ActualitésMacroLa Banque du Japon maintient son taux à 1 % tout en signalant des perspectives d'inflation haussières

La Banque du Japon maintient son taux à 1 % tout en signalant des perspectives d'inflation haussières

Auteur: Cryptopolitan·

Points clés

  • La Banque du Japon a voté à 8 contre 1 le maintien de son taux d'intérêt directeur à 1 %, le membre du conseil Hajime Takata exprimant une opinion dissidente en faveur d'une hausse à 1,25 %.
  • La banque centrale a adopté des perspectives haussières malgré le maintien des taux, prévoyant que l'inflation core dépasse 2 % à partir du second semestre de l'exercice fiscal.
  • Le Japon aurait mené une intervention d'achat de yen sur les marchés des changes pour la première fois en trois mois, alors que la monnaie s'échangeait près de ses plus bas sur 40 ans face au dollar.
  • La BoJ a abaissé sa prévision d'inflation core pour l'exercice 2026 à 2,5 %, contre les 2,8 % projetés en avril, tout en exprimant sa conviction qu'un dépassement de la cible d'inflation suivrait.
  • Le gouverneur Kazuo Ueda fait face à une tension entre un gouvernement réticent à resserrer davantage et un marché obligataire qui a déjà anticipé des hausses de taux supplémentaires.
La Banque du Japon maintient son taux à 1 % tout en signalant des perspectives d'inflation haussières

La Banque du Japon a voté le 31 juillet le maintien de son taux d'intérêt directeur à 1 %, une décision largement attendue par les économistes après la hausse de juin à un sommet de 31 ans. La banque centrale serait également intervenue sur les marchés des changes pour défendre le yen, qui s'échangeait près de ses plus bas sur 40 ans. Ce maintien intervient à un moment charnière pour le Japon, dernière grande économie à sortir d'une politique monétaire ultra-accommodante, alors que d'autres banques centrales — dont la Réserve fédérale américaine — s'orientent vers un assouplissement.

Le conseil de la politique monétaire a voté à 8 contre 1 pour maintenir le taux directeur inchangé. Le membre du conseil Hajime Takata a exprimé une opinion dissidente pour la deuxième réunion consécutive, plaidant pour une hausse à 1,25 % alors que les perspectives d'inflation penchaient vers le hausse, selon des rapports. Cette dissidence souligne un débat interne émergent au sein de la BoJ sur la vitesse à laquelle normaliser la politique après des années de taux négatifs.

Si les économistes anticipaient un maintien, les marchés étaient concentrés sur le ton que la BoJ adopterait à l'avenir. Dans son rapport de perspectives, la banque centrale a adopté une posture nettement haussière, avertissant que l'inflation core devrait s'accélérer et projetant qu'elle dépasse 2 % à partir du second semestre de l'exercice fiscal.

Des perspectives d'inflation haussières malgré le maintien

L'inflation core du Japon pour juillet s'est établie à 1,6 %, ce qui signifie qu'elle est restée sous la cible de 2 % de la BoJ pendant la majeure partie de l'année. Néanmoins, la banque centrale a réduit sa prévision d'inflation core pour l'exercice 2026 à 2,5 %, contre les 2,8 % projetés en avril. En surface, cette révision à la baisse paraît colombe.

Cependant, les responsables de la BoJ ont souligné des chiffres à court terme plus faibles tout en exprimant une conviction plus ferme quant à un dépassement de la cible d'inflation ultérieurement. La BoJ a soutenu que ce dépassement serait entraîné par les coûts d'importation liés à un yen faible, par la résilience du pouvoir de fixation des prix des entreprises et par les effets persistants du choc énergétique lié au Moyen-Orient survenu plus tôt cette année.

Les économistes anticipaient un creux à court terme associé à un avertissement de plus longue échéance, prédisant que la BoJ enverrait un signal haussier malgré le maintien des taux.

Les marchés suivaient de près la conférence de presse du gouverneur Kazuo Ueda à l'issue de la décision. De nombreux analystes estimaient que, malgré la vote majoritaire de maintien, la posture politique seule pouvait faire varier fortement le yen.

Les analystes étaient divisés sur la question de savoir si la prochaine hausse de taux interviendrait en octobre ou serait reportée à décembre. Ueda fait face au défi de concilier un gouvernement sous la direction du Premier ministre Sanae Takaichi — qui a montré un appétit limité pour un resserrement supplémentaire — avec un marché obligataire qui anticipe déjà des mesures additionnelles. Cette tension met en lumière une dynamique plus large au Japon, où les dirigeants politiques ont historiquement favorisé un yen faible pour soutenir les exportateurs, même si la hausse des coûts d'importation pèse sur les ménages.

L'intervention sur le yen ajoute une couche supplémentaire de complexité

La BoJ serait également intervenue directement sur les marchés des changes dans les heures précédant la décision sur les taux. Des sources ont indiqué que le Japon avait mené une intervention d'achat de yen et de vente de dollars à New York jeudi, marquant la première opération de ce type en trois mois. Le yen avait glissé vers un plus bas sur 40 ans face au dollar, menaçant de gonfler davantage le coût de l'énergie et des denrées alimentaires importées.

En 2026, la faiblesse persistante du yen a été entraînée par trois pressions concomitantes : un écart important entre les taux d'intérêt américains et japonais qui maintient le carry trade ; des prix du carburant élevés découlant des tensions dans le détroit d'Ormuz ; et le scepticisme du marché quant à la volonté de la BoJ de resserrer suffisamment vite pour combler l'écart de taux. Le carry trade — dans lequel les investisseurs empruntent dans des devises à faible rendement comme le yen pour investir dans des actifs à plus haut rendement ailleurs — a amplifié la pression à la baisse à mesure que l'écart de taux demeure important.

Ces facteurs ont poussé le rendement de l'obligation d'État japonaise à 10 ans de référence à 2,8 %, un signal que les investisseurs obligataires anticipent déjà un resserrement supplémentaire de la banque centrale.