Le consortium de l’oléoduc caspien interrompt à nouveau ses opérations après une attaque de drone sur des pétroliers en mer Noire
Points clés
- •Le pipeline CPC a suspendu ses opérations pour la troisième fois en un mois après que des drones ukrainiens ont touché deux pétroliers à Novorossiysk, provoquant un incendie sur l’un des navires.
- •Le pipeline transporte généralement environ 1,3 million de barils par jour, soit près de 1 % de l’offre pétrolière mondiale, et constitue la principale voie d’exportation du Kazakhstan, pays enclavé.
- •La production combinée de pétrole et de condensats gaziers du Kazakhstan est tombée à environ 1 million de barils par jour un dimanche, contre une moyenne de 2,16 millions de barils par jour en juin.
- •Le CPC est une coentreprise multinationale dont les actionnaires comprennent le gouvernement russe, KazMunayGas du Kazakhstan et des sociétés pétrolières occidentales menées par Chevron.
- •Cinq pétroliers à destination de Novorossiysk ont dérouté vers la Turquie et l’Espagne ou ont changé de statut en « for orders » après les frappes de drones.

Le Caspian Pipeline Consortium (CPC) a une nouvelle fois suspendu ses opérations après des frappes de drones ukrainiens contre deux pétroliers au port russe de Novorossiysk, en mer Noire, a rapporté Reuters, citant l’exploitant de l’oléoduc.
Selon l’exploitant, les attaques de drones ont touché deux pétroliers alors qu’ils chargeaient à Novorossiysk, provoquant un incendie sur l’un des navires. À la suite de l’incident, cinq pétroliers en route vers Novorossiysk ont dérouté vers la Turquie et l’Espagne, ou ont modifié leur statut en « for orders », a indiqué Reuters.
Il s’agit de la troisième interruption du CPC en un seul mois. L’oléoduc avait rouvert seulement quelques jours plus tôt après avoir été touché par des attaques de drones antérieures. L’arrêt précédent avait duré une semaine complète, perturbant fortement les exportations du Kazakhstan et entraînant une réduction de la production de brut. Ces interruptions répétées mettent en évidence la vulnérabilité d’un corridor qui transporte généralement environ 1,3 million de barils par jour — soit près de 1 % de l’offre pétrolière mondiale — et qui ne dispose d’aucune alternative à court terme de capacité comparable pour le Kazakhstan, pays enclavé.
Des données sectorielles citées par Reuters plus tôt dans la semaine montraient que la production combinée de pétrole et de condensats gaziers du Kazakhstan était tombée à 133.200 tonnes métriques, soit environ 1 million de barils par jour, dimanche, contre une moyenne de 2,16 millions de bpd en juin.
Cette perturbation s’ajoute à la pression croissante sur les flux pétroliers mondiaux, déjà mis à rude épreuve par des interruptions persistantes du trafic maritime sur les axes de la mer Noire et du Moyen-Orient, notamment dans le golfe Persique et la mer Rouge.
L’oléoduc CPC, long de 1.500 kilomètres, achemine du brut depuis le gigantesque champ pétrolier de Tengiz, au Kazakhstan, à travers le sud de la Russie jusqu’au port de Novorossiysk, en mer Noire. Il transporte plus de 80 % des exportations de brut du Kazakhstan. Des producteurs internationaux, dont Chevron et ExxonMobil, dépendent de cette route pour acheminer la production de Tengiz vers les marchés mondiaux. Le CPC est lui-même une coentreprise multinationale, dont les actionnaires comprennent le gouvernement russe, KazMunayGas du Kazakhstan, ainsi qu’un consortium de sociétés pétrolières occidentales mené par Chevron.
Les forces ukrainiennes ciblent depuis plusieurs mois les infrastructures énergétiques russes, et le CPC a été visé à plusieurs reprises. Le plus récent arrêt d’une semaine a temporairement retiré du marché plus de 1 million de bpd de production kazakhe, accentuant les risques sur l’offre à un moment où les flux pétroliers mondiaux restent sous pression. Pour le Kazakhstan, où les recettes pétrolières et gazières représentent une part importante des revenus publics, chaque interruption prolongée entraîne des conséquences économiques qui vont au-delà du choc immédiat sur l’approvisionnement.
Source: OilPrice.com