La querelle de Trump avec le Canada coûte des milliards de dollars en tourisme perdu aux États-Unis, selon un rapport
Points clés
- •Les dépenses canadiennes liées aux voyages et aux achats aux États-Unis ont chuté jusqu’à 12,8 milliards de dollars, selon le rapport.
- •Les allers-retours du Canada vers les États-Unis ont reculé sur une base annuelle pendant 11 mois consécutifs en 2025, la plus longue baisse de ce type hors période de pandémie depuis le début des relevés en 1972.
- •Le rapport indique que les Canadiens font davantage de voyages à l’intérieur du Canada et vers d’autres pays au lieu de se rendre aux États-Unis.
- •Des données de l’Université de Toronto publiées en mai ont montré que le tourisme a baissé de 42 % pendant le second mandat de Trump, avec un impact sur de grandes villes comme Las Vegas.
- •Le tourisme international aux États-Unis a reculé de 5,5 %, tandis que les voyages des Américains à l’étranger ont augmenté de 80 % par rapport à l’année précédente.

Les droits de douane ne sont pas la principale raison pour laquelle les Canadiens n’achètent plus de biens américains. Selon le rapport, beaucoup réagissent à Donald Trump.
The Daily Beast a mis en avant de nouvelles données montrant une baisse marquée pouvant atteindre 12,8 milliards de dollars. Ce chiffre est encore inférieur à celui de 2025, lorsque Trump a déclaré vouloir prendre le contrôle du Canada et que le total a chuté d’environ 25 % à 15,6 milliards de dollars.
"The decline in Canadian travel to the U.S. marked an unprecedented shift, with return trips falling year over year for 11 straight months in 2025 — the longest sustained drop outside the pandemic era since records began in 1972," a indiqué le rapport.
Ce recul s’ajoute aux difficultés de Trump liées à sa guerre commerciale. Ses droits de douane n’ont pas généré les recettes promises et ont également renchéri le coût des biens et des courses pour les Américains. L’impact sur le tourisme est important parce que les visiteurs canadiens représentent une part importante des voyages transfrontaliers, de sorte qu’un repli prolongé peut se répercuter sur les compagnies aériennes, les hôtels, les restaurants et d’autres entreprises dépendantes de ces dépenses.
Les boycotts au Canada aggravent aussi la situation économique, alors que moins de visiteurs se rendent aux États-Unis.
"Following the change in the U.S. administration in early 2025 and the implementation of America First policies, Canadian travel sentiment shifted abruptly,” a indiqué le rapport. "Canadians are opting to travel domestically or to go to other countries outside of the U.S, taking roughly 5 million more domestic trips within Canada and 1.3 million additional trips overseas."
Trump a imposé de nouveaux droits de douane sur les produits fabriqués au Canada et renforcé l’application des règles migratoires à la frontière entre les États-Unis et le Canada.
Pendant une grande partie de sa première année au pouvoir, Trump a défendu une politique qui ferait du Canada le 51e État américain. Le Canada a réagi en réduisant les voyages vers les États-Unis et en n’achetant pas de produits américains. Même lorsque ces produits sont disponibles en magasin, les Canadiens refusent, selon le rapport, de les acheter.
Des données supplémentaires de l’Université de Toronto, publiées en mai, montrent que le tourisme a chuté de 42 % pendant le second mandat de Trump. Le boycott canadien a touché de grandes villes comme San Francisco, Houston, Grand Rapids et même Las Vegas. Les Canadiens représentent environ 17 % des voyages internationaux à destination de Las Vegas, mais cette part est désormais tombée à 7,5 %, a indiqué Politico.
La répression contre les immigrés contribue aussi au ralentissement du tourisme en provenance de l’étranger. Le tourisme international a reculé de 5,5 %, et la baisse des dépenses des visiteurs étrangers représente une perte d’environ 8 milliards de dollars. Cette baisse plus large montre que le problème ne se limite pas à un seul marché frontalier, mais affecte aussi les arrivées en provenance d’autres pays qui observent de près la politique américaine et l’application des règles à la frontière.
Il s’agit de la plus forte baisse depuis le confinement lié à la pandémie et seulement du deuxième recul en 20 ans.
Par ailleurs, les Américains voyagent eux aussi davantage à l’étranger. Le nombre d’Américains se rendant hors des États-Unis a augmenté de 80 % par rapport à l’année précédente.
“Nous étions un pays que d’autres voulaient imiter. Ce récit n’existe plus”, a déclaré Juliette Kayyem, présidente de la chaire du Homeland Security Project à la Harvard Kennedy School, sur CNN. “Les dommages à long terme, c’est que le monde ne connaîtra pas l’Amérique ... le récit des États-Unis est désormais celui d’un pays qui, au mieux, ne mérite pas le respect, et au pire, d’une démocratie en difficulté.”