Après le divorce avec Cell C, Blu Label mise sur l’électricité
Points clés
- •Blu Energy a obtenu en février 2026 une licence pluriannuelle de trading d’électricité délivrée par le régulateur sud-africain.
- •Blu Label dit avoir identifié environ 400MW de capacité électrique et viser un déploiement allant jusqu’à 180MW à court terme.
- •Le groupe a déjà contractualisé 28MW de solaire en toiture et prévoit que certains projets au sol démarreront au troisième ou au quatrième trimestre de 2026.
- •Blu Label affirme avoir déployé plus de 50,000 compteurs électriques et considère la facturation et le recouvrement municipaux comme une opportunité majeure.
- •La restructuration de Cell C a entraîné une perte nette de R5.19 billion pour Blu Label, même si le chiffre d’affaires normalisé, l’EBITDA et le bénéfice core headline sont restés positifs.

Cell C, c’est terminé. L’électricité prend le relais pour Blu Label
Blu Label, le groupe sud-africain de distribution numérique, a bâti son activité autour du temps d’antenne, des bons et des paiements avant de faire une percée majeure dans les télécoms via Cell C. Il vise désormais un marché d’infrastructure bien plus vaste : l’électricité.
Le groupe positionne Blu Energy, son unité énergie, sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’électricité, du trading et du wheeling d’électricité à la production renouvelable, au stockage par batteries et à la facturation municipale. En février 2026, Blu Energy a obtenu de la National Energy Regulator of South Africa (NERSA) une licence pluriannuelle de trading d’électricité. Le groupe dit avoir identifié environ 400MW de capacité potentielle, avec un plan de déploiement allant jusqu’à 180MW à court terme.
Blu Label affirme vouloir utiliser les infrastructures de paiement, de distribution et municipales qu’il a développées au fil des décennies pour jouer le rôle d’intermédiaire entre producteurs d’électricité, municipalités et grands consommateurs.
« Nous avons le trading, nous avons le wheeling, et la priorité plus large pour nous est de savoir comment commencer à déployer de l’énergie verte de ce côté du réseau municipal, où nous nous raccordons directement au réseau municipal », a déclaré Mark Levy, co-directeur général (CEO) de Blu Label, à TechCabal.
Il a indiqué que le groupe entend participer à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement électrique, notamment au trading, au wheeling, à la « nodal production », au stockage par batteries et à la mise à disposition de l’électricité à différents moments de la journée.
Blu Label est le principal actionnaire de Cell C, avec une participation de 49.53% dans l’opérateur mobile. Ses derniers résultats, publiés mercredi, montrent que cette nouvelle stratégie énergétique s’appuie sur une activité électrique déjà existante. Les revenus liés à l’électricité générés pour le compte des services publics ont augmenté de 11% à R24.3 billion ($1.52 billion) sur l’année, même si les commissions ont reculé de 10% à R144 million ($9 million) sous la pression des marges.
Cette pression explique en partie pourquoi Blu Label remonte davantage dans la chaîne de valeur de l’électricité. Levy a indiqué que le groupe veut capter de la valeur au-delà des commissions de distribution, tout en continuant d’utiliser les infrastructures déjà en place. Il a déjà contractualisé 28MW de capacité solaire en toiture, tandis que son pipeline plus large comprend des projets au sol, avec des premiers déploiements attendus au troisième ou au quatrième trimestre de 2026.
Blu Label voit aussi une opportunité de l’autre côté de l’équation électrique : s’assurer que les municipalités facturent et recouvrent les montants qui leur sont dus.
Le groupe affirme avoir déployé plus de 50,000 compteurs et disposer de 10,000 à 15,000 autres dans son pipeline. Levy a qualifié la sécurisation des revenus municipaux de « sleeping giant », évoquant environ R30 billion ($1.9 billion) de revenus qui ne sont pas correctement facturés ou recouvrés.
Mais cette poussée dans l’énergie intervient alors que le groupe sort de l’une des périodes les plus perturbatrices de son histoire, après sa longue et coûteuse tentative de redressement de Cell C.
L’introduction en bourse et la restructuration de Cell C ont simplifié le bilan du groupe et laissé Blu Label avec une participation de 49.53% dans l’opérateur coté. Elles ont aussi entraîné un lourd impact comptable. Le groupe coté à la Johannesburg Stock Exchange a enregistré une perte nette de R5.19 billion ($324.4 million) liée à Cell C, incluant une perte de R6 billion ($375 million) sur la cession de son investissement, partiellement compensée par un gain de réévaluation de R841 million ($52.6 million).
Cela a fait basculer l’EBITDA publié, Earnings Before Interest, Tax, Depreciation and Amortisation (EBITDA), en perte de R4.77 billion ($298.2 million), contre un bénéfice de R1.60 billion ($100 million) un an plus tôt. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires est également passé à une perte de R4.88 billion ($305 million), contre un bénéfice de R2.48 billion ($155 million).
En excluant toutefois Cell C et les effets de restructuration, le tableau est nettement différent. Blu Label a publié un chiffre d’affaires normalisé de R9.4 billion ($589.6 million), un EBITDA de R923 million ($57.7 million) et un bénéfice core headline de R681 million ($42.6 million).
Brett Levy, l’autre co-CEO du groupe, a déclaré que Blu Label se concentre désormais davantage sur l’utilisation de sa technologie et de ses données. Il a aussi identifié la monétisation des données comme une opportunité majeure, estimant que le groupe a passé environ 20 ans à développer des technologies propriétaires et des capacités de données.
La séparation d’avec Cell C donne à cette stratégie davantage d’espace pour se développer. Blu Label a reçu R2.7 billion ($168.8 million) après avoir réduit de 30% sa participation dans Cell C, tandis que la trésorerie et les équivalents de trésorerie ont augmenté de R1.8 billion ($112.5 million).
La prochaine étape du groupe consiste donc moins à sauver un opérateur télécom qu’à trouver de nouvelles façons de monétiser les infrastructures qu’il détient déjà.
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