La crise de la FIFA s'aggrave : l'UEFA, la CONCACAF et l'AFC s'unissent pour exiger la démission d'Infantino
Points clés
- •L'UEFA, la CONCACAF et l'AFC demandent conjointement la démission du président de la FIFA Gianni Infantino, citant une violation de la confiance liée à sa proposition de privatisation de la Coupe du Monde.
- •La coalition représente la majorité des 211 associations membres de la FIFA, tandis que la CAF et la CONMEBOL ne se sont pas publiquement alignées avec le groupe.
- •La proposition d'Infantino de vendre des parts dans une nouvelle société gérant les droits commerciaux de la Coupe du Monde vise le plus grand flux de revenus de la FIFA, qui a généré environ 7,6 milliards de dollars lors du cycle 2019–2022.
- •Des responsables de haut rang de la FIFA, dont le directeur des opérations Kevin Lamour et le responsable du développement Arsène Wenger, ont critiqué le plan de privatisation.
- •De nouvelles allégations concernant le comportement personnel d'Infantino durant son mandat de secrétaire général de l'UEFA ont fait surface, allégations qu'il a catégoriquement niées.

L'UEFA, la CONCACAF et l'AFC — trois des quatre plus grandes confédérations de la FIFA — se sont rassemblées pour renouveler leur exigence que le président en difficulté Gianni Infantino démissionne de son poste.
Dans une lettre ouverte, les trois confédérations accusent Infantino de ne pas avoir reconnu que sa proposition de privatiser effectivement la Coupe du Monde constituait « une violation fondamentale de la confiance » plutôt qu'un simple « faux pas procédural ».
« Le leadership dans le football n'est pas une possession. Il ne s'agit pas de détenir — ni d'exiger — le pouvoir. C'est un devoir de service envers la famille du football qui le confie », déclare la lettre.
« Lorsque la confiance est brisée par la tromperie, lorsqu'un individu se place au-dessus du collectif qui lui a confié l'autorité, ce devoir a été abandonné. »
La lettre poursuit : « Il y a du silence là où il devrait y avoir de la responsabilité, de la distance là où il devrait y avoir de l'ouverture. Ce ne sont pas les qualités que le football mérite dans son leadership. »
« C'est pourquoi nous avons pris cette position : pas à la légère et pas seuls, mais ensemble, et par devoir envers le jeu que nous servons. »
« La force du football a toujours été son unité. Nous appelons à ce que cette unité soit honorée maintenant, pour un leadership qui sert le football, et non qui cherche à le diriger. »
Pourquoi l'alliance UEFA–CONCACAF–AFC pourrait s'avérer décisive
La coalition de l'UEFA, de la CONCACAF et de l'AFC — représentant respectivement l'Europe ; l'Amérique centrale et du Nord ainsi que les Caraïbes ; et l'Asie — constitue une menace directe pour la présidence d'Infantino, puisqu'elles représentent ensemble la majorité des 211 associations membres de la FIFA. La CAF, la confédération africaine comptant 54 associations membres, et la CONMEBOL, représentant le football sud-américain, ne se sont pas publiquement alignées avec la coalition, laissant leurs positions comme un facteur critique quant à la capacité de l'alliance à forcer un changement de direction.
Cependant, certaines associations de football individuelles, dont celles du Qatar et du Mexique, ont publiquement soutenu le président de la FIFA, signalant que le consensus entre les confédérations n'est pas absolu.
Infantino fait face à une pression croissante depuis que des plans ont été révélés il y a deux semaines visant à vendre des parts dans une nouvelle société qui gérerait les droits commerciaux de la Coupe du Monde. La proposition s'attaque au flux de revenus le plus important de la FIFA : l'organisation a déclaré un chiffre d'affaires d'environ 7,6 milliards de dollars pour le cycle 2019–2022, les droits de diffusion et de parrainage liés à la Coupe du Monde représentant la plus grande part. Le plan a suscité les critiques de personnalités senior au sein même de l'instance dirigeante, notamment le directeur des opérations Kevin Lamour et le responsable du développement Arsène Wenger.
Infantino a été élu président de la FIFA pour la première fois en 2016 à la suite du scandale de corruption qui a mis fin aux 17 ans de mandat de Sepp Blatter, et a été réélu sans opposition en 2023. L'impasse actuelle représente le défi coordonné le plus significatif à son leadership de la part des membres de l'organisation depuis son arrivée au pouvoir.
La FIFA a publié un communiqué suite aux réunions de crise de la semaine dernière, insistant sur le fait qu'Infantino conservait le soutien de sa direction ainsi que de nombreuses associations membres.
Depuis lors, de nouvelles allégations ont fait surface concernant le comportement personnel d'Infantino durant son mandat de secrétaire général de l'UEFA il y a plus d'une décennie. Infantino a catégoriquement nié les allégations, tandis que la FIFA les a décrites comme faisant partie d'« un effort concerté et continu de la part de certains pour saper la FIFA et son président ».