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Les raffineurs chinois paient des primes record pour le pétrole brut russe ESPO

Auteur: OilPrice.com·

Points clés

  • Le brut ESPO pour livraison en novembre se négocie avec une prime de plus de 7 dollars par baril au-dessus du Brent, avec des offres allant jusqu'à 10 dollars.
  • La Chine a représenté 83 % des achats d'ESPO sur les sept premiers mois de l'année, contre 88 % un an plus tôt.
  • La part de l'Inde dans les importations d'ESPO est passée de 12 % à 16 % sur la même période, aidée par des achats chinois plus faibles et des perturbations d'approvisionnement au Moyen-Orient.
  • Depuis le plafonnement des prix du G7, le commerce de l'ESPO s'est largement déplacé vers des pétroliers et des assureurs échappant à la surveillance occidentale.
  • Les importations indiennes de brut russe ont reculé en août après le record de juillet, en raison des attaques ukrainiennes contre les infrastructures d'exportation russes et de la concurrence chinoise.
Les raffineurs chinois paient des primes record pour le pétrole brut russe ESPO

Les raffineurs chinois paient une prime élevée pour le brut ESPO de la Russie alors qu'ils cherchent un remplaçant au pétrole iranien que les raffineurs indépendants importaient avant que les États-Unis n'imposent un blocus naval à l'Iran.

Le brut de l'Est de la Sibérie vers l'océan Pacifique (ESPO), pour livraison en novembre, se négocie avec une prime de plus de 7 dollars par baril, avec des offres atteignant jusqu'à 10 dollars par baril au-dessus du Brent, a rapporté Bloomberg, citant des négociants. Ce mélange est chargé depuis la côte de l'Extrême-Orient russe et peut atteindre les acheteurs chinois en moins d'une semaine. Ce court voyage est l'une des raisons pour lesquelles l'ESPO est devenu le substitut naturel des barils iraniens pour les raffineurs indépendants « teapot » du Shandong, qui ont historiquement compté sur des bruts iraniens et russes à prix réduit pour alimenter leurs opérations de raffinage.

La Chine reste le plus grand acheteur de brut ESPO, avec une part de marché de 83 % sur les sept premiers mois de l'année. Cette part est toutefois en baisse par rapport à 88 % un an plus tôt. Cette évolution reflète des achats d'ESPO plus soutenus de la part des raffineurs indiens, dont la part de marché de ce mélange russe d'Extrême-Orient est passée de 12 % à 16 % sur les sept premiers mois de l'année, selon les données de Kpler et Vortexa. Les exportations totales de pétrole depuis le port extrême-oriental russe de Kozmino ont progressé de 6 % sur la même période.

L'Inde a augmenté ses importations d'ESPO en raison du recul des importations chinoises globales de pétrole entre mai et juin, ainsi que des perturbations d'approvisionnement au Moyen-Orient qui ont retardé de nombreux cargaisons à terme que les raffineurs indiens attendaient au début de l'été.

Les raffineurs indiens préfèrent normalement le mélange Urals, mais ils se sont familiarisés avec l'ESPO, même si celui-ci met plus de temps à atteindre ses destinations en Inde et coûte plus cher que l'Urals. Les analystes de l'énergie notent toutefois que ce mélange d'Extrême-Orient constitue une bonne option de repli pour les acheteurs indiens en période de perturbation.

Ces primes soulignent également l'exercice d'équilibre auquel sont confrontés les acheteurs de brut russe sous les sanctions occidentales. Depuis l'imposition du plafonnement des prix du G7 sur le pétrole russe, le commerce de l'ESPO s'est largement déplacé vers des pétroliers et des assureurs échappant à la surveillance occidentale, et les acheteurs doivent peser les bruts russes à prix réduit face aux coûts de fret, aux coûts liés aux sanctions et, dans le cas de la Chine, à la perte de l'approvisionnement iranien bon marché. La concurrence croissante entre raffineurs chinois et indiens pour les mêmes barils d'Extrême-Orient exerce une pression supplémentaire sur les différentiels que suivent les négociants.

Pendant ce temps, les importations indiennes de pétrole brut en provenance de Russie sont estimées en baisse en août par rapport au record de juillet, les attaques ukrainiennes contre les infrastructures d'exportation russes et la concurrence de la Chine pour les barils russes ayant entamé les volumes indiens de pétrole de Moscou.

Source : OilPrice.com — Par Irina Slav pour Oilprice.com