Le pétrole brut progresse alors que les frappes iraniennes perturbent la navigation dans le détroit d'Ormuz
Points clés
- •Le Brent a progressé de 0,9 % à 89,28 dollars le baril et le West Texas Intermediate américain a gagné 0,2 % à 82,60 dollars, dans le prolongement de la hausse de plus de 5 % du Brent la semaine précédente.
- •Les transits par le détroit d'Ormuz sont passés de cinq navires samedi à zéro dimanche, en forte chute par rapport aux plus de 130 navires par jour que cette voie d'eau traitait avant le début des opérations américano-israéliennes contre l'Iran fin février.
- •Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que Téhéran n'a aucune négociation directe active avec Washington, tandis que des responsables américains ont menacé de sanctions supplémentaires et ont imposé un blocus naval autour des ports iraniens qui pourrait être maintenu indéfiniment.
- •Les analystes d'ANZ ont identifié le diesel comme le segment du marché pétrolier le plus contraint en matière d'offre, avertissant que la disponibilité pourrait se dégrader davantage en raison des perturbations du raffinage dans le Golfe et des attaques ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières russes.
- •L'Iran et Oman progresseraient vers un accord sur l'administration du détroit d'Ormuz excluant les États-Unis, alors même que Washington insiste sur un accès sans restriction à cette voie d'eau.

Le pétrole brut a prolongé ses gains lundi, alors que l'escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la perturbation sévère d'une importante route maritime mondiale continuaient de peser sur les marchés.
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 0,9 % à 89,28 dollars le baril dans les premières heures de séance. Le brut West Texas Intermediate américain a gagné 0,2 % à 82,60 dollars le baril. Le Brent avait déjà bondi de plus de 5 % la semaine dernière.
Cette nouvelle hausse s'explique en grande partie par l'intensification des hostilités entre les États-Unis et l'Iran, qui a suscité des inquiétudes quant à l'acheminement du pétrole et du gaz naturel par les principales routes de transit. La réaction des marchés reflète le rôle du détroit d'Ormuz en tant que point de passage stratégique pour les flux d'énergie, où même des perturbations de courte durée peuvent rapidement se répercuter sur les prix du brut et des produits raffinés.
Le trafic dans le détroit d'Ormuz est quasi à l'arrêt
Le détroit d'Ormuz, qui accueillait auparavant plus de 130 navires par jour, a connu un effondrement brutal du trafic après des actions militaires iraniennes visant les pétroliers qui tentaient de franchir cette voie d'eau. La navigation commerciale en a effectivement été dissuadée.
JUST IN: Strait of Hormuz shipping falls to ZERO on Sunday ahead of today’s US-Iran ceasefire expiry. — Coin Bureau (@coinbureau) August 17, 2026
JUST IN: Strait of Hormuz shipping falls to ZERO on Sunday ahead of today’s US-Iran ceasefire expiry. — Coin Bureau (@coinbureau) August 17, 2026
Reuters, citant des données de suivi maritime de Kpler, a rapporté que seulement cinq navires avaient franchi le détroit samedi. Dimanche, ce nombre était tombé à zéro.
Avant le début des opérations militaires combinées américano-israéliennes contre l'Iran fin février, ce détroit était l'un des passages les plus fréquentés au monde pour le transport du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié.
Les États-Unis ont également imposé un blocus naval autour des ports iraniens, et des responsables ont indiqué que cette mesure pourrait être maintenue indéfiniment.
Dans des déclarations faites le week-end dernier, le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé que Téhéran n'a actuellement aucune négociation directe active avec Washington. Des responsables américains ont réagi en menaçant de sanctions économiques supplémentaires destinées à pousser l'Iran vers la table des négociations.
Les analystes d'ING ont indiqué que les attaques contre les navires intensifient les craintes de perturbation de l'approvisionnement et rendent plus difficile une résolution diplomatique entre les États-Unis et l'Iran.
Les marchés du diesel face à un resserrement de l'offre
Bien que les prix du brut soient restés fermes, les produits raffinés ont subi une pression encore plus forte. Les analystes d'ANZ estiment que le diesel constitue actuellement le segment le plus contraint du marché pétrolier, ce qui importe car des pénuries dans ce domaine peuvent affecter les coûts de carburant des transports, de l'agriculture et de l'industrie, même lorsque les principaux indices du brut sont au centre des attentions.
Les perturbations des capacités de raffinage dans les régions du Golfe ont limité la production et les volumes d'exportation de diesel, alors même que la demande mondiale de ce carburant reste soutenue.
La guerre en Ukraine a aggravé la tension, Kyiv continuant de cibler les infrastructures pétrolières russes et de resserrer davantage les chaînes d'approvisionnement.
Les analystes d'ANZ ont averti que la disponibilité du diesel pourrait se dégrader dans les mois à venir si les conditions opérationnelles ne s'améliorent pas.
Malgré ces inquiétudes liées à l'offre, l'OPEP et l'Agence internationale de l'énergie ont toutes deux revu à la baisse la semaine dernière leurs prévisions de demande mondiale de pétrole pour 2026. Ces projections révisées à la baisse n'ont eu jusqu'à présent que peu d'effet sur les prix.
Des rapports indiquent également que l'Iran et Oman progressent vers un accord sur l'administration du détroit d'Ormuz. Les États-Unis ne participent pas à ces discussions, tandis que Washington continue d'exiger un accès sans restriction à cette voie d'eau.
Soojin Kim, analyste chez MUFG, a déclaré que l'instabilité géopolitique et les menaces pesant sur les principaux corridors maritimes continuent de soutenir une prime de risque intégrée dans la valorisation du brut.