Le PM néo-zélandais Luxon convoque une réunion de caucus d'urgence face aux spéculations sur le leadership
Points clés
- •Le Premier ministre Christopher Luxon a convoqué une réunion de caucus en personne d'urgence pour mercredi matin afin de faire face aux spéculations croissantes sur son leadership, environ 90 jours avant les élections législatives néo-zélandaises.
- •Les questions sur le leadership sont apparues après qu'une conférence de presse destinée à faire pression sur l'opposition s'est transformée en une discussion de Luxon sur de potentielles nouvelles taxes, notamment une augmentation de la taxe sur les carburants, une taxe sur les lits et une taxe sur les banques.
- •Le Parti national a connu une instabilité de direction importante après la démission de John Key en 2016, passant par trois dirigeants avant que Luxon ne prenne le rôle en novembre 2021.
- •Les personnalités de premier plan du parti, Chris Bishop et Rima Nakhle, ont publiquement soutenu Luxon, Bishop confirmant une réunion Zoom distincte du caucus mais niant que le leadership soit à l'ordre du jour.
- •Les députés du Parti national contactés par les journalistes ont offert des réponses mitigées, allant du déni catégorique de toute discussion sur le leadership aux reconnaissance que le reportage avait une base factuelle.

Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon, qui dirige un gouvernement de coalition de trois partis formé après les élections d'octobre 2023, a convoqué une réunion de caucus en personne d'urgence pour mercredi à 9h30 à Wellington afin de faire face à ce qu'il a décrit comme des spéculations croissantes sur son leadership, environ 90 jours avant les élections législatives du pays.
Luxon a annoncé la réunion sur les réseaux sociaux mardi, déclarant que les reportages des médias et les conversations privées avaient clairement indiqué que les spéculations sur la direction du parti s'intensifiaient. Il a qualifié la division et la désunion de distraction importante à un moment crucial, déclarant que la question devait être résolue rapidement pour le pays, ainsi que pour les candidats, les sympathisants et les bénévoles du Parti national.
L'annonce a suivi l'annulation soudaine par l'équipe de Luxon d'une interview prévue pour un podcast de RNZ peu de temps auparavant.
Les questions sur le leadership surviennent après une période difficile pour le Premier ministre. Plus tôt cette semaine, une conférence de presse destinée à faire pression sur l'opposition concernant les règles budgétaires s'est transformée en une discussion de Luxon sur de potentielles nouvelles taxes sous un futur gouvernement dirigé par le Parti national, notamment une augmentation de la taxe sur les carburants, une taxe sur les lits et une taxe sur les banques. Les médias locaux ont également rapporté que les députés du Parti national avaient passé lundi à répondre à des appels téléphoniques concernant un éventuel changement de leadership, un député cité déclarant qu'un changement était probable et que la seule question ouverte était de savoir qui le remplacerait.
Ces spéculations revêtent une importance particulière compte tenu de l'historique récent de renouvellement de la direction du Parti national. Luxon lui-même a pris la direction en novembre 2021 après une période turbulente au cours de laquelle le parti a vu se succéder plusieurs dirigeants — Judith Collins, Todd Muller et Simon Bridges — dans les années suivant la démission de John Key en 2016. Ce modèle d'instabilité rend toute nouvelle discussion sur la direction politiquement sensible pour un parti qui a travaillé à projeter une image de stabilité au gouvernement.
Les figures de proue du Parti national ont rapidement apporté leur soutien à Luxon. Chris Bishop et Rima Nakhle ont publiquement soutenu le Premier ministre. Bishop a confirmé qu'une réunion Zoom distincte du caucus était prévue, mais a nié que la direction en soit l'ordre du jour, décrivant de telles réunions comme n'étant pas inhabituelles pendant une semaine de pause.
Les reportages sur l'ampleur des préoccupations internes ont été mitigés. Les journalistes qui ont contacté une dizaine de députés ont reçu des réponses allant du refus de commenter au déni catégorique de l'existence de toute discussion sur la direction. Au moins un député a suggéré que le reportage avait un fondement factuel, tandis qu'un autre l'a purement et simplement rejeté comme étant absurde.
La réunion de caucus de mercredi devrait fournir l'indication la plus claire à ce jour pour savoir si les spéculations reflètent une véritable menace pour la position de Luxon ou une distraction passagère avant la campagne électorale.
Source : RNZ