Un ancien responsable américain affirme que l'arrêt du commerce des Émirats arabes unis pourrait frapper l'Iran plus durement que les sanctions américaines
Points clés
- •Mark Kimmitt a déclaré que la suspension du commerce des EAU pourrait avoir des conséquences plus lourdes que les sanctions américaines contre l'Iran.
- •Selon lui, les EAU fournissent environ un tiers des importations annuelles de l'Iran et en constituent la plus grande source de biens importés.
- •Kimmitt a indiqué que Dubaï a longtemps servi de canal financier permettant à l'Iran de contourner les sanctions.
- •La décision des EAU met fin à une récente période de réengagement, marquée notamment par la nomination par Abou Dabi, en 2022, de son premier ambassadeur en Iran depuis 2016.
- •Il a affirmé que les autres États du Golfe attendront probablement avant de prendre des mesures similaires.

Un ancien responsable américain affirme que l'arrêt du commerce des Émirats arabes unis avec l'Iran pourrait avoir des conséquences plus lourdes que le régime de sanctions de Washington lui-même. L'information provient d'Al Jazeera.
Le général à la retraite et ancien secrétaire adjoint d'État américain Mark Kimmitt, qui a servi au département d'État comme secrétaire adjoint aux affaires politico-militaires sous la présidence de George W. Bush, a déclaré à Al Jazeera que la suspension du commerce des EAU avec l'Iran pourrait être plus significative que les sanctions américaines. Selon lui, les EAU constituent actuellement la plus grande source de biens importés en Iran, devant la Chine et la Turquie, et représentent environ un tiers des importations annuelles iraniennes.
Cette dépendance a son importance, car Washington applique déjà depuis 2018, année de son retrait de l'accord nucléaire de 2015, des sanctions d'ampleur contre l'Iran, restreignant les exportations pétrolières de Téhéran et son accès au système financier international — des mesures que l'Iran a longtemps contournées grâce à des canaux commerciaux intermédiaires semblables à ceux que décrit Kimmitt.
Kimmitt a également indiqué que le rôle de Dubaï comme place financière a longtemps offert à l'Iran un canal pour contourner les sanctions. De son point de vue, cela rend la décision des EAU potentiellement plus significative que l'embargo américain.
Cette suspension marque aussi un renversement du récent réengagement des EAU vis-à-vis de Téhéran. Abou Dabi a nommé en 2022 son premier ambassadeur en Iran depuis 2016, alors que les États du Golfe s'orientaient globalement vers une détente avec l'Iran, ce qui fait de l'arrêt annoncé cette semaine un tournant marquant de cette trajectoire.
Il s'attend à ce que les autres États du Golfe adoptent pour l'instant une attitude d'attentisme plutôt que de suivre immédiatement l'exemple des EAU. Kimmitt a également comparé l'ampleur de cette décision à l'embargo imposé par les États-Unis au Japon après la Seconde Guerre mondiale, estimant que l'Iran pourrait l'interpréter comme s'apparentant à un acte de guerre.
Ces déclarations ajoutent une nouvelle dimension à la réponse économique des EAU cette semaine, la présentant moins comme un geste diplomatique lié aux récentes accusations concernant des missiles que comme un coup structurel potentiellement grave porté au commerce et à l'accès financier de l'Iran.
Précédemment :
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