Un objet d'e-mail mal interprété suspend accidentellement la coopération du DOJ de Trump avec le Canada
Points clés
- •Lynda Marshall, cheffe de la section internationale de la division antitrust du DOJ, a suspendu par erreur la coopération avec le Canada après avoir mal interprété une instruction visant à reprogrammer une réunion.
- •L'e-mail erroné ordonnait aux fonctionnaires de cesser la coopération sur les affaires et de rompre tout travail de politique avec les autorités canadiennes, sans en donner la raison.
- •Plus tard dans la journée, Marshall a corrigé son erreur, et la division du DOJ a depuis repris son travail avec le Canada.
- •L'incident s'est produit dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et le Canada, à la suite de l'échec des négociations commerciales et de l'imposition mutuelle de droits de douane.
- •Les autorités antitrust américaines et canadiennes entretiennent depuis longtemps des accords de coopération et ont mené conjointement des enquêtes, notamment sur la fixation des prix dans les pièces automobiles et le fret aérien, ainsi que sur des fusions dans les technologies et l'aérospatiale.

Un objet d'e-mail mal interprété a brièvement gelé la coopération entre le département de la Justice américain et le gouvernement canadien, après qu'une cheffe de division a mal compris des instructions lui demandant de reprogrammer une réunion, selon The Wall Street Journal.
Selon un article publié vendredi dans The Journal, la division antitrust du DOJ a reçu l'instruction de cesser tout travail avec le gouvernement canadien à la suite d'un e-mail envoyé avec l'objet « Pause on Canada ». Le message provenait de Lynda Marshall, cheffe de la section internationale de la division antitrust, à qui l'on avait demandé de reprogrammer une réunion.
L'e-mail ordonnait aux fonctionnaires du DOJ au sein de la division de cesser toute coopération sur les affaires et de rompre tout engagement sur les questions de politique avec les autorités canadiennes, selon The Journal. Marshall n'a fourni aucune justification dans son e-mail expliquant pourquoi la division devait cesser de travailler avec le Canada, mais a écrit qu'elle « reviendrait vers eux si les orientations changeaient ».
Un e-mail de suivi a été envoyé vendredi aux chefs de section de la division, exigeant des listes détaillant les domaines de coopération avec le Canada pour la fin de la journée, selon The Journal. Plus tard dans la journée, Marshall a envoyé un autre e-mail informant le personnel de la division qu'elle s'était trompée et que la coopération avec le Canada pouvait se poursuivre.
La porte-parole du département de la Justice, Emily Covington, a déclaré à The Journal que la directive visant à arrêter la coopération découlait d'un malentendu de Marshall concernant une instruction. Covington a expliqué qu'il avait été demandé à Marshall de repousser une réunion prévue.
Ce cafouillage survient alors que l'administration Trump et le Canada sont en plein différend après l'échec des négociations commerciales le mois dernier, les États-Unis et le Canada s'imposant mutuellement des droits de douane. L'épisode illustre comment une simple erreur de communication interne, même brève, peut avoir des répercussions sur l'application transfrontalière des lois, où les agences antitrust partagent régulièrement des informations confidentielles et coordonnent le calendrier des enquêtes.
Selon The Journal, la division du DOJ a depuis repris son travail avec le Canada. Les représentants du Canada ou de son Bureau de la concurrence n'ont pas répondu à la demande de commentaire de The Journal.
The Journal a souligné que les autorités antitrust canadiennes et américaines entretiennent de nombreux accords visant à renforcer leur coopération et ont collaboré sur des enquêtes majeures depuis les années 2000. Les deux pays ont travaillé ensemble sur des enquêtes concernant la fixation des prix dans les secteurs des pièces automobiles et du fret aérien, ainsi que sur des dossiers de fusions dans les technologies, l'aérospatiale et d'autres industries.