ActualitésMacroLes géants du transport maritime pétitionnent l'ONU pour faire cesser les demandes de péage de l'Iran dans le détroit d'Ormuz

Les géants du transport maritime pétitionnent l'ONU pour faire cesser les demandes de péage de l'Iran dans le détroit d'Ormuz

Auteur: CryptoBriefing·

Points clés

  • Huit grands groupes de transport maritime ont conjointement fait appel à l'Organisation des Nations Unies pour qu'elle intervienne contre les efforts de l'Iran visant à imposer des péages de transit aux navires traversant le détroit d'Ormuz.
  • Le détroit d'Ormuz facilite le transit quotidien d'environ un cinquième du pétrole brut échangé dans le monde et d'une part importante du gaz naturel liquéfié mondial.
  • La contestation des groupes de transport maritime est fondée sur les dispositions de la UNCLOS, qui interdisent les redevances sur les navires exerçant un droit de passage en transit dans les détroits internationaux et sont largement considérées comme du droit international coutumier.
  • L'IRGC maintient une présence navale importante dans le détroit et a démontré à plusieurs reprises sa capacité à intercepter ou contrôler le trafic maritime commercial, soulevant des inquiétudes quant à la capacité d'action de l'Iran.
  • Toute institutionnalisation de la collecte de péages pourrait perturber les chaînes d'approvisionnement énergétique, augmenter les coûts de transport maritime et avoir des implications économiques significatives pour les importateurs d'énergie, les assureurs maritimes et les marchés mondiaux de matières premières.
Les géants du transport maritime pétitionnent l'ONU pour faire cesser les demandes de péage de l'Iran dans le détroit d'Ormuz

Huit grands groupes de transport maritime ont conjointement fait appel à l'Organisation des Nations Unies pour qu'elle intervienne contre les efforts de l'Iran visant à imposer des péages de transit aux navires traversant le détroit d'Ormuz, selon des informations circulant sur les réseaux sociaux.

Cet appel souligne l'inquiétude croissante au sein de l'industrie maritime mondiale concernant l'intention déclarée de Téhéran de percevoir des frais de la part des navires en transit dans le détroit, un canal étroit entre l'Iran et Oman qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman et à la mer d'Arabie. À son point le plus étroit, le détroit mesure environ 21 milles nautiques de large, et il constitue l'un des points d'étranglement les plus critiques au monde pour le transit énergétique, avec environ un cinquième du pétrole brut échangé dans le monde et une part importante du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial qui le traverse chaque jour.

En vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), les navires de tous les États jouissent du droit de passage en transit dans les détroits utilisés pour la navigation internationale, droit qui ne peut être suspendu. La convention stipule également que les navires exerçant le droit de passage en transit ne doivent pas être soumis à des redevances uniquement en raison de leur passage. Bien que l'Iran ait signé mais non ratifié la UNCLOS, les dispositions du traité sur le passage en transit sont largement reconnues comme reflétant le droit international coutumier, donnant ainsi à l'appel des groupes de transport maritime une base dans les normes juridiques maritimes établies.

La capacité de l'Iran à faire respecter la collecte des péages est une préoccupation croissante pour les opérateurs commerciaux. Le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (IRGC), qui maintient une présence navale importante dans la région, a démontré à plusieurs reprises sa capacité à intercepter, diriger ou autrement contrôler le trafic maritime dans le détroit. Les groupes de transport maritime avertissent que la formalisation de la collecte des péages pourrait créer un précédent qui augmenterait les coûts, créerait des goulots d'étranglement logistiques et introduirait de nouveaux niveaux d'incertitude pour les navires transportant des cargaisons énergétiques à travers ce corridor.

La pétition adressée à l'ONU intervient dans un contexte de tensions régionales exacerbées, en particulier les frictions actuelles entre l'Iran et les États-Unis concernant la liberté de navigation dans et autour d'Ormuz. Ces derniers mois, une partie du trafic maritime commercial a déjà été déroutée ou restreinte en raison de l'environnement de sécurité volatil, selon des témoignages de l'industrie. Le Qatar, l'un des plus grands exportateurs de GNL au monde, achemine presque tous ses expéditions de gaz liquéfié à travers le détroit, ce qui signifie que toute perturbation affecterait non seulement les marchés du pétrole brut, mais aussi les chaînes d'approvisionnement mondial en gaz dont dépendent les pays d'Asie et d'Europe.

Le détroit d'Ormuz est depuis longtemps un point de bascule dans la logistique énergétique mondiale. Les perturbations dans cette zone peuvent avoir des effets d'entraînement immédiats sur les chaînes d'approvisionnement en carburant et les marchés de l'assurance maritime, compte tenu du volume de pétrole et de GNL qui transite quotidiennement par cette voie. L'Iran a déjà menacé de fermer le détroit lors de périodes de confrontation accrue avec les puissances occidentales, bien qu'il ne l'ait pas fait. Toute mesure prise par l'Iran pour institutionnaliser la collecte des péages — et toute réponse internationale — aurait des implications économiques importantes pour les importateurs d'énergie, les assureurs maritimes et les marchés mondiaux de matières premières.

Les observateurs surveillent désormais toute réponse officielle de l'Organisation des Nations Unies à l'appel des groupes de transport maritime, ainsi que toute réaction de Téhéran. Les déclarations de l'IRGC ou des responsables diplomatiques et de la défense américains pourraient influencer davantage la trajectoire de ce différend.