La Russie se tourne vers la Corée du Sud pour son carburant alors que la crise des raffineries s’aggrave
Points clés
- •La Russie a reçu environ 30 000 tonnes métriques de carburants raffinés de Corée du Sud alors que les frappes de drones ukrainiens sur ses raffineries créaient des pénuries d’approvisionnement intérieures.
- •Le traitement dans les raffineries russes est tombé à 3,6 millions de barils par jour le mois dernier, son plus bas niveau depuis 2002 et plus de 30 % sous les moyennes saisonnières.
- •La production russe de pétrole brut a dépassé 9 millions de barils par jour en juillet, mettant en évidence l’écart croissant entre l’extraction de brut et la capacité de raffinage intérieure.
- •La Russie a prolongé son interdiction des exportations de diesel jusqu’à la fin de 2025, aggravant la tension sur l’offre mondiale de diesel, en particulier en Europe.
- •Les attaques ukrainiennes ont perturbé la route du Caspian Pipeline Consortium, obligeant le Kazakhstan à réduire sa production pétrolière d’environ 50 % le mois dernier.

La Russie a importé environ 30 000 tonnes métriques de carburants raffinés en provenance de Corée du Sud le mois dernier, alors qu’elle cherchait à compenser des pénuries d’approvisionnement provoquées par la poursuite des frappes de drones ukrainiens sur ses raffineries. Ces expéditions marquent un renversement de rôle notable pour la Russie, qui figure historiquement parmi les plus grands exportateurs mondiaux de produits pétroliers raffinés.
Selon un rapport de Reuters citant des données de suivi maritime de Kpler et Vortexa, au moins deux pétroliers de courte portée ont été chargés de carburant en Corée du Sud et envoyés vers l’Extrême-Orient russe. La Corée du Sud, qui abrite certains des plus grands complexes de raffinage d’Asie, constitue un fournisseur logique en raison de sa proximité relative avec les ports russes du Pacifique. Les données ont confirmé qu’un navire était déjà arrivé à destination.
Reuters a indiqué, en citant des sources non nommées, que les deux cargaisons sud-coréennes se composaient de diesel et d’une partie de carburant pour avions.
Ces livraisons interviennent dans un contexte de forte baisse du traitement dans les raffineries russes. Un précédent rapport de Bloomberg indiquait que le traitement était tombé le mois dernier à 3,6 millions de barils par jour, son niveau le plus bas depuis 2002 et plus de 30 % sous la moyenne saisonnière.
Parallèlement, la production russe de pétrole brut évolue dans la direction opposée. La moyenne de juillet a dépassé 9 millions de barils par jour, selon des sources non nommées citées par Reuters. Si cela se confirme, cela représenterait une hausse d’environ 100 000 barils par jour par rapport à la moyenne de juin, qui s’établissait à 8,93 millions de barils par jour. Cette divergence souligne une conséquence centrale des frappes contre les raffineries : la Russie continue d’extraire du brut, mais sa capacité à le transformer en carburants sur place diminue.
La Russie s’efforce de redémarrer des raffineries précédemment endommagées, et des sources locales font état d’un allégement des pénuries. Toutefois, l’Ukraine a poursuivi sa campagne de frappes. Le président Volodymyr Zelensky a déclaré plus tôt cette semaine que deux autres installations avaient été touchées en profondeur sur le territoire russe lors d’attaques qu’il a qualifiées de « long-range », comme l’a rapporté la BBC.
Ces attaques ont conduit la Russie à instaurer une interdiction des exportations de diesel, récemment prolongée jusqu’à la fin de l’année. Cette mesure accentue une situation déjà tendue sur le marché mondial du diesel, l’Europe étant particulièrement touchée. La Russie a également restreint les exportations d’essence afin d’assurer un approvisionnement suffisant du marché intérieur.
Les attaques ukrainiennes ont également perturbé l’acheminement du brut kazakh via le Caspian Pipeline Consortium, qui aboutit au port russe de Novorossiysk, sur la mer Noire. Cette perturbation a contraint le Kazakhstan à réduire sa production pétrolière d’environ 50 % le mois dernier.
Par Irina Slav pour Oilprice.com