L’Ukraine coule un porte-conteneurs FESCO dans le cadre d’une campagne élargie contre le transport maritime lié à la Russie
Points clés
- •Des drones de surface ukrainiens ont coulé le porte-conteneurs Yanina exploité par FESCO à environ 130 milles nautiques de Novorossiïsk, et les 17 membres d’équipage ont été secourus en sécurité par un navire battant pavillon turc et par l’aviation navale russe.
- •L’Ukraine a également diffusé des images d’une frappe de drone de surface contre le Bourda, un tanker grec de 105 600 tpl, mais aucun détail sur les dommages ou d’éventuelles victimes n’a été communiqué.
- •Des drones ukrainiens à longue portée ont frappé trois raffineries Bashneft en Bachkortostan, à environ 1 600 kilomètres de la frontière ukrainienne, visant des installations dont la capacité annuelle cumulée dépasse 23 millions de tonnes.
- •La Russie a affirmé avoir frappé des infrastructures portuaires et des navires transportant du fret militaire à Mykolaïv, mais ces informations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante et les navires n’ont pas été identifiés.
- •Le ciblage mutuel du transport maritime commercial et des infrastructures énergétiques a fortement accru les primes d’assurance contre les risques de guerre en mer Noire depuis le début de l’invasion à grande échelle en 2022.

L’Ukraine a élargi sa campagne visant le transport maritime commercial lié à la Russie, en coulant un porte-conteneurs exploité par FESCO, en frappant un tanker détenu par des intérêts grecs et en touchant trois raffineries de pétrole à environ 1 600 km à l’intérieur du territoire russe.
Le président Volodymyr Zelenskyy a confirmé que les forces ukrainiennes avaient frappé le Yanina, battant pavillon russe, dans la nuit du 31 juillet au 1er août. Le navire de 962 TEU, construit en 2005 et exploité par FESCO, a été touché par deux drones de surface sans équipage à environ 130 milles nautiques de Novorossiïsk, le plus grand port commercial de Russie sur la mer Noire et un hub essentiel pour les exportations de céréales, de brut et de conteneurs. Le Yanina a ensuite sombré, mais les 17 membres d’équipage ont tous été secourus. Seize ont été récupérés par le Delphinus, battant pavillon turc, tandis que le dernier marin a été évacué par l’aviation navale russe.
FESCO, la Far Eastern Shipping Company, est l’un des plus anciens et des plus grands armateurs de Russie et est contrôlé par Rosatom, la société nucléaire publique russe. L’entreprise reste soumise aux sanctions occidentales en raison de ses liens avec l’effort de guerre de Moscou. Le directeur général de Rosatom, Alexey Likhachev, a dénoncé l’attaque comme un acte de piraterie, indiquant que le navire transportait des produits alimentaires surgelés et des matériaux de construction. Zelenskyy a affirmé que l’Ukraine visait des infrastructures soutenant la campagne militaire russe.
Par ailleurs, l’Ukraine a diffusé des images montrant une frappe de drone de surface contre le Bourda, un tanker de 105 600 tpl construit en 2006 et détenu par IMS, en Grèce. Les détails concernant les dommages ou d’éventuelles victimes n’étaient pas immédiatement disponibles.
Les frappes maritimes s’inscrivaient dans une opération nocturne beaucoup plus large. L’Ukraine a indiqué que ses drones à longue portée avaient touché les raffineries Bashneft-Ufaneftekhim, Bashneft-Novoil et Bashneft-UNPZ à Oufa, en Bachkortostan, à environ 1 600 km de la frontière ukrainienne. Ces trois sites constituent l’un des plus grands complexes de raffinage de Russie, avec une capacité annuelle cumulée dépassant 23 millions de tonnes. Selon l’Ukraine, ces installations fournissaient du carburant aviation, du diesel et des lubrifiants à l’armée russe.
La Russie a, de son côté, poursuivi ses attaques contre la logistique maritime ukrainienne.
Le ministère russe de la défense a déclaré dimanche que ses forces avaient frappé des infrastructures portuaires et deux navires transportant prétendument du fret militaire à Mykolaïv, ainsi qu’un autre navire transportant des fournitures militaires en mer Noire. Ces affirmations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante et les navires n’ont pas été identifiés.
Ces échanges montrent que les deux camps considèrent de plus en plus les navires commerciaux, les ports, les raffineries et les infrastructures d’exportation comme des éléments de la logistique de guerre de leur adversaire.