Sénateurs des deux partis sous pression alors que la Maison-Blanche retarde l'investiture de Jay Clayton au poste confirmé de directeur du renseignement national
Points clés
- •Jay Clayton a été confirmé par le Sénat au poste de nouveau directeur du renseignement national mardi, mais la Maison-Blanche ne l'a pas encore investi dans ses fonctions.
- •Bill Pulte continue d'assurer les fonctions de directeur du renseignement national par intérim tandis que le remplaçant confirmé reste dans l'incapacité d'assumer le rôle.
- •Les sénateurs démocrates Ron Wyden et Mark Warner ont qualifié ce retard de sans précédent, déroutant et préoccupant.
- •Les sénateurs républicains, dont James Lankford et Mike Rounds, font pression pour l'investiture immédiate de Clayton, notant que certaines décisions ne peuvent être prises que par un responsable confirmé par le Sénat.
- •L'incertitude quant à la direction coïncide avec les efforts du Congrès pour réautoriser l'article 702 de la FISA, un pouvoir de surveillance clé régissant la collecte de communications électroniques de personnes non américaines à l'étranger.

La décision de la Maison-Blanche de retarder l'investiture de Jay Clayton au poste de nouveau directeur du renseignement national suscite une inquiétude bipartisane au Sénat, les démocrates tirant la sonnette d'alarme et les républicains appelant à une action rapide, a rapporté The Hill vendredi.
Le Sénat a confirmé mardi le procureur américain Jay Clayton au poste de nouveau directeur du renseignement national, en remplacement de Bill Pulte, qui occupait une fonction que le président Donald Trump avait qualifiée de temporaire. Le directeur du renseignement national supervise la communauté du renseignement américain, qui regroupe 18 agences, et sert de principal conseiller en matière de renseignement du président, un poste créé par la loi de réforme du renseignement de 2004 pour coordonner le renseignement national à la suite des attentats du 11 septembre. Cependant, la Maison-Blanche n'a pas suivi le protocole habituel consistant à investir immédiatement un responsable nouvellement confirmé.
Au lieu de cela, Clayton reste dans l'attente tandis que Pulte continue d'exercer les fonctions de directeur du renseignement national — une situation qui a dérouté et frustré les sénateurs des deux bords politiques. Ce retard intervient à un moment où le Congrès est également aux prises avec la réautorisation de pouvoirs de surveillance clés, rendant le vide à la direction du plus haut poste du renseignement national particulièrement conséquent pour les législateurs.
Les démocrates expriment l'alarme
Le sénateur Ron Wyden (D-OR) a qualifié la situation de « spectaculairement bizarre », notant qu'il n'avait jamais rencontré une telle pratique dans son expérience, avant de concéder : « C'est comme ça avec ces gens-là. »
Le sénateur Mark Warner (D-VA), le principal démocrate au sein de la commission du renseignement du Sénat, a qualifié le retard de « stupéfiant » avant de préciser : « de manière horrible. » Il a décrit la situation comme « déroutante. »
Les républicains appellent à une action rapide
Les sénateurs républicains, sans critiquer directement Pulte, ont exprimé leur empressement à voir Clayton prendre le relais.
Le sénateur James Lankford (R-OK) a déclaré : « Je suis prêt à ce que Jay soit investi. Je n'ai rien contre Bill à ce sujet, mais nous avons un titulaire permanent. J'aime avoir une personne permanente à ce poste. Une fois qu'il est confirmé, mettons-le en place car il y a certaines décisions qui ne peuvent être prises que par la personne effectivement confirmée par le Sénat. »
Le sénateur Mike Rounds (R-SD) a déclaré à The Hill : « Jay Clayton est la bonne personne pour ce poste. Plus vite nous pourrons le mettre en place, mieux ce sera, et plus vite nous pourrons reprendre l'élaboration des textes législatifs supplémentaires dont nous avons besoin. La FISA 702 doit être remise en place le plus rapidement possible. »
La référence de Rounds à l'article 702 de la FISA souligne un enjeu législatif parallèle : cette disposition, qui autorise la communauté du renseignement à collecter les communications électroniques de personnes non américaines situées à l'étranger sans ordonnances judiciaires individualisées, a été un sujet récurrent des débats de réautorisation au Congrès, opposant les priorités de sécurité nationale aux préoccupations en matière de libertés civiles.
La Maison-Blanche n'a pas répondu aux demandes de commentaire concernant ce retard ou la raison pour laquelle Pulte reste en fonction.