ActualitésMacroLe Nigeria élimine progressivement la 3G alors que l'adoption de la 5G stagne sous la barre des 5% des utilisateurs

Le Nigeria élimine progressivement la 3G alors que l'adoption de la 5G stagne sous la barre des 5% des utilisateurs

Auteur: TechNext24·

Points clés

  • •Les connexions 5G du Nigeria ne représentaient que 4,97% de la population en août 2026, soit environ un Nigérian sur 20 utilisant la 5G, tandis que la 4G détenait la part la plus importante à 54,%.
  • •Le rapport NCC-Ookla Quality of Experience projette qu'une infrastructure 5G robuste pourrait ajouter 2,08% au PIB du Nigeria d'ici 2030, soit 9,3 milliards de dollars en termes nominaux ou 24,6 milliards de dollars en termes réels.
  • •Seuls environ 27% à 31% des smartphones compatibles 5G à Lagos, FCT Abuja et Port Harcourt se connectent réellement aux réseaux 5G, les autres basculant sur la 4G ou la 3G en raison d'une couverture insuffisante.
  • •Un déficit d'utilisation laisse environ 140 millions de Nigérians dans l'incapacité d'utiliser l'infrastructure de télécommunications bien que vivant sous couverture, en raison d'une faible sensibilisation, d'appareils inabordables et de lacunes en compétences numériques.
  • •Le Nigeria accuse du retard sur son voisin régional l'Afrique du Sud, où plus de 60% de la population dispose déjà d'une couverture 5G et où les analystes prévoient 73% de couverture avec environ 42 millions d'abonnés d'ici 2029.
Le Nigeria élimine progressivement la 3G alors que l'adoption de la 5G stagne sous la barre des 5% des utilisateurs

Le Nigeria risque de rater le cap mondial de la 5G projeté pour la fin de la décennie. Selon un récent rapport de la GSMA, 57% de toutes les connexions mobiles dans le monde devraient fonctionner sur les réseaux 5G d'ici 2030, mais le pays continue de peiner à étendre sa couverture réseau au rythme nécessaire pour figurer parmi les moteurs de ce chiffre.

Le Nigeria n'en demeure pas moins l'une des populations connectées les plus importantes au monde. Les données sectorielles d'août 2026 évaluent la population d'internautes actifs du pays à près de 159 millions, tandis que le parc d'abonnés télécoms s'élève à 97,4 millions — ce qui signifie que 8 Nigérians sur 10 utilisent internet. La question ouverte est de savoir combien d'entre eux accèdent réellement à internet via un réseau 5G.

L'enjeu est autant économique que technologique. Les services de télécommunications ont généré 6 000 milliards de dollars de valeur économique en 2025, soit l'équivalent de 6,4% du PIB mondial, et l'adoption croissante de la 5G devrait porter cette contribution à 300 milliards de dollars d'ici 2030, selon la GSMA. Ces chiffres soulignent que la 5G ne se résume pas à une connectivité haut débit, mais à la valeur économique que la technologie crée.

Au Nigeria, en moyenne, moins de 5% des utilisateurs accèdent à internet via la 5G. Ce déficit limite directement la capacité du pays à libérer des milliards de dollars de croissance économique numérique projetée, et il ralentit la progression de la technologie industrielle, de la gouvernance intelligente et de l'inclusion numérique.

La Banque mondiale avait précédemment estimé que chaque augmentation de 10 points de pourcentage de la pénétration de l'internet haut débit se traduit par une hausse de 1,3 point de pourcentage de la croissance du PIB du Nigeria. Une étude dédiée au déploiement de la 5G, menée dans le cadre du rapport NCC-Ookla Quality of Experience, est allée plus loin en projetant qu'une infrastructure 5G robuste pourrait ajouter 2,08% au PIB du Nigeria d'ici 2030 — soit 9,3 milliards de dollars en termes nominaux, ou 24,6 milliards de dollars en termes réels. Avec une utilisation bloquée sous la barre des 5%, ces retombées économiques substantielles sont repoussées dans le temps. Le Nigeria ambitionne de bâtir une économie de 1 000 milliards de dollars d'ici 2030, et la crédibilité de cette ambition repose sur la rapidité d'expansion de sa couverture internet haut débit.

1 Nigérian sur 20 utilise la 5G

Les données sectorielles d'août 2026 montrent que les connexions 5G représentent toujours la plus faible part de la population, à 4,97%. En termes simples, un seul Nigérian sur 20 accède à internet via un réseau 5G. En revanche, la 4G détient la part la plus élevée à 54,77%, suivie de la 2G à 36,05%, tandis que la 3G affiche la part la plus faible à 4,27%.

