ActualitésActionsGoogle suspendra les sanctions manuelles liées au « parasite SEO » dans l'EEE à partir du 30 août pour éviter une amende de l'UE

Google suspendra les sanctions manuelles liées au « parasite SEO » dans l'EEE à partir du 30 août pour éviter une amende de l'UE

Auteur: Cryptopolitan·

Points clés

  • À compter du 30 août 2026, Google n'appliquera plus de déclassements manuels pour violation de sa politique contre l'abus de réputation de site dans les 30 pays de l'Espace économique européen.
  • La Commission européenne a ouvert une enquête formelle au titre du Digital Markets Act après avoir constaté que Google déclassait des sites d'éditeurs réputés hébergeant des contenus sponsorisés, avec des amendes possibles pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires mondial.
  • Pandu Nayak, scientifique en chef de Google Search, a publiquement défendu la politique anti-parasite SEO en novembre 2025, qualifiant l'enquête de la Commission d'erronée et citant une décision de justice allemande confirmant la règle.
  • La suspension de la politique ne s'applique qu'au sein de l'EEE, ce qui signifie que des dispositifs identiques de contenu sponsorisé peuvent être traités différemment à l'intérieur et à l'extérieur de la région.
  • Cette décision fait suite à l'escalade des pressions de l'UE sur Google, notamment une amende de 890 millions d'euros au titre du DMA en juillet 2026 et une amende de 2,95 milliards d'euros dans le secteur de l'adtech le septembre précédent.
Google suspendra les sanctions manuelles liées au « parasite SEO » dans l'EEE à partir du 30 août pour éviter une amende de l'UE

Google (NASDAQ: GOOG) a annoncé qu'il mettra fin aux sanctions manuelles dans ses résultats de recherche au titre de ses règles contre le « parasite SEO » dans toute l'Europe le 30 août, une décision destinée à résoudre une enquête de la Commission européenne qui menaçait l'entreprise d'une amende pouvant atteindre près de 10 % de son chiffre d'affaires mondial.

Les déclassements manuels s'arrêtent dans toute l'EEE le 30 août

Le changement s'applique spécifiquement à l'Espace économique européen et il est définitif. À compter du 30 août 2026, Google n'appliquera plus de déclassements manuels aux sites qui enfreignent sa politique contre l'abus de réputation de site dans les 30 pays de l'EEE. Cette modification ne s'étend pas aux pays situés hors de l'EEE.

La politique vise ce que l'on appelle le parasite SEO, ou « abus de réputation de site ». Dans ce dispositif, un tiers paie pour faire publier son contenu sur un site web renommé afin de profiter du bon référencement de l'hôte. Google considère cela comme du spam, car les lecteurs — comme ses systèmes de classement — peuvent croire qu'ils consultent un contenu de l'hôte plutôt que celui d'un locataire.

Pourquoi Google a créé la règle sur la réputation des sites

Google a publiquement défendu cette politique. Le 13 novembre 2025, Pandu Nayak, scientifique en chef de Google Search, a qualifié l'enquête de la Commission européenne d'« erronée » dans un billet publié sur le blog de l'entreprise. Il a affirmé que l'enquête causerait de grands préjudices à des millions d'utilisateurs européens et a indiqué que Google avait mis à jour sa réglementation anti-spam en mars 2024.

Cette mise à jour reposait sur un principe unique : un site ne peut pas payer ni utiliser des tactiques trompeuses pour améliorer son classement. Nayak a également cité un tribunal allemand qui avait rejeté une plainte similaire, jugeant que la règle sur la réputation des sites était valide et appliquée de manière cohérente.

Ses exemples étaient directs : un opérateur de prêts sur salaire ou un vendeur de pilules amaigrissante payant pour des liens et des pages de faible qualité sur un site bien classé. Nayak a soutenu que si de telles pratiques restaient impunies, les acteurs malveillants surpasseraient les sites produisant un contenu de qualité.

Pourquoi la Commission a ouvert une enquête

Les régulateurs européens voient la question sous un autre angle. Les autorités se sont inquiétées après que des contrôles de marché ont montré que Google déclassait les sites de médias et d'éditeurs réputés dès lors que ces sites hébergeaient des contenus sponsorisés. Pour des éditeurs déjà sous pression financière, la visibilité dans les moteurs de recherche est un levier essentiel de trafic, ce qui explique l'attention particulière portée à ces déclassements par les organisations médiatiques de tout le bloc.

En réponse, la Commission a ouvert une enquête formelle sur les agissements de Google au titre du Digital Markets Act. Le DMA a été adopté pour freiner les excès des géants de la technologie, et les entreprises reconnues en infraction s'exposent à des amendes pouvant atteindre 10 % de leur chiffre d'affaires mondial. Google est l'une des grandes plateformes en ligne désignées comme « contrôleur d'accès » (« gatekeeper ») au titre du DMA, ce qui le soumet à des obligations plus strictes que ses concurrents plus petits.

La suspension des déclassements manuels dans l'EEE laisse à Google le temps de répondre à l'enquête de la Commission sans mettre fin à la politique à l'échelle mondiale. Reuters avait précédemment rapporté ce changement de politique.

Une partie d'une pression plus large de l'UE sur Google

La suspension dans l'EEE intervient alors que Google fait l'objet d'une surveillance accrue à Bruxelles. Le 23 juillet 2026, l'UE a infligé à Google une amende de 890 millions d'euros pour avoir orienté les utilisateurs de Google Play et de Chrome vers ses propres services — la plus grosse amende de l'histoire du DMA, très supérieure aux sanctions infligées à Meta et Apple en 2025, de 200 et 500 millions d'euros respectivement, selon ce qu'a rapporté Al Jazeera.

En septembre de l'année précédente, l'UE avait condamné Google à une amende de 2,95 milliards d'euros dans une affaire d'adtech. Le bloc lui avait également infligé 8,2 milliards d'euros d'amendes entre 2017 et 2019 au titre des règles antitrust antérieures.

Il reste à voir si la suspension de cette politique satisfera les régulateurs bruxellois. Pour les éditeurs et les professionnels du SEO, cette division régionale crée également une séparation pratique : le même dispositif de contenu sponsorisé pourrait être traité différemment à l'intérieur et à l'extérieur de l'EEE pendant toute la durée de la suspension.