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Uber frappée d'une amende de 963 millions de dollars au titre du RGPD pour des suspensions automatisées de comptes de chauffeurs

Auteur: Hokanews·

Points clés

  • Les régulateurs néerlandais ont infligé une amende de 963 millions de dollars à Uber pour sa gestion des comptes de chauffeurs entre 2020 et 2022, période durant laquelle des systèmes automatisés ont suspendu des chauffeurs suspectés de fraude ou mal évalués, sans examen humain individuel.
  • Cette sanction constitue la deuxième plus lourde amende du RGPD jamais enregistrée, derrière uniquement la pénalité de 1,2 milliard de dollars infligée à Meta par la Data Protection Commission irlandaise en 2023.
  • L'action réglementaire se fonde sur l'article 22 du RGPD, qui protège les personnes contre les décisions fondées exclusivement sur un traitement automatisé produisant des effets juridiques ou des effets comparables, et qui exige des garanties telles qu'une intervention humaine.
  • Uber a déclaré qu'elle ferait appel de cette amende, et les recours contre les décisions néerlandaises en matière de protection des données sont en dernier ressort examinés par les tribunaux plutôt que par le régulateur.
  • Cette amende intervient dans un contexte plus large de réglementation européenne de la gestion algorithmique, notamment la directive sur le travail de plateforme adoptée en 2024, qui couvre les systèmes automatisés surveillant et évaluant les travailleurs de plateforme.
Uber frappée d'une amende de 963 millions de dollars au titre du RGPD pour des suspensions automatisées de comptes de chauffeurs

Uber a été condamnée à une amende de 963 millions de dollars par les régulateurs néerlandais pour avoir recouru à des systèmes automatisés afin de suspendre des comptes de chauffeurs sans examen humain, dans une affaire qui illustre le renforcement du contrôle réglementaire sur la décision algorithmique.

La sanction porte sur la gestion des comptes de chauffeurs par Uber entre 2020 et 2022. Selon des informations diffusées sur X et attribuées à Reuters, les régulateurs néerlandais ont estimé qu'Uber a laissé des systèmes automatisés suspendre des chauffeurs suspectés de fraude ainsi que ceux affichant de mauvaises évaluations — les privant potentiellement de leur source de revenus sans examen humain individuel.

Uber a déclaré qu'elle ferait appel de cette décision.

Les régulateurs néerlandais ciblent les décisions automatisées sur les comptes

L'affaire porte sur la manière dont Uber a utilisé des systèmes automatisés pour prendre des décisions affectant les chauffeurs sur sa plateforme.

Entre 2020 et 2022, les chauffeurs suspectés d'activité frauduleuse ou ayant reçu de mauvaises évaluations pouvaient voir leur compte suspendu par des processus automatisés. L'action réglementaire a remis en question la possibilité de prendre de telles décisions sans une intervention humaine suffisante.

Pour les chauffeurs travaillant via des plateformes numériques, la suspension d'un compte peut avoir des conséquences financières directes, car l'accès à la plateforme est étroitement lié à leur capacité à générer des revenus.

La décision des régulateurs néerlandais insiste donc particulièrement sur la manière dont les systèmes de décision automatisée sont appliqués aux personnes, et sur la question de savoir si les personnes concernées par ces décisions disposent de véritables possibilités d'examen humain. Cette insistance s'inscrit dans l'article 22 du RGPD, disposition qui donne aux personnes le droit de ne pas faire l'objet de décisions fondées exclusivement sur un traitement automatisé produisant des effets juridiques ou des effets comparables, et qui prévoit des garanties telles que la possibilité d'obtenir une intervention humaine.

L'application du RGPD aux Pays-Bas relève de l'Autoriteit Persoonsgegevens, l'autorité néerlandaise de protection des données, qui enquête sur les violations potentielles des règles européennes de protection de la vie privée et peut infliger des sanctions.

L'affaire a été signalée dans une publication partagée par @coinbureau sur X, citant Reuters.

Une amende de 963 millions de dollars, deuxième plus lourde sanction du RGPD

L'amende de 963 millions de dollars est présentée comme la deuxième plus lourde sanction jamais prononcée au titre du RGPD, se classant derrière la pénalité de 1,2 milliard de dollars infligée à Meta en 2023 par la Data Protection Commission irlandaise pour des transferts de données d'utilisateurs européens vers les États-Unis.

