur la route maritime du canal de Suez. « On dirait que l'Iran est en train de gagner cette manche, et de gagner gros », écrit l'auteur.