Trump envisage d'accorder un sursis tarifaire au Canada à l'approche de l'échéance du 19 août : Politico
Points clés
- •Trump doit décider s'il accepte l'accord intérimaire ou s'il laisse le tarif de 50 % sur certains produits canadiens entrer en vigueur à minuit le 19 août.
- •Le paquet rapporté pourrait inclure des concessions canadiennes sur les tarifs laitiers et la levée de certaines mesures de rétorsion, y compris les restrictions provinciales sur l'alcool américain.
- •Les tarifs sur les automobiles demeurent le principal point de blocage, le Canada cherchant à obtenir un allègement des droits américains de 25 % imposés en 2025.
- •L'accord proposé est considéré comme une étape « early harvest » destinée à débloquer des négociations plus larges sur la révision de l'USMCA.
- •Les tarifs sur l'acier et l'aluminium restent non résolus, et l'administration Trump a montré peu de volonté de compromis sur les droits de 50 % sur l'acier.

Un accord commercial intérimaire potentiel entre les États-Unis et le Canada se trouve désormais sur le bureau du président Trump, selon Politico, citant des personnes proches des négociations. Trump doit maintenant décider s'il accepte l'accord intérimaire avant des négociations plus larges sur l'USMCA ou s'il laisse entrer en vigueur, à minuit le 19 août, le tarif de 50 % prévu sur certains produits canadiens.
Les négociateurs américains et canadiens ont mené des discussions intensives ces derniers jours dans le but de résoudre plusieurs différends commerciaux de longue date. Le paquet en cours d'élaboration comprendrait, selon les informations disponibles, des concessions canadiennes sur les tarifs laitiers — un point de friction chronique, le système canadien de gestion de l'offre laitière imposant des droits élevés au-delà des contingents, droits que Washington a contestés à plusieurs reprises au titre d'accords commerciaux antérieurs —, la levée de certaines mesures de rétorsion canadiennes contre les produits américains, y compris les restrictions provinciales sur l'alcool américain, ainsi que des progrès vers une réduction des tarifs américains sur les automobiles canadiennes.
L'automobile demeure toutefois le principal point de blocage. Le Canada cherche à obtenir une réduction des tarifs américains de 25 % sur les automobiles, imposés en 2025 pour des raisons de sécurité nationale, et souhaite que ces droits s'appliquent principalement au contenu des véhicules produit hors d'Amérique du Nord. Cette approche reflète la structure de l'industrie : la production automobile nord-américaine repose sur des chaînes d'approvisionnement profondément intégrées, les pièces franchissant souvent plusieurs fois la frontière américano-canadienne avant l'assemblage final. Washington, de son côté, continue de presser le Canada de supprimer les barrières aux produits américains et de remédier à ses politiques protectionnistes.
L'accord proposé est considéré comme un accord « early harvest » (à premiers fruits) ou intérimaire, susceptible de débloquer des négociations plus larges sur l'USMCA, l'accord commercial nord-américain qui a remplacé l'ALENA en 2020 et qui doit maintenant faire l'objet de son examen conjoint.
Les enjeux politiques sont importants pour les deux gouvernements — et pour une relation dans laquelle les deux pays échangent chaque année des centaines de milliards de dollars de marchandises, principalement des automobiles, de l'énergie et des machines. Le premier ministre canadien Carney fait face à des pressions internes l'incitant à ne pas faire de concessions à Washington, compte tenu notamment de la frustration généralisée des Canadiens à l'égard des politiques commerciales de Trump et de ses déclarations répétées sur l'accession du Canada au statut de 51e État américain.
Trump encourt également des risques politiques si les tarifs entrent en vigueur. Des coûts commerciaux plus élevés pourraient exercer une pression économique supplémentaire à l'approche des élections de mi-mandat américaines, en particulier dans des États comme le Michigan — berceau historique de la production automobile nord-américaine — et le Maine, où le commerce entre le Canada et les États-Unis revêt une importance économique majeure.
L'acier et l'aluminium demeurent un autre enjeu majeur non résolu. Le Canada demande un allègement des tarifs américains, mais l'administration Trump aurait montré peu de volonté de compromis sur les tarifs de 50 % sur l'acier, imposés au titre des pouvoirs de sécurité nationale de la Section 232, le représentant américain au commerce Greer soutenant que ces mesures profitent à la production nationale d'acier.
Par le passé, Trump a déjà repoussé des échéances ou finalisé des accords à la dernière minute. Le dollar canadien a bondi après la publication du rapport de Politico. L'épreuve immédiate se jouera à minuit — un accord intérimaire signé, un tarif de 50 % entrant en vigueur, ou un nouveau report —, la question à plus long terme étant de savoir si un paquet « early harvest » permettra d'amener les deux pays vers les négociations de fond sur la révision de l'USMCA qu'il est censé débloquer.