Trump promet de doubler à 50% les droits de douane sur les automobiles et pièces canadiennes, aggravant le conflit commercial
Points clés
- •Le président Trump a annoncé que les droits de douane sur les voitures, camions, pièces automobiles et l’acier canadiens passeraient à 50% à compter du 1er janvier, doublant le taux automobile actuel de 25%.
- •Comme le droit automobile existant ne s’applique qu’au contenu non américain, la hausse augmenterait le prélèvement sur la part non américaine de chaque véhicule et pièce traversant la frontière, tandis que l’acier importé est déjà soumis à un droit de 50%.
- •Le Canada figure régulièrement parmi les plus importants fournisseurs de véhicules et de pièces pour les États-Unis, avec un assemblage concentré en Ontario, des pièces franchissant souvent la frontière plusieurs fois, et un commerce régi par l’ACEUM, qui exige 75% de contenu nord-américain pour un traitement en franchise de droits.
- •Le taux proposé de 50% correspond au maximum autorisé par la Section 338 du Tariff Act of 1930, une disposition restée inutilisée pendant des décennies avant le conflit actuel, et le commentateur d’Econbrowser a averti que la mesure infligerait des dommages importants au complexe d’assemblage automobile États-Unis–Canada lui-même.
- •La promesse intervient l’année de l’examen conjoint prévu de l’ACEUM, et comme le Canada a déjà imposé des droits de rétorsion sur les exportations américaines, la date de début du 1er janvier laisse plus de quatre mois pour négociations, contre-mesures ou nouvelle escalade.

Qui l’aurait cru ? D’après Bloomberg :
Le président américain Donald Trump a promis de doubler le droit de douane sur les automobiles canadiennes et leurs pièces à partir de l’an prochain, aggravant l’escalade du conflit commercial entre les deux économies, Bloomberg rapporte.
Trump a écrit lundi que les « Tariffs on all Cars, Trucks, both large and small, Automotive Parts, and Steel » passeraient à 50%, à compter du 1er janvier. Le taux automobile actuel est de 25%, mais il ne s’applique qu’au contenu non américain ; le doublement relèverait donc le prélèvement sur la part non américaine de chaque véhicule et pièce expédiés au-delà de la frontière. L’acier importé est déjà soumis à un droit de 50%.
Cette annonce marque la dernière escalade du différend commercial entre deux économies étroitement intégrées, dont les secteurs automobiles sont reliés par des chaînes d’approvisionnement transfrontalières. Les composants franchissent régulièrement la frontière plusieurs fois avant qu’un véhicule fini ne sorte de la chaîne, la majeure partie de l’assemblage canadien étant concentrée en Ontario, juste de l’autre côté des Grands Lacs, face au cœur de l’industrie américaine centré sur le Michigan. Le Canada figure régulièrement parmi les plus importants fournisseurs de véhicules et de pièces pour le marché américain, et ce commerce est régi par l’Accord États-Unis–Mexique–Canada, successeur de l’ALENA, qui exige 75% de contenu nord-américain pour que les véhicules légers puissent bénéficier d’un traitement en franchise de droits.
Ouvrant son billet avec « Who could'a thunk it? », l’auteur d’Econbrowser a soutenu que les droits de douane relevant actuellement de la Section 338 — une disposition du Tariff Act de 1930 autorisant des droits allant jusqu’à 50% sur les importations en provenance de pays jugés discriminatoires à l’égard du commerce américain, un plafond que la nouvelle promesse égalerait et qui est resté inutilisé pendant des décennies avant le différend actuel — nuiront aux États-Unis dans certaines zones géographiques. « Hitting the US – Canada auto assembly complex, well…that seems like a bit of unprecedented self-harm », a écrit l’auteur, tout en mettant en garde les lecteurs : « don't bet against TACO! » — une expression de marché pour « Trump Always Chickens Out », popularisée en 2025 pour désigner des menaces tarifaires ensuite reportées ou réduites. L’auteur a également indiqué que la menace doit commencer au début de la nouvelle année.
Cette promesse intervient l’année de l’examen conjoint prévu de l’ACEUM, alors que les règles régissant le commerce automobile nord-américain sont déjà sur la table, et le Canada a déjà répondu par le passé aux mesures tarifaires américaines par des droits de rétorsion sur les exportations américaines — laissant la date annoncée du 1er janvier comme prochain jalon dans un conflit qui laisse plus de quatre mois pour négociations, contre-mesures ou nouvelle escalade.