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Éditorial : les signes d’alerte se multiplient pour le président Lee Jae Myung alors que sa popularité recule

Auteur: The Korea Times Business·

Points clés

  • Un sondage Cho Won C&I indique 42,9 % d’approbation et 54,1 % de désapprobation pour le président Lee Jae Myung, soit une baisse de 4,5 points par rapport à l’enquête précédente.
  • Le recul est le plus marqué chez les électeurs dans la vingtaine et la trentaine, les modérés et les habitants de la région métropolitaine de Séoul, où l’approbation à Séoul n’est que de 37,2 %.
  • L’administration Lee a mené des réformes controversées dans la justice, la fiscalité et l’immobilier, ce qui alimente les inquiétudes sur une gouvernance fondée uniquement sur l’élan politique.
  • Le responsable des communications présidentielles Kim Sang-ho a été limogé à la suite d’une controverse sur un logement locatif illégalement transformé dans un bien qu’il possédait, ce qui a renforcé les préoccupations éthiques.
  • L’éditorial recommande une approche plus humble fondée sur l’écoute du public, des politiques économiques prévisibles et la recherche d’un consensus social pour les réformes.
Éditorial : les signes d’alerte se multiplient pour le président Lee Jae Myung alors que sa popularité recule

Publié le 12 août 2026, à 1:24 pm KST — The Korea Times

Il est temps d’écouter le public et de refondre la gouvernance de l’État

Le gouvernement du président Lee Jae Myung est confronté à un signal d’alerte clair de la part du public sud-coréen. Aucun sondage d’opinion ne doit être considéré comme un verdict définitif sur un gouvernement, mais la récente tendance à la baisse du soutien est difficile à ignorer. Plus important encore, cette érosion devient visible parmi les groupes politiquement décisifs, notamment les électeurs modérés, les plus jeunes et les habitants de la région métropolitaine de Séoul — une région qui représente environ la moitié de la population sud-coréenne et détermine fréquemment les résultats électoraux nationaux.

Selon un sondage réalisé par Cho Won C&I de samedi à lundi, 42,9 % des répondants ont évalué positivement la performance de Lee à la présidence, tandis que 54,1 % ont exprimé une opinion défavorable. Par rapport à l’enquête précédente, son taux d’approbation a reculé de 4,5 points de pourcentage et le taux de désapprobation a augmenté de 4,6 points.

Le changement a été particulièrement marqué chez les électeurs dans la vingtaine et la trentaine, ainsi que chez les modérés. Même parmi les électeurs dans la quarantaine — traditionnellement un électorat relativement favorable à Lee — la désapprobation a dépassé l’approbation.

Les chiffres régionaux sont tout aussi inquiétants. À Séoul, l’approbation n’était que de 37,2 %, contre 59,5 % de désapprobation. À Incheon et dans le Gyeonggi, la désapprobation a également dépassé 50 %.

De tels chiffres devraient préoccuper toute administration, non pas parce que les taux d’approbation disent tout, mais parce qu’ils peuvent révéler si un gouvernement perd le contact avec des électeurs au-delà de sa base politique.

Les réformes exigent du consensus, pas seulement de l’élan

La bonne réponse n’est pas d’attaquer les sondages ou de blâmer l’opposition. C’est d’écouter.

L’administration Lee a avancé de manière offensive sur les réformes législatives et institutionnelles, en poussant des changements controversés dans des domaines allant de la justice à la fiscalité et à l’immobilier. Quelles que soient les qualités des politiques individuelles, elle doit reconnaître qu’un exercice du pouvoir fondé sur le seul élan politique peut accroître la méfiance du public. Dans une démocratie, gagner une élection ne revient pas à recevoir carte blanche pour le reste du mandat. Les grandes réformes exigent non seulement un pouvoir parlementaire, mais aussi une persuasion du public, une légitimité procédurale et un consensus social.

La politique économique exige la même humilité. On ne peut pas simplement ordonner aux marchés du logement et de la finance de se comporter selon les intentions du gouvernement. Des changements fréquents de politique, l’incertitude fiscale et les inquiétudes concernant l’offre de logements peuvent éroder la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs. Le gouvernement devrait moins chercher à démontrer sa détermination politique qu’à établir des règles prévisibles et des politiques de long terme crédibles.

Les controverses autour de responsables publics aggravent les inquiétudes

De récentes controverses impliquant des responsables gouvernementaux ont accentué ces inquiétudes. Le cas de Kim Sang-ho, haut responsable des communications présidentielles qui a été limogé après une controverse liée à un logement locatif illégalement transformé dans un bien qu’il possédait, est particulièrement dommageable dans le contexte de l’agenda gouvernemental en matière de logement. Kim a déclaré que la transformation remontait à avant son acquisition et qu’il ne l’avait ni réalisée ni ordonnée. Néanmoins, l’épisode soulève des questions légitimes sur les responsabilités éthiques des responsables publics et sur la question de savoir si le gouvernement s’applique à lui-même les mêmes standards que ceux imposés aux citoyens ordinaires.

Le même principe s’applique au logement des jeunes. Les jeunes Coréens confrontés à la flambée des coûts du logement ont besoin de logements sûrs et abordables — pas de solutions improvisées qui semblent banaliser leur situation. Ils ont besoin de politiques qui traitent de manière durable et crédible le loyer, l’offre, l’emploi et les conditions de vie.

Un appel à l’humilité et à la correction de cap

Lee a encore le temps de changer de cap. Ce dont son gouvernement a besoin aujourd’hui n’est pas d’une stratégie politique plus combative, mais d’une approche plus humble. Le président doit écouter non seulement ses soutiens, mais aussi ceux qui ont voté contre lui, ceux qui se sont désillusionnés et ceux qui ne sont affiliés à aucun camp politique.

Un gouvernement fort n’est pas celui qui n’admet jamais ses erreurs. C’est celui qui est capable de les reconnaître et de les corriger.

Lee devrait considérer les derniers sondages non pas comme un adversaire à battre, mais comme un avertissement à comprendre. S’il répond avec humilité, discipline dans les politiques publiques et une véritable volonté d’entendre les préoccupations du public, ce moment peut devenir une occasion de renouveau.

Le message des électeurs devient de plus en plus clair : ils n’ont pas besoin d’un gouvernement qui insiste sur le fait qu’il a toujours raison. Ils ont besoin d’un gouvernement prêt à écouter, à apprendre et à changer.