ActualitésMacroL'initiative de reboisement de 19 ans d'Incheon en Mongolie sera présentée à la conférence de l'ONU sur la désertification

L'initiative de reboisement de 19 ans d'Incheon en Mongolie sera présentée à la conférence de l'ONU sur la désertification

Auteur: The Korea Times Business·

Points clés

  • Les citoyens d'Incheon ont rassemblé 335 millions de wons en 2008 pour commencer à planter des arbres sur des terres dégradées en Mongolie.
  • Le projet a restauré 157 hectares de terres arides et planté plus de 250 000 arbres résistants à la sécheresse sur plusieurs sites mongols.
  • L'initiative a obtenu des droits d'utilisation des terres pour 15 ans, construit des pépinières, foré des puits et installé des clôtures pour améliorer la survie des jeunes pousses.
  • Les responsables du projet indiquent que le taux de survie des jeunes pousses a atteint 78 %, et que les arbres ont absorbé plus de 1 600 tonnes de dioxyde de carbone.
  • Les responsables prévoient de présenter la « Forêt d'Espoir d'Incheon » comme un modèle d'action climatique municipale, une troisième phase étant à l'étude après la fin de la deuxième phase en 2027.
L'initiative de reboisement de 19 ans d'Incheon en Mongolie sera présentée à la conférence de l'ONU sur la désertification

Depuis près de deux décennies, les habitants d'Incheon — une ville portuaire industrielle située sur la côte ouest de la Corée du Sud — subissaient les tempêtes toxiques de poussière jaune qui balayaient la région chaque printemps depuis le désert de Gobi. Ces tempêtes, qui transportent des particules fines à travers la péninsule coréenne, ont été associées à des maladies respiratoires et à des perturbations de l'activité économique dans toute l'Asie du Nord-Est, ce qui en fait un problème de santé publique régional plutôt qu'un simple enjeu environnemental. Au lieu de se contenter des habituelles alertes à la qualité de l'air, les groupes civiques locaux ont choisi de s'attaquer à la pollution transfrontalière à sa source, à des centaines de kilomètres de là.

En 2008, les citoyens d'Incheon ont rassemblé 335 millions de wons (250 000 dollars) pour planter des jeunes pousses sur les steppes mongoles gravement dégradées. La Mongolie figure parmi les pays les plus touchés par la désertification dans le monde, une grande partie de son territoire subissant un certain degré de dégradation des terres, causé par le surpâturage, le changement climatique et l'évolution des précipitations. Cet effort de financement citoyen s'est depuis transformé en l'un des partenariats environnementaux transnationaux les plus ambitieux d'Asie de l'Est.

Les responsables d'Incheon ont annoncé mardi que l'initiative « Forêt d'Espoir d'Incheon » serait présentée comme un modèle de référence mondial pour l'action climatique municipale lors de la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), l'organe international créé en 1994 comme l'une des trois Conventions de Rio, aux côtés de celles régissant le changement climatique et la biodiversité.

Transformer des terres arides

Au cours des 19 dernières années, l'initiative a converti 157 hectares de terres arides — une superficie équivalente à 220 terrains de football — en une ceinture verte florissante. Plus de 250 000 arbres résistants à la sécheresse, notamment des pins sylvestres, des mélèzes de Sibérie et des ormes, ont été plantés sur plusieurs sites en Mongolie, dont Bayannuur, Dashinchilen et Songino Khairkhan.

La durabilité du projet repose sur des infrastructures conçues spécifiquement pour la survie à long terme des plants. Incheon a obtenu des droits d'utilisation des terres pour 15 ans auprès d'Oulan-Bator, créé des pépinières locales, foré des puits et érigé des clôtures de protection pour empêcher le bétail de brouter les jeunes pousses. Ces mesures ont permis d'atteindre un taux de survie des jeunes pousses exceptionnellement élevé de 78 % — un chiffre remarquable dans un domaine où les taux de survie sont souvent inférieurs à 50 %. On estime que les arbres ont absorbé plus de 1 600 tonnes de dioxyde de carbone à ce jour.

Une alternative communautaire

Les programmes de reboisement à grande échelle ont souvent été entravés par des taux de survie faibles et des défis liés à une mise en œuvre descendante. La « Grande Muraille Verte » de Chine, lancée en 1978 pour contenir le désert de Gobi, et la « Grande Muraille Verte » de l'Union africaine, s'étendant sur 8 000 kilomètres à travers le Sahel, illustrent toutes deux l'effort considérable requis pour combattre la désertification à grande échelle.

L'initiative d'Incheon, en revanche, propose une alternative à plus petite échelle : un modèle communautaire de ville à ville, dans lequel les gouvernements municipaux, les résidents locaux et les jeunes collaborent directement pour assurer la gestion écologique. Près de 800 bénévoles et responsables municipaux des deux pays se sont rendus sur les sites de plantation au fil des ans pour travailler aux côtés des résidents mongols locaux.

Alors qu'Incheon s'apprête à conclure sa deuxième phase en 2027, les responsables du projet évaluent et planifient déjà une troisième phase.

« La Forêt d'Espoir d'Incheon montre comment un seul arbre planté par un citoyen peut se transformer en une politique municipale et finalement devenir un modèle de diplomatie climatique internationale », a déclaré Yoon Eun-joo, cheffe de la division de la sécurité environnementale d'Incheon. « Les villes n'ont pas besoin d'attendre que les gouvernements nationaux prennent la tête de la lutte contre les perturbations climatiques mondiales. »

Source : The Korea Times