Trump suspend les tarifs de 50 % sur le Canada pendant trois jours alors que les négociations se poursuivent
Points clés
- •Trump a suspendu pendant trois jours les tarifs prévus de 50 % sur les biens canadiens, le temps de finaliser les documents d’un accord.
- •Les tarifs devaient couvrir environ 20 milliards de dollars de biens canadiens et auraient touché notamment le ciment et les crosses de hockey.
- •Les négociations restent centrées sur la suppression des droits américains sur les voitures, l’acier et le bois, tandis que Washington demande un accès plus large au marché canadien.
- •Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a indiqué que tout accord devrait inclure un accès complet au marché, des engagements en matière de sécurité économique et un alignement sur le commerce numérique.
- •Les discussions pourraient influencer l’avenir de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada, qui doit être renouvelé.

Le président Trump a annoncé mardi soir qu’il suspendait les tarifs de 50 % sur les biens canadiens, quelques heures seulement avant leur entrée en vigueur prévue à minuit. Dans une publication sur Truth Social, il a indiqué que les États-Unis et le Canada avaient conclu un accord, sous réserve de la finalisation des documents.
"I have paused the 50% Tariffs against Canada, that were scheduled to kick in tomorrow morning for a three day period, based on the fact that Canada and the U.S.A., subject to the finalization of documents, have a DEAL! The great Keystone XL Pipeline, long ago killed by Sleepy… pic.twitter.com/u5xEHMKPaW — The White House (@WhiteHouse) August 19, 2026"
"I have paused the 50% Tariffs against Canada, that were scheduled to kick in tomorrow morning for a three day period, based on the fact that Canada and the U.S.A., subject to the finalization of documents, have a DEAL! The great Keystone XL Pipeline, long ago killed by Sleepy… pic.twitter.com/u5xEHMKPaW
— The White House (@WhiteHouse) August 19, 2026"
Les tarifs devaient couvrir 20 milliards de dollars de biens canadiens, notamment du ciment et des crosses de hockey. La suspension de trois jours laisse aux deux parties le temps de finaliser les termes, mais elle maintient aussi les entreprises des deux côtés de la frontière dans une courte période d’incertitude pendant que les documents sont achevés.
Ce qui a conduit à la suspension de dernière minute
Trump avait annoncé pour la première fois le mois dernier son intention d’imposer des tarifs de 50 %, affirmant que les États-Unis réagissaient à ce qu’ils décrivaient comme des pratiques commerciales discriminatoires du Canada. Les secteurs visés comprenaient l’automobile, les produits laitiers et l’alcool.
L’administration prévoyait d’imposer ces tarifs en vertu de la Section 338 du Tariff Act de 1930, une loi rarement utilisée qui permet aux États-Unis de riposter contre des pays ayant des politiques commerciales discriminatoires. Trump a eu recours à ce texte après que la Cour suprême a invalidé les pouvoirs d’urgence qu’il avait précédemment utilisés pour des tarifs mondiaux de grande ampleur.
Le premier ministre canadien Mark Carney a confirmé la suspension, déclarant que "substantial progress has been made, although there is important work still to be done." Il a qualifié les discussions plus tôt cette semaine de "very intense and delicate."
Ce qui reste à négocier
Les négociations ont porté sur plusieurs dossiers. Le Canada cherche à faire supprimer les droits américains existants sur les voitures, l’acier et le bois d’œuvre. Les États-Unis réclament un accès élargi au marché, y compris le retour du vin et des spiritueux américains sur les étagères des magasins canadiens.
Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a déclaré que tout accord comprendrait "comprehensive market access for all American goods, economic security commitments, and digital trade alignment." Il avait auparavant reconnu qu’"there are a lot of issues."
Le secteur automobile demeure l’un des principaux points de blocage, selon des personnes proches des discussions. L’industrie automobile canadienne a déjà subi des fermetures d’usines et des pertes d’emplois en raison de tarifs antérieurs, soulignant l’importance de ces pourparlers pour les fabricants et les fournisseurs dépendant du commerce transfrontalier.
Une analyse de Veda Partners a conclu que les nouveaux tarifs auraient porté le taux tarifaire moyen sur les exportations canadiennes vers les États-Unis de 4.68 % à 6.27 %. En pratique, seuls environ 5 % des biens canadiens importés l’an dernier par les États-Unis auraient été soumis à de nouveaux droits.
Trump a également évoqué le pipeline Keystone XL dans sa publication sur Truth Social, laissant entendre qu’il pourrait être relancé dans le cadre d’un accord plus large. Le pipeline, qui transporterait 830,000 barils par jour de l’Alberta vers la côte du Golfe, a été annulé par le président Biden en 2021.
La Chambre de commerce du Canada a salué la suspension, tout en soulignant qu’elle ne remplace pas la nécessité d’un accord signé. "An extension doesn’t bring the certainty that a signed interim deal would," a déclaré la présidente de la Chambre, Candace Laing.
L’issue de ces discussions pourrait également influencer l’avenir de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada, qui doit être renouvelé.