La transition générationnelle est évidente dans la tendance sur 12 mois couvrant septembre 2025 à août 2026. En termes de points de pourcentage de part gagnée, la 4G mène avec 3,21, suivie de la 5G avec 1,55. La 2G et la 3G ont enregistré des reculs de part de 2,39 et 4,37 points respectivement, signe que les réseaux anciens sont progressivement éliminés. En termes de croissance sur la même période, la 5G a mené avec une hausse de 46%, suivie de loin par la 4G à 6,2%, tandis que la 2G et la 3G ont reculé de 6,2% et 35,7% respectivement. La contraction de la 3G est la plus forte de toutes les générations selon les deux indicateurs, ce qui signifie que cette technologie se retire du marché nigérian plus vite que la 2G, même si la2G représente encore une part de connexions bien plus importante. Par ailleurs, des parts gagnées par les deux générations récentes, la 4G a absorbé plus du double de la 5G, soulignant que l'essentiel de la dynamique du marché reste sur la génération inférieure.

La préoccupation principale n'est donc pas que la 5G ne croisse pas, mais que son rythme de croissance soit lent par rapport à la demande croissante du marché et à la croissance économique que l'expansion de la capacité du réseau est censée alimenter.

Possession des appareils face à la disponibilité du réseau

Les Nigérians ont réduit l'écart d'accessibilité financière en acquérant non seulement des smartphones, mais aussi des appareils prenant en charge les réseaux haut débit. La qualité de service nécessaire pour exploiter pleinement ce matériel, cependant, accuse du retard.

Un rapport d'avril a révélé que seuls environ 27% à 31% des appareils compatibles utilisent les services 5G dans les plus grandes villes du Nigeria, comme Lagos, FCT Abuja et Port Harcourt. Cela signifie que 7 personnes sur 10 possédant un smartphone compatible 5G dans ces villes ne peuvent pas se connecter au réseau. Lorsque la connexion échoue, le téléphone localise le réseau disponible le plus proche — 4G ou 3G — et s'y maintient. Ce déficit de conversion explique également pourquoi la part nationale de la 5G plafonne à 4,97% : la hausse de la possession d'appareils ne se traduit pas en utilisation de la 5G là où la couverture est faible. Si les plus grandes villes peinent à accéder à la 5G, les perspectives pour les autres villes et les communautés rurales sont encore plus incertaines.

Dans les zones urbaines denses, la 5G atteint des vitesses allant jusqu'à 181,5 Mbps. Pourtant, le déficit de couverture continue de creuserer une fracture numérique sérieuse, et la 4G LTE reste l'épine dorsale nationale avec une vitesse de téléchargement de 15,7 Mbps, demeurant essentielle pour l'inclusion numérique, selon les données sectorielles NCC-Ookla.

Le Nigeria accuse également du retard sur ses voisins régionaux. Plus de 60% de la population sud-africaine bénéficie d'une couverture 5G, portée principalement par les grands opérateurs MTN et Vodacom, et des analystes du secteur prévoient que la couverture 5G de la population atteindra 73% en Afrique du Sud, avec environ 42 millions d'abonnés 5G, d'ici 2029.

Le défi du déficit d'utilisation

L'accès aux réseaux haut débit ne représente que la moitié du chemin ; une grande partie des Nigérians dispose également d'une couverture qu'ils n'utilisent pas. En 2025, environ 140 millions de Nigérians ne pouvaient pas utiliser l'infrastructure de télécommunications bien que vivant sous couverture, selon des chiffres du secteur. Les principaux facteurs sont le manque de sensibilisation à l'internet mobile, l'incapacité à s'offrir un téléphone compatible internet, ainsi que des lacunes en alphabétisation et en compétences numériques.

Cette tendance n'est pas propre au Nigeria — elle est mondiale. Alors que 97% de la population mondiale vit sous couverture mobile haut débit, 3,4 milliards de personnes n'utilisent toujours pas l'internet mobile. En Afrique subsaharienne, la région présentant le plus grand déficit d'utilisation, les 20% les plus pauvres de la population font partie de ceux qui ne peuvent pas s'offrir un smartphone, le coût équivalant à 44% de leur revenu mensuel moyen.

Pour l'avenir, les opérateurs de télécommunications devraient augmenter leurs dépenses en modernisant les réseaux et en doublant les investissements dans les nouvelles technologies. Selon les experts, les opérateurs devraient investir 1 200 milliards de dollars en dépenses d'investissement entre 2025 et 2030, en se concentrant sur l'expansion et le déploiement de la couverture 5G. Si le Nigeria veut éviter de rester à l'écart du cercle de la croissance, le gouvernement fédéral, en partenariat avec les opérateurs, doit au minimum déployer une infrastructure de qualité répondant à la demande des abonnés. Les prochaines publications de données sectorielles de la NCC diront si ces efforts portent leurs fruits : si la part de la 5G dépasse nettement la barre des 5%, si la proportion d'appareils compatibles utilisant réellement la 5G à Lagos, FCT Abuja et Port Harcourt augmente, et si la 3G continue de se contracter plus vite que la 2G.