La raffinerie géorgienne de Kulevi remplace le brut russe par du pétrole kazakh et libyen avant les sanctions de l’UE
Points clés
- •La raffinerie de Kulevi a commencé à traiter du brut kazakh en juillet et a signé le 3 juillet un accord d’approvisionnement libyen valable jusqu’à fin 2027, avec option de prolongation.
- •Black Sea Petroleum prévoit de supprimer totalement le brut russe de l’alimentation de la raffinerie d’ici début septembre 2026.
- •L’UE a imposé une interdiction de transaction à Kulevi dans son 21e paquet de sanctions le 23 juillet, donnant à l’entreprise jusqu’au 25 janvier 2027 pour documenter un passage complet à des approvisionnements non russes.
- •Des produits raffinés issus de Kulevi ont auparavant atteint l’Espagne et la Bulgarie, ce qui a soulevé des inquiétudes quant à l’entrée de pétrole russe sur les marchés occidentaux via un traitement en Géorgie.
- •La raffinerie a commencé ses activités en octobre 2025 avec une capacité annuelle de 1,2 million de tonnes métriques et a traité plus de 650,000 tonnes au premier semestre 2026.

La seule raffinerie pétrolière de Géorgie a commencé à remplacer le brut russe par des approvisionnements en provenance du Kazakhstan et de la Libye, alors que son propriétaire, Black Sea Petroleum, se dépêche de se conformer aux sanctions de l’Union européenne, qui doivent entrer en vigueur en janvier.
La raffinerie de Kulevi a reçu et traité du brut kazakh en juillet et continuera d’accepter des cargaisons kazakhes tout au long du mois d’août, a indiqué Black Sea Petroleum lundi, selon l’agence de presse Interfax. Une cargaison de brut libyen doit arriver entre le 20 août et le 30 août dans le cadre d’un accord d’approvisionnement signé le 3 juillet avec une société internationale non nommée. Le contrat libyen court jusqu’à la fin de 2027 et comprend une option de prolongation.
Black Sea Petroleum prévoit d’éliminer totalement le brut russe du mélange d’alimentation de la raffinerie d’ici début septembre, accélérant un programme de diversification qui incluait auparavant le Kazakhstan et le Turkménistan comme fournisseurs alternatifs.
L’Union européenne a imposé le 23 juillet une interdiction de transaction visant Kulevi dans le cadre de son 21e paquet de sanctions, en ciblant le traitement de pétrole russe par la raffinerie. La mesure prévoit un délai de six mois, donnant à l’entreprise jusqu’au 25 janvier 2027 pour documenter une transition complète vers des approvisionnements non russes. Des responsables européens ont indiqué que la raffinerie pourrait être retirée de la liste des sanctions une fois que la Commission européenne aura vérifié sa conformité.
Kulevi a commencé ses activités en octobre 2025 avec une capacité annuelle de traitement de 1,2 million de tonnes métriques. La raffinerie a traité plus de 650,000 tonnes au cours du premier semestre 2026, dépassant déjà la moitié de sa capacité annuelle de première phase. Une deuxième phase prévue porterait la capacité à 4.5 million de tonnes par an.
La raffinerie avait reçu six cargaisons de brut russe entre octobre 2025 et mai 2026. Des cargaisons de produits raffinés provenant de Kulevi ont ensuite atteint l’Espagne et la Bulgarie, suscitant un examen visant à déterminer si du brut russe entrait sur les marchés occidentaux après traitement en Géorgie.
Les premiers achats kazakhs et libyens de Black Sea Petroleum constituent désormais la preuve matérielle exigée par Bruxelles avant un réexamen de l’inscription aux sanctions.
Par Charles Kennedy pour Oilprice.com