ActualitésCryptoGéorgie Crypto : des transactions de plus de 10 M$ déclenchent une vaste opération de répression

Géorgie Crypto : des transactions de plus de 10 M$ déclenchent une vaste opération de répression

Auteur: Tron Weekly·

Points clés

  • Le Service d’enquête de Géorgie a arrêté le 12 août le responsable d’un prestataire de services d’actifs virtuels non enregistré, pour avoir traité des transactions non enregistrées d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars américains.
  • Les autorités ont saisi environ 83 903 $ en espèces, 300 €, des cryptomonnaies d’une valeur de 79 600 $, ainsi que du matériel informatique, des cartes bancaires et des documents pendant l’enquête.
  • Le suspect est poursuivi en vertu de l’article 192 du Code pénal géorgien, qui prévoit une peine d’emprisonnement de trois à cinq ans pour l’exploitation d’un prestataire d’actifs virtuels non enregistré.
  • L’OFAC du Trésor américain a récemment sanctionné une autre société crypto géorgienne, SHPS Shelbit et son propriétaire, pour de présumées transactions en cryptomonnaies liées au Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran.
  • Les exigences d’enregistrement de la Géorgie pour les prestataires de services d’actifs virtuels sont conformes aux normes mondiales du GAFI visant à prévenir le blanchiment d’argent et le financement illicite.
Géorgie Crypto : des transactions de plus de 10 M$ déclenchent une vaste opération de répression

Le secteur des cryptomonnaies en Géorgie fait l’objet d’un regain de surveillance réglementaire après l’arrestation du responsable d’un prestataire de services d’actifs virtuels non enregistré, accusé d’avoir traité des transactions d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars américains.

Cette arrestation intervient dans un contexte d’attention internationale accrue portée aux opérations transfrontalières en monnaies numériques et à leur conformité avec les réglementations financières nationales. La Géorgie a attiré ces dernières années une industrie crypto en croissance, favorisée par des coûts d’exploitation relativement faibles et un environnement réglementaire souple, mais les autorités semblent désormais renforcer la supervision des entreprises opérant en dehors du système financier formel.

Détails de l’arrestation et des saisies

Le 12 août, le Service d’enquête du ministère des Finances de Géorgie a annoncé l’arrestation de la personne chargée de gérer le prestataire de services d’actifs virtuels non enregistré. Selon le rapport, le suspect aurait effectué des transactions d’une valeur de "tens of millions of US dollars" sans avoir accompli la procédure d’enregistrement exigée par la Banque nationale de Géorgie.

Les opérations auraient consisté à convertir des actifs virtuels en monnaie fiduciaire et inversement, ainsi qu’à faciliter des transferts internationaux. Le Service d’enquête a indiqué que cette activité avait "facilitated uncontrolled international transactions" dans le pays.

Au cours de l’enquête, les autorités ont saisi du matériel informatique, de nombreuses cartes bancaires, des documents, 83 903 $ en espèces, 300 €, ainsi que des cryptomonnaies d’une valeur de 79 600 $.

L’affaire relève de l’article 192, partie 2(a), du Code pénal géorgien, qui prévoit une peine d’emprisonnement de trois à cinq ans. L’obligation d’enregistrement des prestataires de services d’actifs virtuels est conforme aux normes mondiales définies par le Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme intergouvernemental qui recommande aux pays d’agréer ou d’enregistrer ces prestataires afin de prévenir le blanchiment d’argent et le financement illicite.

Sanctions de l’OFAC contre la société crypto géorgienne Shelbit

Cette arrestation attire également l’attention sur des préoccupations réglementaires plus larges concernant le secteur des actifs numériques en Géorgie. Récemment, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain a imposé des sanctions contre la société géorgienne d’actifs numériques SHPS Shelbit et son propriétaire, Siavash Kayvanpour, comme indiqué.

Selon l’OFAC, l’entreprise a facilité des transactions en cryptomonnaies liées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) d’Iran dans le cadre d’activités de contournement des sanctions. L’agence a allégué que plus d’1 million de dollars avait été transféré depuis des portefeuilles liés à l’IRGC vers les portefeuilles de Shelbit, tandis que plus de 2 millions de dollars avaient été envoyés dans le sens inverse. Cette désignation s’inscrit dans une stratégie plus large d’application des sanctions par les États-Unis contre les entreprises crypto accusées de permettre à des entités sanctionnées de déplacer des fonds عبر les frontières.

Il est important de noter que le responsable arrêté n’a été identifié par aucune source officielle comme ayant un lien avec Shelbit. À ce stade, rien n’indique officiellement que ces deux affaires soient liées, et elles doivent être considérées comme des développements distincts.

Enquête en cours et implications réglementaires

Le Service d’enquête a indiqué qu’il poursuivait l’identification d’autres personnes susceptibles d’être impliquées et qu’il enquêtait sur une possible évasion fiscale ainsi que sur le blanchiment de revenus illicites.

Cette mesure de répression traduit une pression réglementaire accrue sur les entreprises d’actifs virtuels non enregistrées opérant en Géorgie. Alors que les autorités s’attaquent aux sociétés non enregistrées et aux transactions transfrontalières en monnaie numérique, les entreprises d’actifs numériques du pays pourraient faire face à des obligations de conformité renforcées au titre de la réglementation locale. Ces développements s’inscrivent dans une tendance mondiale plus large, les gouvernements de plusieurs juridictions mettant en place des cadres alignés sur le GAFI, exigeant des prestataires de services d’actifs virtuels qu’ils s’enregistrent, procèdent à une vérification de la clientèle et signalent les activités suspectes.