Le dollar fait face à des vents contraires croissants alors que la trajectoire de taux de la Fed est remise en question
Points clés
- •Le président de la Fed, Kevin Warsh, a mis l’accent sur le rétablissement de la stabilité des prix plutôt que de céder à la pression politique en faveur de taux plus bas, ce qui a maintenu des rendements américains élevés et soutenu le dollar.
- •La réunion du FOMC de juillet a marqué le premier changement notable de récit, Warsh ayant refusé de préparer explicitement les marchés à une nouvelle hausse des taux, ce qui a atténué les anticipations de resserrement.
- •Les perturbations persistantes du transport maritime via le détroit d’Ormuz, qui représente environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, continuent de soutenir les prix de l’énergie et les risques inflationnistes à court terme.
- •Un accord durable entre les États-Unis et l’Iran qui rouvrirait le détroit pourrait avantager disproportionnellement la zone euro en réduisant les coûts d’importation d’énergie, compte tenu de sa dépendance plus forte aux importations que celle des États-Unis.
- •L’EUR/USD consolide entre 1.1500 et 1.1560 et évolue juste sous une ligne de tendance descendante reliant les plus hauts de fin janvier 2026 à ceux d’avril et de mai.

Les marchés continuent d’intégrer la possibilité d’une nouvelle hausse des taux de la Fed.
Kevin Warsh a jusqu’à présent accordé davantage d’importance à la stabilité des prix que ne l’avaient d’abord anticipé les investisseurs.
Une désescalade entre les États-Unis et l’Iran pourrait réduire les prix de l’énergie et les pressions inflationnistes.
La zone euro pourrait davantage profiter de la baisse des prix de l’énergie en raison de sa dépendance aux importations énergétiques.
Une révision à la baisse de la trajectoire des taux de la Fed représente l’un des principaux risques à moyen terme pour le dollar.
Les anticipations de la Fed continuent de soutenir le dollar
Le dollar américain a bénéficié ces dernières semaines de rendements du Trésor relativement élevés et des anticipations selon lesquelles la Réserve fédérale n’aurait peut-être pas terminé sa lutte contre l’inflation. Les marchés laissent encore la porte ouverte à une nouvelle hausse des taux américains. Toutefois, cette valorisation pourrait devenir de plus en plus difficile à maintenir si les tensions au Moyen-Orient s’apaisent et si les pressions inflationnistes commencent à se modérer. Dans un tel contexte, l’avantage actuel du dollar sur l’euro pourrait progressivement se réduire. La récente vigueur du dollar reflète largement les anticipations de politique monétaire. Lorsque Kevin Warsh a pris la présidence de la Fed, certains craignaient qu’il ne subisse à terme des pressions de Donald Trump, qui a à plusieurs reprises appelé à une baisse des taux d’intérêt. Jusqu’à présent, ce scénario ne s’est pas matérialisé.
Warsh a à plusieurs reprises insisté sur la nécessité de rétablir la stabilité des prix. L’inflation restant élevée, les investisseurs continuent donc d’envisager la possibilité d’un nouveau durcissement de la politique monétaire par la Fed. Cela a permis aux rendements américains de rester relativement élevés et a soutenu le dollar.
La réunion de juillet a changé la donne
La réunion du FOMC de juillet a introduit les premiers signes d’incertitude dans ce scénario. Warsh n’a pas utilisé cette réunion pour préparer explicitement les marchés à une nouvelle hausse des taux. Son refus de fournir des indications prospectives claires a affaibli les anticipations d’un resserrement imminent, sans pour autant les faire disparaître complètement.
Cette approche rend les données économiques à venir encore plus importantes. L’inflation, l’emploi et la croissance des salaires détermineront de plus en plus la manière dont les investisseurs évaluent la prochaine décision de la Fed. Des données solides pourraient rapidement raviver les anticipations d’une nouvelle hausse, tandis que des chiffres plus faibles pourraient produire l’effet inverse et exercer une pression sur le dollar.
