ActualitésMacroLa Corée du Sud établit des règles pour la transition vers les carburants verts du transport maritime

La Corée du Sud établit des règles pour la transition vers les carburants verts du transport maritime

Auteur: Hellenic Shipping News·

Points clés

  • Les règles proposées par la Corée du Sud détaillent les exigences en matière de navires, de carburants et de ports pour les corridors maritimes verts, dans le cadre d'une loi spéciale entrant en vigueur le 1er avril 2027.
  • Les carburants éligibles incluent le méthanol, l'hydrogène, l'ammoniac, les biocarburants et les carburants de synthèse renouvelables, ainsi que les propulsions électriques à batteries et à pile à combustible.
  • Les propositions feront l'objet d'une consultation publique jusqu'en octobre et devraient être présentées aux réunions vice-ministérielles et du cabinet d'ici février 2027.
  • Le plan coréen de navires écologiques 2026-2035 vise la conversion de 889 navires aux carburants alternatifs et une réduction de 61 % des émissions des flottes hauturières par rapport aux niveaux de 2008 d'ici 2035.
  • Le gouvernement vise une part de 50 % du marché mondial des navires zéro carbone pour les chantiers navals coréens d'ici 2035, soutenue par de nouvelles technologies et des installations d'essai.
La Corée du Sud établit des règles pour la transition vers les carburants verts du transport maritime

La Corée du Sud élabore des règles afin de préparer ses ports aux corridors maritimes verts, tout en planifiant l'expansion de sa flotte de navires fonctionnant avec des carburants alternatifs. Cette initiative intervient alors que le secteur du transport maritime international fait face à des exigences de décarbonation de plus en plus strictes en vertu de la stratégie révisée de l'Organisation maritime internationale sur les gaz à effet de serre, adoptée en 2023, qui fixe notamment l'objectif d'émissions nettes nulles pour le transport maritime international vers 2050.

Le ministère des Océans et des Pêches a proposé une légération établissant des règles détaillées pour la loi spéciale du pays sur le soutien à l'établissement de routes maritimes vertes, en prévision de l'entrée en vigueur de cette loi le 1er avril 2027.

Les règles proposées précisent quels navires et carburants peuvent être admis sur les corridors maritimes verts impliquant des ports sud-coréens, et fixent des exigences pour les ports fournissant des carburants marins alternatifs. Les navires éligibles incluraient ceux propulsés au méthanol, à l'hydrogène, à l'ammoniac, aux biocarburants et aux carburants de synthèse renouvelables, ainsi que les navires électriques à batteries et à pile à combustible. Les corridors maritimes verts — des routes sur lesquelles les navires utilisent des carburants plus propres — ont suscité une attention internationale depuis la déclaration de Clydebank, lancée lors du sommet climatique COP26 en 2021, à laquelle plusieurs pays se sont engagés à établir de tels corridors.

La législation établirait également des exigences pour les ports « respectueux de l'environnement », notamment des systèmes d'approvisionnement en carburants marins plus propres, bien que le ministère n'ait pas précisé quels ports pourraient être éligibles.

Les propositions feront l'objet d'une consultation publique jusqu'en octobre, suivie d'examens réglementaires et législatifs jusqu'en décembre. Elles devraient être présentées aux réunions vice-ministérielles et du cabinet d'ici février 2027.

Ces règles sont élaborées en parallèle du deuxième plan fondamental coréen de développement et de déploiement de navires écologiques, couvrant la période 2026-2035. L'infrastructure d'approvisionnement en carburants constitue l'un des cinq axes principaux de ce plan. La Corée du Sud entend développer les infrastructures pour les carburants à faible émission tout en mettant en place une infrastructure d'approvisionnement distincte pour les carburants à émission nulle.

Le plan vise également à stimuler la demande pour ces carburants en accélérant l'adoption de navires plus propres dans le transport maritime national et international ainsi que dans la flotte publique. Il cible la conversion de 889 navires exploités par des acteurs privés et publics d'ici 2035, afin qu'ils fonctionnent avec des alternatives aux carburants marins conventionnels.

Ses objectifs comprennent une réduction de 61 % des émissions de gaz à effet de serre des flottes hauturières des compagnies maritimes coréennes par rapport aux niveaux de 2008 d'ici 2035, ainsi qu'une baisse de 20 % des émissions du secteur du transport par rapport aux niveaux de 2018.

Le gouvernement souhaite également que les chantiers navals coréens captent 50 % du marché mondial des navires zéro carbone d'ici 2035. À cette fin, le plan prévoit le développement de technologies pour des navires propulsés par des carburants zéro carbone et des équipements capables de gérer des carburants mélangés. Il préconise aussi des installations d'essai terrestres et en mer pour favoriser la commercialisation des nouvelles technologies. Cet objectif reflète la position de l'industrie coréenne de construction navale, qui figure parmi les plus grandes au monde, aux côtés de celle de la Chine.

En outre, le gouvernement prévoit de renforcer les liens entre les industries coréennes du transport maritime et de la construction navale, et de soutenir les petits chantiers navals et les fabricants d'équipements marins dans la conception de navires compatibles avec les carburants alternatifs et les essais d'équipements.

Source : By Konica Bhatt, ENGINE,