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Les députés français approuvent de justesse une taxe de 0,055 € par gigaoctet sur les contenus numériques

Auteur: Hokanews·

Points clés

  • •Les députés français ont approuvé par 11 voix contre 10 un amendement qui imposerait une redevance de 0,055 € sur chaque gigaoctet de données livré par les fournisseurs de contenus numériques aux utilisateurs en France, malgré l'opposition du gouvernement.
  • •Selon la proposition, les fournisseurs d'accès à internet mesureraient le trafic provenant des entreprises de contenus, et ces entreprises seraient responsables du paiement de la charge correspondante.
  • •Le périmètre annoncé de la mesure couvrirait des services tels que le streaming Netflix, les vidéos YouTube, les services cloud et les téléchargements de jeux, avec des charges proportionnées au volume de données plutôt qu'aux prix des abonnements ou aux ventes.
  • •Au tarif proposé, un téléchargement de jeu de 100 GB générerait 5,50 € de charges avant application des plafonds applicables, lesquels restent non précisés dans les informations rapportées.
  • •L'amendement se distingue de la taxe française existante sur les services numériques, qui applique un taux de 3 % aux revenus français des grandes entreprises technologiques depuis 2019, et il doit encore achever le processus législatif restant avant d'entrer en vigueur.
Les députés français approuvent de justesse une taxe de 0,055 € par gigaoctet sur les contenus numériques

Les députés français ont approuvé un amendement qui facturerait aux fournisseurs de contenus numériques le volume de données qu'ils livrent aux internautes en France — 0,055 € pour chaque gigaoctet transmis. La mesure a été adoptée par un vote serré de 11 voix contre 10 alors même que le gouvernement français s'y opposait, selon les informations partagées par Coin Bureau sur X.

Contrairement aux taxes prélevées directement sur le chiffre d'affaires ou les bénéfices d'une entreprise, la proposition lie la charge à la quantité de données livrées aux utilisateurs. Dans le cadre proposé, les fournisseurs d'accès à internet mesureraient le trafic provenant des entreprises de contenus, et ces entreprises seraient ensuite responsables du paiement de la taxe.

Fonctionnement de la taxe sur les données proposée

Selon l'amendement, chaque gigaoctet de données envoyé aux internautes français serait soumis à une redevance de 0,055 €. Le volume de contenus livrés — plutôt que le simple nombre d'utilisateurs accédant à un service — déterminerait le calcul initial du montant dû.

Les fournisseurs d'accès à internet seraient au cœur du dispositif, en mesurant le trafic de données provenant des entreprises de contenus. Ces mesures détermineraient combien chaque fournisseur de contenus numériques devrait payer. En pratique, la mesure du trafic réseau devient le fondement de l'ensemble de la taxe.

Le résultat du vote a été serré, et obtenu malgré les objections du gouvernement. Cette marge étroite souligne à quel point l'amendement est contesté, bien que les informations partagées par Coin Bureau ne détaillent pas les arguments des députés ni les prochaines étapes législatives. Un amendement adopté doit encore achever le reste du processus législatif français avant de pouvoir entrer en vigueur ; les modalités des plafonds et le parcours restant de la mesure sont les éléments qui façonneront sa forme finale.

Netflix, YouTube et les téléchargements de jeux pourraient être concernés

Le périmètre annoncé de la proposition couvre une large gamme de services numériques. Les flux Netflix, les vidéos YouTube, les services cloud et les téléchargements de jeux figurent parmi les types de diffusion de contenus qui relèveraient du champ de la mesure.

Comme la charge proposée est calculée selon le volume de données, les téléchargements importants et les services gourmands en données pourraient générer des charges plus élevées que les transferts plus modestes. Un téléchargement de jeu de 100 GB produirait par exemple 5,50 € de taxe au tarif proposé avant prise en compte des plafonds applicables — le résultat de la multiplication de la redevance de 0,055 € par gigaoctet par 100 GB. Pour les services consommateurs de données, l'exposition sous un tel régime évoluerait avec les volumes d'utilisation plutôt qu'avec les prix des abonnements ou les ventes.

Ces plafonds ne sont pas précisés dans les informations partagées par Coin Bureau, qui n'explique pas comment ils s'appliqueraient aux différents services. Le montant final à payer reste donc indéterminé.

Une approche différente de la fiscalité des contenus numériques

La proposition se distingue des approches classiques de taxation de la diffusion de contenus numériques. Plutôt que de dériver la charge du chiffre d'affaires ou des résultats d'une entreprise — la base de la taxe française existante sur les services numériques, qui applique un taux de 3 % aux revenus français des grandes entreprises technologiques depuis 2019 — le cadre décrit dans l'amendement utiliserait comme base la quantité de données transmises aux utilisateurs français.

Cette structure pourrait réunir dans un même régime des services aux modèles économiques très différents, notamment les plateformes de streaming vidéo, les services de vidéo en ligne, les fournisseurs cloud et les entreprises de jeux vidéo. Ce qui compterait serait le trafic de données généré par chaque service, et non le fait qu'il s'agisse principalement de divertissement, de stockage ou de distribution de logiciels.

Le rapport de Coin Bureau décrit l'adoption de l'amendement ainsi que son tarif, son périmètre et son mécanisme de mesure proposés. Le vote a été adopté par 11 voix contre 10 malgré l'opposition du gouvernement, et la charge proposée reste soumise aux plafonds applicables décrits dans la mesure. Tel que rédigé, le mécanisme reposerait sur les mesures de trafic effectuées par les fournisseurs d'accès à internet, les entreprises de contenus étant redevables du paiement.