Mafab en pourparlers pour transférer son spectre 5G de 273,6 millions de dollars à MTN Nigeria, sous réserve de l'approbation de la NCC
Points clés
- •Mafab Communications a payé 273,6 millions de dollars pour sa licence 5G lors de la vente aux enchères de 2021 de la NCC, mais n'a jamais lancé de service commercial, ne construisant que 15 sites depuis le début de son déploiement en 2023.
- •Dans le cadre de l'accord proposé, MTN acquerrait le bloc de 100 MHz de Mafab dans la bande 3,5 GHz ainsi que les licences 2,1 GHz, sous réserve de l'examen et de l'approbation de la NCC.
- •Si le transfert est finalisé, MTN et Airtel deviendraient les seuls opérateurs à exploiter des services 5G commerciaux au Nigeria.
- •En juillet 2026, seuls 4,74 % des utilisateurs nigérians de téléphones étaient connectés à la 5G, et l'utilisation active parmi les appareils compatibles s'élevait à environ 46,0 % à Lagos et 53,1 % à Abuja, selon le rapport QoE NCC-Ookla.
- •Le transfert consoliderait la position de MTN, qui contrôle déjà 51,3 % des utilisateurs de télécommunications nigérians, suscitant des craintes qu'une concurrence réduite donne aux grands opérateurs un pouvoir accru sur la tarification des données.

Mafab Communications, l'opérateur nigérian appartenant à Musbahu Muhammad Bashir, est en pourparlers pour transférer ses actifs de spectre 5G à MTN Nigeria — cinq ans après avoir payé 273,6 millions de dollars pour la licence lors d'une vente aux enchères organisée en 2021 par la Nigerian Communications Commission (NCC).
Ce transfert proposé découle des difficultés de Mafab à constituer une base d'abonnés substantielle et à déployer une infrastructure réseau physique, combinées au projet du régulateur de retirer les spectres et licences inutilisés. Sous réserve d'un examen et d'une approbation réglementaire de la NCC, le transfert permettrait à MTN d'absorber le bloc de 100 MHz de Mafab dans la bande 3,5 GHz ainsi que les licences dans la bande 2,1 GHz. S'il aboutissait, MTN et Airtel deviendraient les seuls opérateurs nigérians à exploiter des services 5G commerciaux.
Le déroulement de la vente aux enchères 5G du Nigeria
Le Nigeria a autorisé trois opérateurs à lancer des services 5G, Mafab et MTN ayant chacun payé 273,6 millions de dollars pour des blocs de 100 MHz dans la bande 3,5 GHz. MTN a ensuite payé 15,9 millions de dollars supplémentaires au stade de l'attribution pour sécuriser le bloc 3500–3600 MHz, tandis que Mafab s'est vu attribuer le bloc 3700–3800 MHz sans paiement additionnel. La bande 3,5 GHz est le spectre de bande intermédiaire utilisé par les opérateurs du monde entier pour leurs premiers réseaux 5G commerciaux, prisé pour son équilibre entre débits élevés et couverture exploitable.
La vente aux enchères visait à soutenir l'introduction de la 5G et à élargir l'accès précoce au réseau haut débit à travers le Nigeria. La NCC a également volontairement limité le nombre d'opérateurs autorisés à obtenir du spectre à haute capacité, une approche destinée à n'attribuer des licences qu'aux opérateurs prêts à déployer le réseau — un test de sélection qui, dans le cas de Mafab, ne s'est pas traduit par un réseau opérationnel.
À ce jour, seuls MTN et Airtel ont déployé des 5G. Mafab Communications a organisé un événement de lancement public en janvier 2023, mais n'est jamais parvenue à lancer un service commercial ni à déployer un seul pylône réseau, n'ayant construit que 15 sites depuis le début de son déploiement cette même année.
Construire un réseau de télécommunications de zéro est coûteux. Bien que Mafab détenait la licence, elle n'avait ni les capitaux massifs ni l'infrastructure physique — telles que des pylônes et des stations de base — nécessaires à un déploiement national. Le développement d'un réseau indépendant s'est révélé tout aussi difficile, laissant la licence largement inutilisée. MTN, en revanche, exploite déjà la plus grande empreinte réseau du Nigeria. Pour Mafab, le transfert n'est pas une solution pour rester en activité ; c'est une sortie pure et simple de l'industrie des télécommunications nigériane.
