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L’Iran fixe six conditions radicales pour rouvrir le détroit d’Ormuz, rejetant un accord imminent

Auteur: OilPrice.com·

Points clés

  • Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a fixé six conditions pour rouvrir le détroit d’Ormuz, dont la fin permanente des hostilités américaines, le retrait des forces militaires américaines à proximité de l’Iran, une compensation pour les dommages de guerre, un allègement des sanctions et la libération des actifs iraniens gelés.
  • Les transits de navires dans le détroit d’Ormuz sont tombés à 33 de lundi à jeudi, contre 50 sur la même période la semaine précédente, et seulement six pétroliers auraient quitté le détroit vers le large.
  • Le vice-président JD Vance a indiqué que les États-Unis s’attendent à ce que les flux de pétrole et de gaz du Golfe reviennent à terme aux niveaux d’avant-guerre et que l’Iran a déclaré ne pas prévoir d’imposer des péages, même si Washington ne fait pas totalement confiance à Téhéran.
  • L’Union européenne a accusé la marine du CGRI iranien d’appliquer un système de contrôle et de péage aux navires transitant par le détroit, ce qui complique davantage d’éventuels accords maritimes.
  • Le fort décalage entre l’optimisme de Washington et les exigences de Téhéran laisse penser que les deux parties ne négocient peut-être pas le même résultat concernant la réouverture du détroit.
L’Iran fixe six conditions radicales pour rouvrir le détroit d’Ormuz, rejetant un accord imminent

L’Iran a de fait écarté les attentes d’une réouverture imminente du détroit d’Ormuz, en présentant à la place une série de conditions étendues qui obligeraient les États-Unis à modifier en profondeur leur politique à l’égard de Téhéran.

Dans une déclaration publiée par Mohammad Baqer Zolghadr, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Téhéran a affirmé que le détroit resterait fermé tant que Washington ne mettrait pas fin à ce que l’Iran décrit comme un comportement hostile. Les six exigences comprennent : la fin des menaces et des actions militaires américaines ; un arrêt permanent des hostilités ; le retrait des forces navales et aériennes américaines des abords de l’Iran ; une compensation pour les dommages de guerre ; un allègement des sanctions ; et la libération des actifs iraniens gelés.

Cette déclaration est particulièrement importante car elle suggère que l’avant-projet d’accord américano-iranien largement discuté ne constitue pas, du point de vue de Téhéran du moins, un accord visant à rouvrir Ormuz. Tout accord devrait en dernière instance être approuvé par le Conseil suprême de sécurité nationale iranien, l’organe chargé de définir la politique de sécurité nationale sous la supervision du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Les données maritimes témoignent d’une perturbation persistante. Seuls 33 navires ont transité par Ormuz de lundi à jeudi, contre 50 sur la même période la semaine précédente, tandis que seulement six pétroliers auraient à ce jour quitté le détroit en direction du large cette semaine. Ce repli se poursuit malgré des attentes antérieures selon lesquelles l’Iran et Oman étaient proches d’un arrangement encadrant un corridor maritime à travers le détroit. Dans des conditions normales, Ormuz transporte environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, ce qui en fait le point de passage énergétique le plus stratégique au monde.

Cette incertitude maintient les marchés de l’énergie sous tension. L’Iran a également envisagé des restrictions visant les navires américains et israéliens, tandis que des propositions précédentes de droits de transit ont ajouté un niveau supplémentaire de complexité. L’Union européenne a déjà accusé la marine du CGRI iranien de mettre en place un système de contrôle et de péage pour les navires empruntant le détroit.

Washington présente toutefois une lecture nettement plus optimiste. Le vice-président JD Vance a déclaré que les États-Unis s’attendent à ce que les flux de pétrole et de gaz du Golfe reviennent un jour aux niveaux d’avant-guerre. Il a également indiqué que l’Iran avait informé Washington qu’il n’avait pas l’intention d’imposer des péages, tout en reconnaissant que les États-Unis ne font pas entièrement confiance aux assurances de Téhéran.

JD Vance on Iran: You see some people within the Iranian system talk about tolling. The Iranians have told us they have no plans to toll the Strait of Hormuz. pic.twitter.com/34AneiClu2 — Clash Report (@clashreport) August 8, 2026

Le marché se retrouve ainsi face à deux interprétations très différentes des mêmes négociations. Washington parle du rétablissement des flux énergétiques normaux, tandis que Téhéran exige d’importantes concessions politiques, militaires et financières avant d’accepter de rouvrir Ormuz. L’écart entre ces positions souligne la difficulté structurelle de tout arrangement sur Ormuz : le détroit n’est pas seulement une voie commerciale maritime, mais aussi un levier stratégique pour l’Iran, et toute solution durable exigerait de concilier des cadres de sécurité profondément opposés.

Pour les opérateurs pétroliers, la question centrale n’est donc plus simplement de savoir si des discussions sont en cours, mais si les deux parties négocient réellement le même résultat.

Par Tom Kool pour Oilprice.com