ActualitésMacroLe pétrolier sous sanctions Sibu 1 détourné dans le golfe d'Aden et contraint de se diriger vers la Somalie

Le pétrolier sous sanctions Sibu 1 détourné dans le golfe d'Aden et contraint de se diriger vers la Somalie

Auteur: Splash247·

Points clés

  • Six hommes armés ont pris d'assaut le pétrolier à produits Sibu 1, de 32 200 tpl, à environ 136 milles marins à l'est d'Al Mukalla, au Yémen, en ont pris le contrôle et l'ont redirigé vers la Somalie après l'émission d'un appel de détresse.
  • Le Sibu 1, précédemment nommé Seamull, avait été sanctionné par le Trésor américain en décembre 2025 pour avoir transporté des produits pétroliers iraniens et fait escale dans des ports yéménites contrôlés par les Houthis, ce qui le coupe des circuits occidentaux traditionnels d'assurance et de services bancaires.
  • Ce détournement est la deuxième saisie signalée dans la région cette semaine, après l'assaut donné lundi contre le cargo Lutuf au large de la côte du Puntland somalien ; le pétrolier Honour 25 et le navire de charge Sward ont également été saisis au large de la Somalie cette année.
  • La piraterie somalienne reprend plus d'une décennie après son pic de 2011, qui comptait plus de 200 attaques, les groupes de pirates utilisant des navires de pêche capturés et des boutres comme navires-mères pour opérer loin des côtes malgré la mousson du sud-ouest.
  • Les États de la région sont convenus de créer une force opérationnelle combinée du Code de conduite de Djibouti afin de coordonner les opérations de sécurité maritime aux côtés des missions navales existantes, comme l'opération Atalanta de l'UE, qui patrouille dans les eaux somaliennes depuis 2008.
Le pétrolier sous sanctions Sibu 1 détourné dans le golfe d'Aden et contraint de se diriger vers la Somalie

Des pirates ont détourné un pétrolier à produits sous sanctions américaines dans le golfe d'Aden et l'ont contraint de se diriger vers la Somalie, ce qui constitue la deuxième saisie de navire signalée dans la région cette semaine, alors que la piraterie somalienne regagne en intensité. Ce regain survient plus d'une décennie après le dernier pic du phénomène, lorsque le Bureau maritime international (International Maritime Bureau) avait attribué plus de 200 attaques aux pirates somaliens en 2011, une vague finalement jugulée par les patrouilles navales internationales et le renforcement des mesures de sécurité à bord.

Selon UK Maritime Trade Operations, l'incident s'est produit à environ 136 milles marins à l'est d'Al Mukalla, au Yémen, après que le pétrolier a émis un appel de détresse signalant l'approche d'une embarcation non autorisée. Six hommes armés ont ensuite pris d'assaut le navire, en ont pris le contrôle et l'ont redirigé vers la Somalie. Le golfe d'Aden est le corridor reliant la mer Rouge et la route du canal de Suez à la mer d'Arabie, et le trafic commercial y est déjà allégé, de nombreux armements préférant contourner le cap de Bonne-Espérance pour éviter les attaques houthies contre les navires marchands qui ont commencé fin 2023.

Des sources de sécurité maritime ont identifié le navire comme étant le Sibu 1, d'un port en lourd de 32 200 tpl. Selon des informations, son AIS a transmis le message « PIRATE ONBOARD HELP » avant que le pétrolier ne modifie son cap. Le navire était entré mercredi dans la zone à haut risque de la Somalie (Somalia High Risk Area) en naviguant vers l'ouest dans le golfe d'Aden, une zone que les organisations professionnelles avaient redéfinie pour la dernière fois en 2023, après des années d'activité pirate minimale au large des côtes somaliennes.

Le Sibu 1 présente un historique d'exploitation inhabituel. Précédemment nommé Seamull, le pétrolier a été sanctionné par le Trésor américain en décembre 2025 dans le cadre de la répression menée par Washington contre la flotte fantôme de l'Iran. Les autorités américaines ont déclaré que le navire avait transporté à plusieurs reprises des produits pétroliers iraniens, notamment du naphta et du gazole, et qu'il avait également fait escale dans des ports yéménites contrôlés par les Houthis. Une telle désignation interdit aux personnes américaines toute transaction avec le navire et le coupe effectivement des circuits occidentaux traditionnels d'assurance et de services bancaires.

Cette attaque fait suite au détournement du cargo Lutuf lundi, à environ quatre milles marins au sud de Mareeyo, sur la côte du Puntland somalien, où huit assaillants armés ont pris d'assaut le navire. Parmi les autres navires saisis au large de la Somalie cette année figurent le pétrolier à produits Honour 25 et le navire de charge Sward.

Ce regain s'est maintenu malgré la mousson du sud-ouest, qui rend normalement les opérations pirates au large plus difficiles. Les groupes de pirates utilisent de plus en plus des navires de pêche capturés et des boutres comme navires-mères, étendant leur rayon d'action bien au-delà du littoral somalien. En réponse, les États de la région sont convenus de créer une force opérationnelle combinée du Code de conduite de Djibouti, instituant un nouveau mécanisme d'opérations de sécurité maritime coordonnées aux côtés des missions navales internationales existantes, parmi lesquelles l'opération Atalanta de l'Union européenne, qui patrouille dans les eaux somaliennes depuis son lancement en 2008. Le Code de conduite de Djibouti lui-même date de 2009, adopté sous l'égide de l'Organisation maritime internationale par des États de l'ouest de l'océan Indien et du golfe d'Aden. L'attention se porte désormais sur le sort des équipages des navires saisis et sur la rapidité avec laquelle la nouvelle force opérationnelle deviendra opérationnelle.