Le Règlement général sur la protection des données, communément appelé RGPD (GDPR en anglais), constitue le cadre global de protection des données de l'Union européenne. Il régit la manière dont les organisations collectent, traitent et protègent les données personnelles, et comprend des exigences concernant les droits des personnes concernées par les décisions de traitement des données. En vigueur depuis mai 2018, il autorise les régulateurs à infliger des amendes pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial d'une entreprise, selon le montant le plus élevé, pour les violations les plus graves.

L'ampleur de la sanction infligée à Uber souligne les conséquences financières potentielles auxquelles les entreprises peuvent être confrontées lorsque les régulateurs estiment que leurs pratiques de traitement des données enfreignent les règles européennes de protection de la vie privée.

Cette amende intervient également dans un contexte de contrôle accru des systèmes de décision automatisée utilisés par les entreprises technologiques et les plateformes numériques.

Les décisions algorithmiques font l'objet d'un contrôle accru

La décision automatisée est devenue de plus en plus répandue dans les services numériques, où les entreprises utilisent des algorithmes pour traiter de grands volumes d'informations et parvenir à des décisions plus rapidement que les systèmes manuels.

Pour des plateformes comme Uber, des outils automatisés peuvent servir à identifier des comportements potentiellement frauduleux, à évaluer l'activité des comptes et à apprécier d'autres facteurs liés aux utilisateurs et aux chauffeurs.

Cependant, les décisions affectant des personnes peuvent soulever des questions réglementaires lorsque les algorithmes fonctionnent sans supervision humaine réelle. Le législateur de l'UE s'est également attelé à réglementer directement ce domaine : la directive sur le travail de plateforme adoptée en 2024 établit des règles relatives à la gestion algorithmique des plateformes de travail numériques, portant sur la manière dont les systèmes automatisés surveillent et évaluent les personnes effectuant un travail via ces plateformes.

Dans le cas d'Uber, l'action des régulateurs néerlandais visait spécifiquement les suspensions automatisées de comptes de chauffeurs. La crainte était que des chauffeurs puissent perdre l'accès à la plateforme sur la base de décisions algorithmiques, sans examen humain.

Cette question illustre un défi plus large auquel sont confrontées les entreprises qui dépendent de systèmes automatisés : concilier l'efficacité opérationnelle et les exigences juridiques régissant les droits des personnes et le traitement des données.

Uber prévoit de faire appel

Uber a déclaré qu'elle ferait appel de cette amende.

Cet appel offre à l'entreprise la possibilité de contester les conclusions des régulateurs ainsi que le montant de la sanction. Son issue déterminera si l'amende de 963 millions de dollars est finalement maintenue, modifiée ou annulée. Aux Pays-Bas, les recours contre les décisions en matière de protection des données sont en dernier ressort examinés par les tribunaux plutôt que par le régulateur lui-même.

Cette affaire place Uber parmi les entreprises confrontées à des sanctions réglementaires substantielles liées à leur utilisation de données personnelles et de systèmes automatisés. La comparaison avec l'amende de 1,2 milliard de dollars infligée à Meta au titre du RGPD en 2023 souligne l'ampleur de l'action menée contre Uber. Si elle est maintenue, la pénalité de 963 millions de dollars demeurera l'une des sanctions les plus lourdes prononcées au titre du cadre européen de protection de la vie privée.

Implications pour la décision automatisée

L'affaire Uber met en évidence les risques réglementaires liés à l'utilisation d'algorithmes pour prendre des décisions pouvant avoir des conséquences importantes pour les personnes. Pour les chauffeurs, la suspension d'un compte peut directement affecter leur capacité à accéder au travail via la plateforme.

Les régulateurs ont donc examiné non seulement la manière dont les systèmes automatisés traitent l'information, mais aussi la façon dont les entreprises offrent des garanties aux personnes concernées par ces décisions.

Le différend entre désormais dans une phase d'appel alors qu'Uber conteste la décision des régulateurs néerlandais. Cette affaire pourrait également continuer d'attirer l'attention sur la manière dont les entreprises déploient des systèmes automatisés dans des domaines touchant à l'emploi, aux revenus et à l'accès aux plateformes numériques.

Pour l'heure, l'amende de 963 millions de dollars prononcée par les régulateurs néerlandais figure parmi les plus lourdes sanctions du RGPD jamais enregistrées, tandis qu'Uber maintient qu'elle contestera cette décision.

Source : Hokanews