En transférant le spectre de Mafab au leader du marché, qui contrôle déjà 51,3 % du marché mobile nigérian, MTN disposerait de ressources fréquentielles supplémentaires à déployer aux côtés de son infrastructure existante. Les ressources fréquentielles ne valent guère sans les pylônes et stations de base nécessaires à la transmission — un domaine où MTN détient un avantage décisif.
Un large déficit de couverture 5G
Le Nigeria présente un large déficit de couverture 5G, et cet accord constitue une étape progressive vers sa résolution. Selon le rapport conjoint sur la qualité de l'expérience (QoE) de la NCC et d'Ookla, couvrant le deuxième trimestre 2026, l'utilisation active de la 5G parmi les appareils compatibles s'élève à environ 46,0 % à Lagos, tandis qu'Abuja vient tout juste de dépasser la barre de la moitié à 53,1 %. Ces chiffres montrent que la moitié des appareils compatibles 5G restent non connectés, même dans la capitale et la plus grande ville du pays, soulignant le retard du Nigeria en matière d'accès Internet fiable.
L'essentiel de l'accès Internet de qualité du Nigeria est concentré dans trois des 36 États du pays plus le Territoire de la capitale fédérale (FCT), ce qui illustre la difficulté de l'expansion nationale de la 5G. Alors que la couverture est nettement en retard même dans les trois plus grandes villes, l'avenir des 34 autres États reste incertain.
Les données du secteur vont dans le même sens. En juillet 2026, 157,7 millions de Nigérians étaient connectés à Internet, soit 81 % des utilisateurs de téléphones. Pourtant, seuls 4,74 % étaient connectés au réseau 5G, les autres étant répartis entre les réseaux 2G, 3G et 4G — une répartition qui corrobore l'analyse NCC–Ookla.
Ce que le transfert changerait
Le spectre agit comme l'autoroute des données numériques. Les utilisateurs de MTN subissent actuellement des débits lents ou des connexions interrompues lorsqu'un pylône est saturé, mais l'acquisition du bloc de 100 MHz de Mafab permettrait à l'opérateur de doubler pratiquement sa capacité d'autoroute 5G. Pour les abonnés — y compris ceux de T2mobile — cela se traduirait par des vitesses de téléchargement et d'envoi nettement plus rapides, une diffusion vidéo plus fluide et des connexions améliorées et stables.
Les bénéfices ne se limiteraient pas à la 5G. Le transfert inclut également le bloc de spectre 2,1 GHz de Mafab, une bande de fréquences très efficace pourlargir la capacité des réseaux 4G LTE existants. Comme environ 54 % des Nigérians dépendent encore fortement de la 4G et de réseaux plus anciens, cette acquisition renforcerait la stabilité d'Internet même pour les utilisateurs sans smartphones compatibles 5G.
Consolidation et préoccupations concurrentielles
MTN contrôle déjà 51,3 % des utilisateurs de télécommunications nigérians, domine avec 53,5 % de parts des utilisateurs d'Internet et est en tête du Fibre to the X (FTTX) avec 176 468 connexions sur 319 735. Grâce à son acquisition projetée d'IHS Towers, l'opérateur est en passe de posséder une grande partie de l'infrastructure qui alimente la connectivité dont dépendent des concurrents tels qu'Airtel et T2mobile (9mobile). Le renouveau et la transition de marque de T2mobile ont d'ailleurs été rendus possibles par son accord de partage de spectre avec MTN.
Le transfert proposé réduirait davantage la concurrence sur le marché. Mafab était censée agir comme un concurrent direct à moindre coût, tenant en haleine les grands opérateurs tels que MTN et Airtel. Avec la sortie de Mafab de la course à la 5G, MTN consolide sa domination, et la réduction de la concurrence pourrait finir par donner aux grands opérateurs un pouvoir accru sur la tarification des données — rendant plus difficile, à court terme, une baisse significative des tarifs et le choix d'alternatives pour les abonnés.
La NCC est attendue pour examiner le transfert de spectre, évaluer ses implications potentielles pour le secteur et mesurer les bénéfices que l'accord apporterait aux 195 millions d'abonnés nigérians avant toute approbation finale. D'ici la conclusion de cet examen, le bloc de 100 MHz de Mafab demeure inutilisé, et la décision du régulateur revient en pratique à approuver son transfert vers un opérateur capable de l'exploiter ou à le laisser passer sous le coup du retrait planifié des licences inutilisées.