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L'Iran annonce qu'il contrôlera le nouveau corridor de navigation d'Ormuz

Auteur: OilPrice.com·

Points clés

  • L'Iran prévoit de signer un accord avec Oman établissant un corridor de navigation dans le détroit d'Ormuz qu'il gérerait lui-même, obligeant les navires à coordonner avec Téhéran sous peine d'être inscrits sur sa liste de sanctions.
  • L'Organisation maritime internationale n'a reçu aucune proposition officielle, ce qui laisse le statut juridique du corridor non résolu au regard du droit maritime international.
  • Les forces américaines ont frappé trois pétroliers iraniens après que l'Iran a tiré des missiles balistiques sur deux navires de guerre américains, et le trafic dans le détroit d'Ormuz est tombé à son plus bas niveau depuis mai.
  • Le Brent s'est négocié au-dessus de 97 dollars le baril, et Goldman Sachs a averti que l'extension des attaques contre la navigation pourrait pousser les prix à 120 dollars le baril.
L'Iran annonce qu'il contrôlera le nouveau corridor de navigation d'Ormuz

L'Iran a déclaré lundi se préparer à signer un accord avec Oman établissant un nouveau corridor de navigation dans le détroit d'Ormuz sous contrôle iranien, les navires devant coordonner avec Téhéran pour entrer dans une nouvelle zone maritime restreinte autour de ce goulot d'étranglement crucial du commerce pétrolier.

Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran, a indiqué que la zone restreinte s'étendrait de la ligne de blocus naval américain à travers Ormuz jusqu'au golfe Persique. Les navires entrant dans la zone pour transiter par le détroit sans coordination avec l'Iran seraient inscrits sur la liste des sanctions de Téhéran.

L'Iran et Oman négocient depuis plusieurs semaines un corridor temporaire, les propositions antérieures prévoyant de partager la responsabilité du trafic entre les deux pays. La dernière prévoit toutefois que l'Iran gérerait le corridor en coordination avec Oman. Lloyd's List a rapporté lundi que l'Organisation maritime internationale (OMI) n'avait pas encore reçu de proposition officielle. L'organe onusien serait normalement le canal de notification des nouveaux schémas de trafic ou zones restreintes aux marins, et l'absence de dépôt formel auprès de l'OMI laisse le statut juridique du corridor proposé non résolu au regard du droit maritime international.

Les forces américaines ont frappé trois pétroliers iraniens pendant le week-end, après que l'Iran a tiré des missiles balistiques sur deux navires de guerre américains, faisant basculer le conflit maritime directement dans le commerce pétrolier. Les forces iraniennes ont également visé des navires marchands que Téhéran accusait d'utiliser des routes non autorisées, tandis que le trafic dans le détroit d'Ormuz est tombé à son plus bas niveau depuis mai, selon Reuters. Le détroit assure normalement environ un cinquième du commerce pétrolier mondial, de sorte que même une perturbation partielle a des conséquences sur les chaînes d'approvisionnement mondiales bien au-delà du Golfe.

Les prix du pétrole ont réagi en conséquence. Le Brent se négociait lundi matin au-dessus de 97 dollars le baril, tandis que Goldman Sachs a averti qu'une expansion des attaques contre la navigation commerciale pourrait pousser le brut jusqu'à 120 dollars le baril. Historiquement, l'intensification des attaques contre la navigation dans la région s'est accompagnée d'une hausse des primes d'assurance risques de guerre pour les navires traversant les eaux du Golfe, alourdissant le coût de chaque voyage dans la zone.

L'Iran continue d'affirmer qu'Ormuz reste fermé et que le passage sans restriction ne reprendra pas tant que durent les attaques américaines et le blocus naval. Washington, au contraire, soutient que des millions de barils de pétrole continuent de transiter par cette voie d'eau. Le suivi indépendant des tankers montre toujours un trafic bien en dessous des niveaux d'avant-guerre. La signature formelle de l'accord sur le corridor, ainsi que la réception et le traitement d'une notification par l'OMI, détermineront la rapidité et les conditions de reprise du trafic commercial.

Source : OilPrice.com — Par Charles Kennedy