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Tuvalu soumet les amendements les plus stricts sur le net-zéro pour le transport maritime avant la MEPC 85

Auteur: Hellenic Shipping News·

Points clés

  • Tuvalu propose de fixer l'objectif de conformité directe à 100 % de 2029 à 2035, un niveau qu'aucun navire ne pourrait réaliste atteindre, garantissant que chaque tonne d'émissions soit facturée.
  • La proposition porterait le prix unitaire de remédiation de niveau 1 à 300 dollars par tonne métrique d'équivalent CO2, le triple des 100 dollars convenus en principe à la MEPC 83.
  • Les amendements de Tuvalu supprimeraient intégralement le mécanisme des unités excédentaires, exigeant que tous les déficits de conformité soient réglés par des versements directs au Fonds net-zéro de l'OMI.
  • La proposition repousserait les réductions d'un an pour commencer à 6 % en 2029 au lieu de 4 % en 2028, tout en maintenant les objectifs de base inchangés.
  • Les amendements seront examinés lors des réunions intersessions de groupes de travail en septembre et novembre avant un examen formel à la MEPC 85, avec une adoption potentielle lors de la session reprise de la MEPC ES.2 le 4 décembre.
Tuvalu soumet les amendements les plus stricts sur le net-zéro pour le transport maritime avant la MEPC 85

Tuvalu a soumis l'ensemble d'amendements le plus strict parmi ceux envisagés pour adoption à la session de novembre du Comité de protection du milieu marin (MEPC 85) de l'Organisation maritime internationale, cherchant à durcir les coûts de conformité et à accélérer la tarification des émissions pour le transport maritime international. Ce petit État insulaire du Pacifique, parmi les pays les plus exposés à la montée du niveau de la mer, s'est systématiquement placé à l'avant-garde de l'ambition climatique au sein de l'instance onusienne qui régule le transport maritime international — un secteur qui représente environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Le cadre net-zéro (Net-Zero Framework, NZF), approuvé lors de la MEPC 83 en avril 2025, a établi une norme d'intensité carbone des carburants (Greenhouse Gas Fuel Intensity, GFI) à deux niveaux. Elle exige que les navires de 5 000 tonneaux de jauge brute (GT) et au-dessus réduisent progressivement leurs émissions de GES du puits à la roue à partir de 2028, par rapport à une référence de 2008 fixée à 93,30 grammes d'équivalent CO2 par mégajoule (gCO2e/MJ). Les objectifs de réduction comprennent un objectif de base et un objectif de conformité directe, s'échelonnant de 4 à 17 % en 2028 et se resserrant à 30–43 % d'ici 2035.

Selon la proposition de Tuvalu, les objectifs de base resteraient inchangés, mais l'étape de 2028 serait supprimée, les réductions commençant à 6 % en 2029 au lieu de 4 % en 2028. L'objectif de conformité directe serait fixé à 100 % de 2029 à 2035 — un niveau qu'aucun navire ne pourrait réaliste atteindre — garantissant de fait que chaque tonne d'émissions soit facturée. Cela transformerait le cadre en ce qui s'apparente fonctionnellement à une taxe carbone.

Ces recommandations s'inscrivent dans le droit fil d'une soumission conjointe antérieure présentée à la MEPC 84 en avril par les Fidji, Kiribati, Nauru, Palau, Tuvalu et Vanuatu. Les États insulaires du Pacifique ont fait valoir que le cadre de la MEPC 83, bien qu'il constitue une avancée historique en tant que premier mécanisme contraignant de tarification des émissions de l'OMI, ne va ni assez loin ni assez vite pour aligner le transport maritime sur les objectifs de température de l'Accord de Paris.

Tuvalu propose également de porter le prix unitaire de remédiation de niveau 1 à 300 dollars par tonne métrique d'équivalent CO2 (300 $/mtCO2e) — le triple des 100 $/mtCO2e convenus en principe à la MEPC 83. Le prix unitaire de remédiation de niveau 2, applicable aux émissions dépassant l'objectif de base, resterait à 380 $/mtCO2e.

De plus, la proposition supprimerait intégralement le mécanisme des unités excédentaires. Les navires surpassant les objectifs GFI requis ne recevraient plus d'unités excédentaires à vendre aux navires non conformes. Tout déficit serait réglé exclusivement par des versements directs au Fonds net-zéro de l'OMI.

Les amendements sont inscrits à l'ordre du jour des discussions du Groupe de travail intersessions sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre des navires (ISWG-GHG) en septembre et novembre, avant leur examen formel à la MEPC 85, qui se déroulera du 30 novembre au 3 décembre. L'éventail des propositions sur la table s'étend de l'approche d'ambition maximale de Tuvalu aux alternatives moins contraignantes privilégiées par d'autres États membres, et les négociations intersessions détermineront quels éléments seront intégrés au texte consolidé.

Si les États membres parviennent à un texte final, les amendements pourraient être formellement adoptés lors de la deuxième session extraordinaire de la MEPC (MEPC ES.2). Cette session a été ajournée en octobre 2025 et devrait se réunir à nouveau le 4 décembre.

Source : Par Konica Bhatt, ENGINE,