Les tensions au Moyen-Orient restent un risque inflationniste
L’évolution du Moyen-Orient constitue un autre élément important des perspectives de politique monétaire. Les difficultés liées au transport maritime via le détroit d’Ormuz continuent de soutenir les prix de l’énergie et de créer des risques inflationnistes supplémentaires à court terme.
Un accord durable entre les États-Unis et l’Iran pourrait modifier sensiblement ce contexte. La réouverture du détroit et la réduction du risque géopolitique exerceraient probablement une pression à la baisse sur les prix du pétrole. Cela affaiblirait à son tour l’un des principaux arguments en faveur du maintien d’une politique monétaire américaine exceptionnellement restrictive.
Des prix de l’énergie plus faibles avantageraient la zone euro
Une désescalade du conflit pourrait être particulièrement importante pour l’Europe. La zone euro reste fortement dépendante des importations d’énergie, tandis que les États-Unis sont dans une position bien plus favorable grâce à leur production énergétique domestique.
Des prix plus faibles du pétrole et du gaz réduiraient les coûts d’importation de l’Europe, amélioreraient les perspectives des entreprises et des ménages et soutiendraient l’activité économique. Sous cet angle, l’euro pourrait bénéficier davantage que le dollar d’une amélioration durable de la situation géopolitique.
Il existe toutefois un arbitrage en matière de politique monétaire. Des prix de l’énergie plus faibles réduiraient aussi les pressions inflationnistes dans la zone euro et pourraient donc affaiblir les anticipations d’un nouveau durcissement de la BCE. Cela pourrait limiter une partie de l’impact positif sur la monnaie unique.
Les marchés sont-ils trop restrictifs à l’égard de la Fed ?
La principale question est de savoir si les anticipations actuelles concernant les taux américains sont devenues trop agressives. Les investisseurs combinent en réalité l’idée d’une inflation nettement plus faible au cours des prochains trimestres avec la possibilité d’un nouveau resserrement de la Fed. Ces deux hypothèses pourraient finir par devenir difficiles à concilier.
Si l’inflation américaine continue de se rapprocher de l’objectif de la Fed et que les prix de l’énergie baissent, la justification d’une nouvelle hausse des taux devrait s’affaiblir nettement. L’évaluation relativement constructive de Warsh sur l’impact désinflationniste des gains de productivité, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle, pourrait renforcer cet argument.
L’EUR/USD pourrait-il progresser progressivement ?
Au cours des prochains trimestres, le principal risque pour le dollar est donc une réévaluation de la trajectoire attendue de la Fed. Le marché pourrait progressivement passer d’une tarification d’un resserrement supplémentaire à l’anticipation d’une pause prolongée, puis à un retour des baisses de taux.
Un tel changement réduirait l’avantage de taux d’intérêt du dollar et pourrait ouvrir la voie à une hausse de l’EUR/USD. La progression de l’euro pourrait néanmoins rester graduelle, car le ralentissement de l’inflation en Europe pourrait simultanément inciter les investisseurs à intégrer une politique plus accommodante de la BCE.
Perspective technique de l’EUR/USD
D’un point de vue technique, l’EUR/USD se trouve actuellement à un niveau intéressant. Après les fortes progressions observées fin juillet, la paire évolue désormais dans une phase de consolidation à court terme entre 1.1500 et 1.1560. Le taux de change se négocie également juste en dessous d’une ligne de tendance descendante reliant les plus hauts de fin janvier 2026 à ceux enregistrés en avril et en mai.
Les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles d’OANDA Business Information & Services, Inc. ni de ses sociétés affiliées, filiales, dirigeants ou administrateurs. La publication fournie est destinée uniquement à des fins d’information et d’éducation. Si vous souhaitez reproduire ou rediffuser le contenu de MarketPulse, un service primé d’analyse et d’actualités sur le forex, les matières premières et les indices mondiaux produit par OANDA Business Information & Services, Inc., veuillez vous référer aux conditions d’utilisation de MarketPulse. Visitez https://www.marketpulse.com/ pour en savoir plus sur le rythme des marchés mondiaux. © 2026 OANDA Business Information & Services Inc.