FATF : la Bulgarie, la Côte d'Ivoire, la RD Congo et Monaco quittent la liste de surveillance renforcée
Points clés
- •Le GAFI a retiré la Bulgarie, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo et Monaco de sa liste des juridictions sous surveillance renforcée le 30 octobre 2026.
- •L'Iran, la Corée du Nord et la Birmanie demeurent sur la liste des juridictions à haut risque du GAFI, avec des contre-mesures appelées contre l'Iran et la Corée du Nord et une vigilance renforcée appliquée à la Birmanie.
- •La FinCEN a conseillé aux institutions de satisfaire aux exigences de vigilance applicables aux institutions financières étrangères et de maintenir des contrôles fondés sur les risques pour les comptes de correspondance, capables de détecter et de signaler le blanchiment de capitaux.
- •L'avis a averti que la vigilance fondée sur les risques ne doit pas justifier un dérisquage généralisé ou indiscriminé d'une catégorie entière de clients ou d'institutions financières.
- •Les institutions américaines restent interdites, en vertu des mesures existantes, notamment la règle de l'article 311 de 2019 de la FinCEN, d'ouvrir ou de maintenir des comptes de correspondance pour des institutions financières iraniennes ou nord-coréennes.

Le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) invite les institutions financières américaines à prendre en compte les listes juridictionnelles du Groupe d'action financière (GAFI) lors de l'examen de leurs politiques et procédures fondées sur les risques. Dans un avis relatif aux listes actualisées, la FinCEN indique que le GAFI, l'organisme intergouvernemental qui définit les normes mondiales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, a retiré la Bulgarie, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo et Monaco de sa liste des juridictions sous surveillance renforcée le 30 octobre 2026. La liste distincte des juridictions à haut risque faisant l'objet d'un appel à l'action est restée inchangée.
L'Iran, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et la Birmanie demeurent sur la liste des juridictions à haut risque. Le GAFI continue d'appeler à des contre-mesures contre l'Iran et la RPDC, tandis que la Birmanie reste uniquement soumise à une vigilance renforcée. La FinCEN indique que les institutions américaines devraient tenir compte des positions du GAFI lors de l'évaluation de leurs obligations et de leurs contrôles fondés sur les risques.
Deux listes du GAFI, deux niveaux de réponse
Le GAFI publie deux déclarations publiques couvrant des juridictions présentant des degrés différents de déficiences stratégiques. Sa liste des juridictions sous surveillance renforcée, souvent appelée « liste grise », identifie les pays qui travaillent avec l'organisation, selon un calendrier convenu, afin de résoudre les faiblesses recensées. Sa déclaration sur les juridictions à haut risque faisant l'objet d'un appel à l'action signale des déficiences stratégiques importantes et appelle à une vigilance renforcée, avec des contre-mesures dans les cas les plus graves.
Pour les juridictions sous surveillance renforcée, la FinCEN rappelle aux institutions financières concernées qu'elles doivent satisfaire aux exigences de vigilance applicables aux institutions financières étrangères au titre de l'article 31 C.F.R. § 1010.610(a). Ces exigences s'ajoutent aux obligations générales des institutions en matière de programmes de lutte contre le blanchiment de capitaux au titre de la loi 31 U.S.C. § 5318(h) et de ses règlements d'application.
Les programmes relatifs aux comptes de correspondance doivent intégrer des politiques, procédures et contrôles spécifiques et fondés sur les risques. Selon la FinCEN, ces contrôles doivent permettre aux institutions de détecter et de signaler les opérations de blanchiment de capitaux connues ou suspectées réalisées via des comptes maintenus aux États-Unis pour le compte d'institutions financières étrangères. Lorsque cela est justifié, les programmes doivent inclure des contrôles renforcés et une surveillance continue.
Les entreprises de services monétaires sont soumises à des obligations parallèles concernant les agents ou contreparties étrangers. La FinCEN renvoie les lecteurs à sa note d'interprétation de 2004 et à ses orientations sur la surveillance des agents pour plus de détails. L'avis précise également que la vigilance fondée sur les risques ne doit pas servir à justifier un dérisquage généralisé ou indiscriminé d'une catégorie entière de clients ou d'institutions financières.
L'Iran, la RPDC et la Birmanie conservent des mesures distinctes
Pour la Birmanie, le GAFI appelle à une vigilance renforcée proportionnée au risque, et la FinCEN conseille aux institutions américaines de consulter les orientations existantes concernant les transactions financières impliquant la Birmanie. La RPDC et l'Iran demeurent soumis à des appels à des contre-mesures. La FinCEN indique que les institutions américaines doivent se conformer aux restrictions américaines leur interdisant d'ouvrir ou de maintenir des comptes de correspondance, directement ou indirectement, pour des institutions financières nord-coréennes ou iraniennes.
L'avis décrit des mesures américaines supplémentaires liées à l'Iran. Il note que le gouvernement iranien et les institutions financières iraniennes restent soumis aux règles de blocage des avoirs au titre du décret exécutif 13599 et de l'Iranian Transactions and Sanctions Regulations. Il précise également que les personnes américaines sont largement interdites d'effectuer des transactions ou des opérations avec l'Iran, son gouvernement et les institutions financières iraniennes en vertu de ces règlements.
Par ailleurs, la FinCEN indique que sa règle de l'article 311 de 2019 interdit aux institutions financières américaines concernées d'ouvrir ou de maintenir des comptes de correspondance pour le compte d'une institution financière iranienne, ou en son nom. Cette règle interdit également d'utiliser les comptes de correspondance d'institutions financières étrangères auprès d'institutions américaines concernées pour traiter des transactions impliquant des institutions financières iraniennes.
La FinCEN ajoute que les institutions devraient examiner les raisons invoquées par le GAFI lorsqu'elles évaluent les juridictions retirées de ses listes. Les institutions doivent déposer un rapport d'activité suspecte lorsqu'elles savent, soupçonnent ou ont des raisons de soupçonner qu'une transaction implique des fonds d'origine illicite, du blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme ou une violation d'une autre loi ou réglementation fédérale. L'avis demande aux institutions de continuer à appliquer les orientations pertinentes de la FinCEN et les règles de sanctions applicables.