Les permis de bâtir au Canada bondissent de 18,5 % en juin, dépassant largement les estimations
Points clés
- •Les permis de bâtir canadiens ont bondi de 18,5 % en juin, la plus forte augmentation mensuelle en pourcentage jamais enregistrée et bien au-dessus de la hausse de 0,8 % prévue par les économistes.
- •Les permis non résidentiels ont mené la hausse avec une augmentation de 1,8 milliard de dollars pour atteindre 6,8 milliards de dollars, largement tirés par des projets institutionnels, dont une importante installation médicale dans la région de Toronto qui a fait grimper le total de l'Ontario de 1,3 milliard de dollars.
- •Les permis résidentiels ont augmenté de 6,3 % pour atteindre 8,1 milliards de dollars, les logements multifamiliaux contribuant à hauteur de 283,7 millions de dollars et les maisons unifamiliales ajoutant 196,0 millions de dollars à la valeur des permis.
- •Le chiffre du mois précédent a été révisé à la baisse, passant d'une baisse de 1,7 % à une baisse de 3,0 %, ce qui souligne la volatilité de la série lorsque de grands projets institutionnels sont impliqués.
- •Les permis de bâtir servent d'indicateur avancé à un stade précoce, mais comme tous les projets autorisés ne se concrétisent pas en construction, les données à venir sur les mises en chantier et le PIB de la construction seront nécessaires pour confirmer si ces intentions se traduisent en activité réelle.

Les permis de bâtir canadiens ont augmenté de 18,5 % en juin, dépassant de manière spectaculaire la hausse de 0,8 % prévue par les économistes, selon les données publiées par Statistique Canada. Le chiffre du mois précédent a été révisé à la baisse, passant de -1,7 % à -3,0 %. Ce résultat représente la plus forte augmentation mensuelle en pourcentage jamais enregistrée pour cette série, soulignant la volatilité que de grands projets institutionnels peuvent introduire dans le chiffre global.
La forte hausse des intentions de construction est principalement tirée par le secteur non résidentiel, qui a ajouté 1,8 milliard de dollars à la valeur des permis. Le secteur résidentiel a contribué à une hausse plus modeste mais toujours notable de 479,7 millions de dollars. Les gains résidentiels sont remarquables dans le contexte des défis persistants en matière d'offre de logements au Canada, alors que les gouvernements fédéral et provinciaux font pression pour accélérer la construction afin de combler l'écart persistant entre la demande et la disponibilité de logements.
Les permis de bâtir servent d'indicateur avancé de l'activité de construction et de l'élan économique, car ils reflètent les intentions des promoteurs et des propriétaires fonciers d'entreprendre de nouveaux projets de construction. Les données couvrent les secteurs résidentiel et non résidentiel dans toutes les provinces canadiennes. Cependant, les permis sont un signal à un stade précoce — tous les projets autorisés ne donnent pas lieu à une construction, et les délais entre le permis et le début des travaux peuvent s'étendre sur des mois ou plus, en particulier pour les grandes constructions institutionnelles.
Le secteur non résidentiel mène la hausse
Les permis de bâtir non résidentiels ont augmenté de 1,8 milliard de dollars pour atteindre 6,8 milliards de dollars en juin, stimulés par une forte hausse des projets institutionnels. La concentration des gains dans cette catégorie reflète la nature irrégulière des dépenses en infrastructures publiques, où un seul projet majeur peut faire varier considérablement les totaux provinciaux et nationaux.
Les permis institutionnels ont augmenté de 1,5 milliard de dollars pour atteindre 3,2 milliards de dollars, principalement grâce à l'Ontario (+1,3 milliard de dollars), qui a bénéficié d'un important projet médical dans la région de Toronto. Le Québec a ajouté 238,7 millions de dollars à la catégorie institutionnelle.
Les permis industriels ont augmenté de 268,8 millions de dollars pour atteindre 1,2 milliard de dollars, menés par la Saskatchewan (+189,5 millions de dollars) et l'Ontario (+104,2 millions de dollars).
Les permis commerciaux ont augmenté de 67,9 millions de dollars pour atteindre 2,4 milliards de dollars, avec des gains répartis sur sept provinces. L'Ontario a mené la catégorie avec +106,0 millions de dollars.
Le secteur résidentiel affiche une croissance modérée
Les permis résidentiels ont augmenté de 479,7 millions de dollars, soit 6,3 %, pour atteindre 8,1 milliards de dollars.
Les permis résidentiels multifamiliaux ont augmenté de 283,7 millions de dollars pour atteindre 5,3 milliards de dollars, menés par le Québec (+201,3 millions de dollars), l'Alberta (+143,4 millions de dollars) et la Saskatchewan (+61,4 millions de dollars).
Les permis résidentiels unifamiliaux ont augmenté de 196,0 millions de dollars pour atteindre 2,8 milliards de dollars. L'Alberta a pris la tête avec +110,8 millions de dollars, suivie du Québec à +85,4 millions de dollars, tandis que la Colombie-Britannique a chuté de 30,8 millions de dollars.
Vue d'ensemble
Les gains de juin ont été généralisés dans tous les secteurs et provinces, le point fort étant le bondissement des permis de construction institutionnels, en particulier en Ontario. L'ampleur de l'augmentation mensuelle suggère une reprise significative de l'activité de construction prévue, bien que la valeur des permis ne se traduise pas nécessairement un à un en projets achevés, car tous les projets autorisés ne se concrétisent pas en construction. Les prochaines publications de données de Statistique Canada sur les mises en chantier et le PIB de la construction indiqueront davantage si ces intentions de permis se traduisent par une activité sur le terrain.