ActualitésMacroLe petit test qui peut prévenir une tragédie liée au minerai de nickel - Splash247

Le petit test qui peut prévenir une tragédie liée au minerai de nickel - Splash247

Auteur: Splash247·

Points clés

  • Le minerai de nickel peut se liquéfier pendant le voyage si sa teneur en humidité est trop élevée, ce qui menace la stabilité et la sécurité du navire.
  • La cargaison peut paraître acceptable au chargement tout en étant dangereuse, et son taux d’humidité peut varier fortement au sein d’un même lot.
  • Le test de la boîte est un contrôle pratique réalisé pendant le chargement qui peut révéler de l’humidité libre ou un comportement fluide, mais il ne remplace ni l’analyse en laboratoire ni l’avis d’experts.
  • Selon le Code IMSBC, les expéditeurs doivent fournir la limite d’humidité transportable et la teneur en humidité avant le chargement, et la cargaison ne doit être chargée que si l’humidité est inférieure à cette limite.
  • Les armateurs et exploitants devraient associer tôt leur P&I Club et soutenir les capitaines qui interrompent le chargement lorsque la cargaison, la documentation ou les conditions météorologiques suscitent des inquiétudes.
Le petit test qui peut prévenir une tragédie liée au minerai de nickel - Splash247

Le test de la boîte ne peut pas remplacer l’analyse en laboratoire, mais il peut offrir aux équipages un avertissement précoce qu’une cargaison apparemment solide est dangereusement humide, selon le capitaine Simon Hodgkinson, responsable mondial de la prévention des pertes chez West P&I.

La Journée du marin de cette année était consacrée aux marins qui assurent le commerce mondial, mais qui en portent aussi les risques. L’un de ces risques est le transport de minerai de nickel. « Les dangers du minerai de nickel sont connus des armateurs, exploitants, affréteurs, capitaines et équipages, mais ils n’ont pas disparu. »

Liquéfaction du minerai de nickel

Sur le papier, le minerai de nickel est une cargaison en vrac comme beaucoup d’autres, mais en mer, s’il n’a pas été correctement échantillonné, testé et manipulé, il peut devenir une menace sérieuse pour le navire et son équipage. Un minerai de nickel trop humide peut se liquéfier pendant le voyage, et une cargaison qui paraissait solide au chargement peut perdre de sa cohésion, se déplacer et affecter la stabilité du navire. Dans les pires cas, cela peut entraîner le chavirement du navire et la perte de vies humaines.

Le minerai de nickel est une cargaison difficile à gérer car son état n’est pas toujours évident au seul examen visuel. Il peut sembler acceptable au moment de la présentation au chargement tout en contenant des niveaux d’humidité qui le rendent impropre au transport. La cargaison peut également varier fortement au sein d’une même mine, d’un même stock ou d’un même lot, certaines zones étant beaucoup plus humides que d’autres.

Cela crée de réelles difficultés pour l’échantillonnage et les tests. Les cargaisons peuvent être stockées à l’air libre, exposées à de fortes pluies, transportées par barge ou livrées directement depuis la mine pendant le chargement. Dans ces circonstances, les certificats et déclarations doivent être examinés avec prudence, en particulier lorsqu’il existe des doutes sur la manière dont les échantillons ont été prélevés, sur leur caractère représentatif ou sur une éventuelle exposition de la cargaison à la pluie depuis les tests.

En vertu du Code maritime international des marchandises solides en vrac (IMSBC), le minerai de nickel est traité comme une cargaison susceptible de se liquéfier. Les expéditeurs doivent donc fournir, avant le chargement, les informations relatives à la limite d’humidité transportable et à la teneur en humidité. La cargaison ne doit être chargée que si la teneur réelle en humidité est inférieure à la limite d’humidité transportable. En cas de pluie importante entre les tests et le chargement, des vérifications supplémentaires sont également nécessaires.

Le test de la boîte

Le test de la boîte est l’un des outils les plus pratiques à la disposition des équipages et des inspecteurs pendant le chargement. Dans ce test simple, un échantillon de la cargaison est placé dans une petite boîte et frappé à plusieurs reprises contre une surface dure. Si l’échantillon commence à montrer de l’humidité libre, à s’aplatir, à s’écouler ou à se comporter comme un fluide, c’est un signe d’alerte grave.

Pour un capitaine, un officier de pont ou un inspecteur observant la montée de la cargaison à bord, le test de la boîte peut aider à identifier un matériau potentiellement dangereux. Son objectif principal est de rendre visible un risque invisible. Il peut aussi appuyer la décision d’arrêter le chargement, de remettre en question la fiabilité des documents de cargaison et de demander un avis complémentaire.

Toutefois, le test de la boîte, à lui seul, ne peut pas garantir qu’une cargaison est sûre. Une cargaison douteuse ne doit donc pas être acceptée simplement parce qu’elle semble réussir le test. Il n’est pas non plus conçu pour remplacer le Code IMSBC, l’analyse en laboratoire ou l’avis d’un expert. Il agit comme un signal d’alerte et donne aux personnes les plus proches de la cargaison un moyen pratique de repérer le danger et de s’exprimer avant qu’un chargement dangereux ne devienne un sinistre.

Rôle des armateurs

Le risque lié au minerai de nickel n’est pas quelque chose que l’équipage doit être laissé seul à gérer une fois le chargement commencé. Un transport sûr dépend de décisions prises bien avant l’arrivée du navire. Les armateurs et exploitants devraient associer tôt leur P&I Club lorsqu’ils affrètent ou arment un navire pour charger du minerai de nickel dans des zones de chargement à risque élevé.

Cela permet d’organiser à l’avance un appui d’inspection approprié et d’examiner soigneusement les documents de cargaison. L’emplacement et l’état de la cargaison doivent également être établis avant le chargement et, en cas de doute, des tests indépendants et l’avis d’experts doivent être sollicités.

Le capitaine du navire doit également être soutenu concrètement. Si la cargaison paraît humide, si le test de la boîte suscite des inquiétudes, si la documentation est incomplète ou peu fiable, ou si les conditions changent après la pluie, le capitaine doit bénéficier du soutien total de l’armateur pour arrêter le chargement et demander conseil, quelles que soient les contraintes de planning ou commerciales.

Prévenir les sinistres signifie rester attentif aux signaux d’alerte et s’assurer que tous les acteurs les comprennent. Le test de la boîte est une action simple, mais il peut lancer une importante conversation sur la sécurité, donner aux équipages la confiance nécessaire pour signaler leurs inquiétudes et aider les capitaines à prendre la bonne décision.

Retrouvez ici un rappel sur le test de la boîte.