Les producteurs de hanwoo s’opposent à l’ouverture du marché au bœuf brésilien
Points clés
- •Le conseil d’administration de l’Association Hanwoo a approuvé la semaine dernière une résolution appelant à des mesures échelonnées contre la politique gouvernementale de libéralisation du marché du bœuf.
- •La question a pris de l’urgence après qu’un récent sommet Corée-Brésil a abouti à un plan d’action de coopération économique de quatre ans plaçant les importations de bœuf à l’agenda aux côtés des minéraux critiques, de la défense et de l’automobile.
- •Les importations de bœuf de la Corée du Sud ont atteint cette année un niveau record, le bœuf américain entrant sans droits de douane et le bœuf australien étant soumis à un tarif d’environ 5,3 %.
- •Les droits sur le bœuf australien doivent être supprimés en 2028, tandis que ceux sur le bœuf canadien et néo-zélandais devraient être progressivement éliminés en 2029.
- •Si le gouvernement agit sans garanties suffisantes, l’association prévoit d’intensifier sa campagne par des conférences de presse et de grands rassemblements d’éleveurs.

L’Association Hanwoo a lancé une campagne s’opposant à la volonté du gouvernement d’étendre les importations de bœuf dans le cadre d’un éventuel accord de libre-échange entre la Corée et le Mercosur et de l’ouverture du marché au bœuf brésilien.
Le conseil d’administration de l’association a adopté la semaine dernière une résolution appelant à des actions échelonnées contre ce qu’elle décrit comme la politique gouvernementale de « libéralisation du marché du bœuf », avertissant que l’augmentation des importations en provenance d’Amérique du Sud pourrait menacer la survie de la filière hanwoo coréenne.
Le gouvernement a récemment intensifié ses efforts pour élargir le réseau commercial de la Corée, notamment des démarches liées à l’Accord global et progressif pour le partenariat transpacifique, à la reprise des négociations avec le Mercosur — le marché commun du Sud, un bloc commercial regroupant une grande partie de l’Amérique du Sud — ainsi qu’aux efforts visant à établir des conditions sanitaires pour les importations de bœuf brésilien.
Selon l’association, la question est devenue particulièrement urgente à la suite du récent sommet Corée-Brésil, au cours duquel les deux pays ont adopté un plan d’action de quatre ans pour la coopération économique. Elle a indiqué que les importations de bœuf ont été évoquées dans le cadre de cet agenda de coopération élargi, aux côtés de discussions sur les minéraux critiques, la défense et l’automobile.
Les éleveurs de hanwoo craignent que l’ouverture du marché coréen au Brésil, l’un des plus grands exportateurs de bœuf au monde, n’intensifie davantage la concurrence sur le marché intérieur. Ce différend met en évidence un point de friction bien connu dans les négociations commerciales, où un accès élargi au marché et la coopération bilatérale peuvent se heurter aux préoccupations des producteurs locaux quant à la rapidité de l’expansion des importations.
Selon l’association, les importations de bœuf de la Corée du Sud ont atteint cette année un niveau record, le bœuf américain entrant sans droits de douane et le bœuf australien étant soumis à un tarif d’environ 5,3 %. Les droits sur le bœuf australien doivent être supprimés en 2028, tandis que ceux sur le bœuf canadien et néo-zélandais devraient être progressivement éliminés en 2029.
L’association a averti que les importations pourraient augmenter davantage si les exigences sanitaires du Brésil sont approuvées et si un accord de libre-échange avec le Mercosur est conclu. Elle a estimé que la filière hanwoo nationale, déjà confrontée à des coûts de production en forte hausse, pourrait subir des dommages graves du fait d’une concurrence accrue.
L’association a également critiqué le gouvernement pour ce qu’elle qualifie d’un manque de communication avec les éleveurs et de mesures insuffisantes pour faire face aux pertes potentielles avant l’ouverture du marché.
L’association a déclaré qu’elle intensifierait sa campagne si le gouvernement poursuivait l’ouverture du marché sans garanties suffisantes. Les actions prévues comprennent des conférences de presse et de grands rassemblements d’éleveurs visant à mobiliser l’opposition à l’ouverture du marché national du bœuf.
« Il ne faut pas laisser les fondations de la filière hanwoo s’effondrer alors que les éleveurs ont consacré leur vie à la maintenir », a déclaré l’association dans sa résolution, appelant le gouvernement à dialoguer directement avec les producteurs avant de prendre d’autres décisions concernant la libéralisation du marché du bœuf.