ActualitésMacroLes pays BRICS explorent le lien entre les CBDC et les systèmes de paiement rapides, selon le gouverneur de la RBI

Les pays BRICS explorent le lien entre les CBDC et les systèmes de paiement rapides, selon le gouverneur de la RBI

Auteur: Cryptopolitan·

Points clés

  • Les pays BRICS explorent la mise en relation de leurs CBDC et de leurs systèmes de paiement rapides afin de réduire les coûts des transferts transfrontaliers, même si les discussions en sont encore à un stade précoce.
  • Plusieurs membres des BRICS ont des initiatives actives de CBDC, notamment le e-CNY chinois, le pilote de roupie numérique indien lancé fin 2022 et le Drex brésilien en développement.
  • L’Inde accueille le sommet des BRICS cette année et a demandé l’inscription d’une proposition de liaison des CBDC à l’ordre du jour dans le cadre de sa stratégie d’internationalisation de la roupie.
  • Des systèmes de CBDC interopérables pourraient réduire les coûts de transaction en supprimant des couches d’intermédiaires, à l’image de l’expérimentation multi-CBDC Project mBridge impliquant la Chine, Hong Kong, la Thaïlande et les Émirats arabes unis.
  • Le gouverneur de la RBI, Malhotra, a demandé aux institutions financières indiennes d’inventorier leurs modèles d’IA et d’établir des politiques de gouvernance de l’IA approuvées par leur conseil d’administration, dans un contexte d’attention réglementaire mondiale accrue aux risques liés à l’IA.
Les pays BRICS explorent le lien entre les CBDC et les systèmes de paiement rapides, selon le gouverneur de la RBI

Les États membres des BRICS étudient des plans visant à relier leurs monnaies numériques de banque centrale (CBDC) et leurs systèmes de paiement rapides, une démarche destinée à réduire le coût des transferts transfrontaliers au sein du bloc, a déclaré mardi Sanjay Malhotra, gouverneur de la Reserve Bank of India.

S’exprimant lors d’un événement à Mumbai, Malhotra a décrit les paiements transfrontaliers comme une priorité récurrente du groupe. Il a toutefois souligné que les discussions en étaient encore à un stade précoce.

« Various options are on the table, but it is still at the discussion stage, including CBDCs and linkages of fast payment systems », a-t-il déclaré.

Le gouverneur a mis en avant la réduction des coûts comme motivation principale : « Cross-border payments is an area of interest for all of us, including the BRICS, because we feel there is a lot of scope for reducing cost. »

Le coût et les frictions des paiements transfrontaliers constituent depuis longtemps une préoccupation pour les économies émergentes, où les frais de transfert et les coûts de conversion de devises peuvent absorber une part importante des montants des envois de fonds et du règlement du commerce. Le G20 a fait de l’efficacité des paiements transfrontaliers une priorité mondiale, et les banques centrales du monde entier ont lancé des pilotes de CBDC ainsi que des accords bilatéraux de liaison des systèmes de paiement dans le cadre de cet effort.

Comment des CBDC reliées pourraient réduire les coûts

Les CBDC sont des versions numériques de la monnaie officielle d’un pays, émises directement par sa banque centrale. Plusieurs membres des BRICS ont déjà des initiatives de CBDC en cours — le e-CNY chinois en est à des phases avancées de test, et la RBI mène depuis fin 2022 un pilote de roupie numérique pour les usages de gros et de détail. Le Brésil, autre membre des BRICS, développe également sa CBDC, Drex.

L’établissement d’une interopérabilité entre ces monnaies numériques permettrait aux paiements de circuler plus directement entre les pays, en contournant les multiples couches d’intermédiaires qui traitent traditionnellement les transferts internationaux, et donc de réduire le coût de chaque transaction.

Une infrastructure de paiement fondée sur des CBDC reliées fonctionnerait différemment des canaux traditionnels, avec pour objectif de permettre aux particuliers et aux entreprises d’envoyer de l’argent à l’étranger plus rapidement via les circuits de paiement nationaux qu’ils utilisent déjà. Le concept fait écho à des expérimentations multi-CBDC antérieures comme Project mBridge, une plateforme de règlement transfrontalier impliquant les banques centrales de la Chine, de Hong Kong, de la Thaïlande et des Émirats arabes unis, qui a démontré le règlement en plusieurs CBDC sur un registre partagé.

Par ailleurs, la liaison des systèmes de paiement rapides s’appuierait sur des infrastructures nationales déjà en place dans plusieurs pays des BRICS, notamment l’UPI en Inde et Pix au Brésil, qui ont ensemble traité des milliards de transactions et fortement réduit le coût des paiements numériques domestiques.

L’Inde cherche à internationaliser la roupie

Malhotra a confirmé que la RBI poursuivra ses efforts pour internationaliser la roupie indienne et promouvoir l’utilisation des monnaies locales pour le commerce et les paiements transfrontaliers.

L’Inde accueille cette année le sommet des BRICS, la réunion annuelle initialement formée par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, et qui s’est depuis élargie à d’autres membres. La RBI avait précédemment demandé au gouvernement indien d’inclure une proposition de liaison des CBDC à l’ordre du jour du sommet plus tôt en 2026. L’objectif plus large de l’Inde d’internationaliser sa monnaie est un facteur clé de l’élan en faveur de l’établissement de liens entre les CBDC au sein des pays BRICS.

Appel à une gouvernance de l’IA dans les banques indiennes

Par ailleurs, Malhotra a abordé l’utilisation de l’intelligence artificielle par les banques et institutions financières indiennes. Il leur a demandé de recenser chaque modèle d’IA actuellement utilisé au sein de leurs organisations et d’adopter des politiques de gouvernance de l’IA approuvées par leurs conseils d’administration. Ses propos interviennent alors que les régulateurs financiers du monde entier élaborent des cadres pour traiter les risques liés à l’adoption de l’IA dans le secteur financier, notamment la transparence des modèles, la confidentialité des données et les biais algorithmiques.