ActualitésMacroLes rendements obligataires indiens atteignent un plus haut de deux mois alors que s'intensifient les craintes de hausse des taux

Les rendements obligataires indiens atteignent un plus haut de deux mois alors que s'intensifient les craintes de hausse des taux

Auteur: Economic Times Markets·

Points clés

  • Le rendement de l'obligation indienne à 10 ans a touché un plus haut intraday de deux mois à 6,88 % avant de clôturer à 6,85 %, enregistrant sa plus forte hausse hebdomadaire de l'exercice financier en cours.
  • Les procès-verbaux au ton hawkish du comité de politique monétaire de la RBI ont conduit les opérateurs à intégrer la possibilité de hausses de taux.
  • La fermeture anticipée d'un dispositif de couverture pour les dépôts de la diaspora et l'optimisme déclinant concernant la liquidité des dépôts FCNR ont aggravé la débâcle du marché obligataire.
  • L'envolée des prix du pétrole brut et l'escalade des tensions au Moyen-Orient ont accru les inquiétudes inflationnistes en Inde, qui importe plus de 80 % de ses besoins en pétrole brut.
  • Le rendement à 10 ans sert de taux de référence pour la tarification de la dette des entreprises et d'une grande partie des emprunts de l'économie, ce qui étend l'impact au-delà du marché des titres souverains.
Les rendements obligataires indiens atteignent un plus haut de deux mois alors que s'intensifient les craintes de hausse des taux

Le rendement de l'obligation de référence indienne à 10 ans a grimpé à un plus haut de deux mois de 6,88 % durant la séance avant de clôturer à 6,85 %, enregistrant sa plus forte hausse hebdomadaire de l'exercice financier en cours. Ce mouvement a conclu la pire semaine pour les obligations souveraines indiennes depuis le début de l'exercice financier. Le rendement à 10 ans sert de taux de référence pour la tarification de la dette des entreprises et d'une grande partie des emprunts de l'économie, de sorte que la vente massive de la semaine a des répercussions qui dépassent largement le marché des titres souverains.

Cette vague de vente a été déclenchée par la publication de procès-verbaux de politique monétaire au ton hawkish de la Banque de réserve de l'Inde (RBI), dont le comité de politique monétaire (MPC) publie des procès-verbaux détaillant le vote de chacun de ses membres sur le taux directeur ainsi que les raisons qui le motivent. Les opérateurs ont réagi en intégrant dans leurs anticipations la possibilité de hausses de taux. Le comité suit un calendrier bimestriel de six réunions de politique monétaire par an, ce qui fait de chaque publication de procès-verbaux et de chaque décision ultérieure un point de repère fixe pour les marchés obligataires.

Deux pressions supplémentaires ont aggravé la débâcle : la fermeture anticipée d'un dispositif de couverture destiné aux dépôts de la diaspora, et l'optimisme déclinant concernant la liquidité liée aux dépôts FCNR (Foreign Currency Non-Resident) — des comptes en devises que les Indiens non-résidents détiennent auprès des banques domestiques. Dénominés en devises, les dépôts FCNR épargnent à leurs détenteurs le risque de change sur la roupie, et ils ont attiré d'importants afflux de dollars lors de précédents épisodes de tension sur la devise — notamment la fenêtre spéciale de swap que la RBI avait mise en place pour ces dépôts en 2013.

L'escalade des tensions au Moyen-Orient a renforcé la prudence des opérateurs obligataires, tandis que l'envolée des prix du pétrole brut a accru les inquiétudes inflationnistes en Inde — un pays qui importe la majeure partie de ses besoins en brut, plus de 80 % ces dernières années — et a intensifié les craintes de hausse des taux. Alors que le MPC soupèse les mêmes signaux d'inflation, les opérateurs obligataires surveillent désormais la prochaine décision de politique monétaire et ses procès-verbaux, la trajectoire des prix du brut et l'évolution de la situation au Moyen-Orient.

Les rendements obligataires évoluant en sens inverse des prix, la hausse des rendements observée cette semaine traduit la pression vendeuse qui a traversé les titres souverains.

Source : Economic Times Markets