Premier League : les propriétaires américains dominent désormais plus de la moitié des 20 clubs
Points clés
- •Onze clubs de Premier League ont une participation majoritaire ou déterminante détenue par une société ou un individu américain.
- •Les propriétaires britanniques représentent 20 % des clubs de Premier League cette saison.
- •Manchester City et Newcastle United sont les principaux exemples de l’influence des fonds souverains dans le championnat.
- •La propriété européenne reste présente à travers Nottingham Forest, Sunderland et Hull City.
- •L’UEFA et la Premier League ont durci leurs règles sur la multi-propriété de clubs et les questions de concurrence associées.

La Premier League fait son retour ce soir pour sa 35e saison, ses clubs étant désormais établis comme des actifs marchands négociés par certains des investisseurs les plus riches et les plus influents du monde.
Du capital-investissement aux milliardaires individuels en passant par les fonds souverains, cette génération de 20 propriétaires — renouvelée cette saison avec Hull City, Coventry City et Ipswich Town, qui remplacent Burnley, West Ham United et Wolverhampton Wanderers dans l’élite — pourrait bien être la plus fortunée de l’histoire de la compétition.
Cette composition compte bien au-delà des conseils d’administration. La propriété détermine désormais la capacité de dépense sur le marché des transferts, la stratégie de stade et, de plus en plus, la question de savoir si les clubs sont gérés comme des institutions locales ou comme des actifs médiatiques mondiaux — d’où une attention portée à l’identité des acquéreurs presque aussi soutenue que celle réservée au football lui-même.
Mais qui donc possède la Premier League ?
Les propriétaires américains dominent le paysage
De plus en plus, la réponse se trouve de l’autre côté de l’Atlantique. Au total, 11 clubs de Premier League ont une participation majoritaire, ou leur participation la plus déterminante, détenue par une société ou un individu américain.
Cette évolution se prépare depuis deux décennies. Elle a débuté avec le rachat à effet de levier de Manchester United par la famille Glazer en 2005 et l’acquisition de Liverpool par Fenway Sports Group en 2010, et elle s’est accélérée à mesure que les propriétaires de franchises américaines évoluant en ligues fermées — NFL, NBA et MLB notamment — cherchaient une croissance dans une compétition qui comporte un risque de relégation mais une portée mondiale inégalée.
Arsenal appartient à Kroenke Sports & Entertainment, dont le portefeuille comprend également les Los Angeles Rams, les Denver Nuggets et d’autres franchises américaines, tandis que Shahid Khan, propriétaire des Jacksonville Jaguars, contrôle Fulham.
Les propriétaires d’Aston Villa, V Sports, bénéficient d’un important soutien américain, et Black Knight Football Club, qui détient les Exeter Chiefs, possède également Bournemouth. Chelsea appartient à Clearlake Capital, le fonds de capital-investissement qui a piloté le rachat de 2022 mettant fin à la propriété de Roman Abramovich, longue de près de deux décennies, Todd Boehly et Mark Walter, ancien propriétaire des LA Lakers, étant vraisemblablement en train de chercher à céder leurs participations, tandis que l’achat par Woody Johnson des parts de John Textor dans Crystal Palace maintient l’influence américaine à Selhurst Park.
Everton évolue sous pavillon américain après son rachat par le Friedkin Group, dont la prise de contrôle s’est achevée fin 2024 au terme d’une longue quête de nouveaux investissements, tandis qu’Ipswich Town et Leeds United sont contrôlés respectivement par Gamechanger 20 et 49ers Enterprises.
Liverpool demeure sous l’égide de Fenway Sports Group malgré un investissement de Jeff Bezos au sein d’un consortium dirigé par des personnalités britannico-indiennes, et Manchester United, autre membre du Big Six, reste entre les mains de la famille Glazer malgré une participation importante détenue par le milliardaire britannique Sir Jim Ratcliffe, dont l’accord a confié la gestion quotidienne des opérations footballistiques à son groupe Ineos.
Les propriétaires britanniques forment le deuxième groupe
Le plus important bloc de propriétaires après les Américains est britannique : 20 % des clubs de cette saison de Premier League appartiennent à des personnes de ces rivages.
Brighton and Hove Albion est contrôlé par Tony Bloom, passionné de courses de chevaux, tandis que Brentford est l’un des deux clubs londoniens détenus par des Britanniques. À la participation de Matthew Benham dans les Bees s’ajoute ENIC, qui détient la majorité de Tottenham Hotspur. Coventry City, de retour dans l’élite, est dirigé par Doug King.
Bloom comme Benham ont bâti leur fortune dans les paris professionnels et l’analyse de données sportives, un chemin vers les conseils d’administration qui a depuis modifié la façon dont les clubs de Premier League recrutent leurs joueurs et évaluent les transferts.
Les fonds souverains
Les fonds souverains ne se sont pas encore implantés massivement dans la Premier League, mais leur présence s’est révélée déterminante là où ils sont arrivés.
À l’Etihad, la propriété de longue date de Manchester City par le City Football Group — sous l’impulsion du cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan et d’Abu Dhabi United Group — a permis au club bleu de la grande ville du nord de dominer au cours de la dernière décennie. Sur les rives de la Tyne, le soutien du Fonds public d’investissement saoudien depuis sa prise de contrôle en 2021 a permis à Newcastle United de remporter la Coupe de la Ligue.
Ces deux arrivées liées à des États ont alimenté un long débat sur le rôle des richesses nationales dans le football anglais, sans pour autant ralentir le flux de capitaux institutionnels vers la compétition.
Une présence européenne
La propriété issue de l’Europe continentale demeure également, avec Evangelos Marinakis aux commandes de Nottingham Forest, le Franco-Suisse Kyril Louis-Dreyfus à Sunderland et le groupe de médias turc Acun Medya au nouvellement promu Hull City.
La suite sera façonnée autant par les instances réglementaires que par les acquéreurs. L’UEFA interdit, sans approbation préalable, à des clubs partageant un même propriétaire de disputer la même compétition européenne, et la Premier League a renforcé ses propres règles sur la multi-propriété de clubs — des contraintes que toute nouvelle vague d’investissements américains, étatiques ou multi-clubs devra négocier.