La porte-parole de la Maison-Blanche Katie Zacharia quitte ses fonctions après cinq jours, entre briefing raté et controverse sur ses diplômes
Points clés
- •Le passage de Katie Zacharia comme porte-parole de la Maison-Blanche s'est achevé vendredi après seulement cinq jours.
- •Le président Trump a déclaré avoir conseillé à Zacharia de reconsidérer sa fonction, tout en affirmant publiquement qu'elle avait souffert aux mains de la presse.
- •Son briefing d'introduction a suscité des critiques immédiates, un présentateur interrompant la diffusion de ses environ 14 minutes de prestation après moins de trois minutes.
- •Une recherche indépendante dans les registres n'a trouvé aucune preuve que Zacharia ait jamais détenu de licence d'exercice du droit dans une juridiction américaine, bien qu'elle et le président l'aient présentée à plusieurs reprises comme avocate diplômée.
- •Les documents montrent qu'elle a été diplômée de la faculté de droit de l'université Pepperdine en 2011 mais a échoué à l'examen du barreau de Californie, et des juristes ont averti que son rôle de « conseil juridique » au sein de Fix California aurait pu enfreindre les règles relatives à l'exercice illégal du droit.

Le passage de la porte-parole de la Maison-Blanche, Katie Zacharia, a brutalement pris fin vendredi, cinq jours seulement après sa prise de fonction. Son départ a fait suite à une première prestation mal reçue à la tribune des briefings et à une controverse rapide sur ses qualifications professionnelles. La porte-parole de la Maison-Blanche est la porte-voix principale de l'administration, et les briefings télévisés constituent le point de contact le plus visible entre la Maison-Blanche et la presse.
Le président Donald Trump a annoncé ce départ sur la pelouse Sud, racontant aux journalistes une conversation au cours de laquelle il avait encouragé sa porte-parole à démissionner, présentant ce départ comme un geste de considération plutôt que comme un licenciement. « Je lui ai dit : honnêtement, si j'étais toi, je réfléchirais à deux fois », a déclaré Trump, tout en affirmant publiquement que Zacharia avait « souffert aux mains de la presse ». Quelques heures plus tard, les médias confirmaient son départ officiel.
Katie Zacharia avait été choisie mardi pour remplacer Karoline Leavitt. Son briefing d'introduction a immédiatement été critiqué, laissant les journalistes chevronnés stupéfaits. Durant ses environ 14 minutes à la tribune, elle a passé l'essentiel de son temps à lire des propos d'introduction maladroits et fragmentés, les yeux rivés sur ses notes. Ana Navarro, de l'émission The View, a remarqué sans détour que « les élèves de CE1 lisent mieux ». Les présentateurs des chaînes d'information ont été si peu impressionnés par le spectacle que Stephanie Ruhle, de MS NOW, a interrompu la diffusion du briefing après moins de trois minutes. Dans un lapsus notable, Zacharia a désigné Trump comme son mari à un moment donné, avant de n'accepter que trois questions et de quitter la salle.
Le catalyseur le plus décisif a toutefois été la rapidité avec laquelle son parcours professionnel s'est déliter. Zacharia comme le président l'avaient présentée à plusieurs reprises au public comme une « avocate » dûment diplômée. Une recherche indépendante dans les registres n'a trouvé aucune preuve que Zacharia ait jamais détenu de licence d'exercice du droit en Californie ni dans une autre juridiction américaine. Les documents confirment qu'elle a été diplômée de la faculté de droit de l'université Pepperdine en 2011, mais qu'elle a échoué à l'examen du barreau de Californie. Des juristes ont averti qu'en se présentant comme « conseil juridique » de Fix California, le groupe de plaidoyer conservateur dirigé par Ric Grenell, Zacharia aurait pu enfreindre la loi interdisant l'exercice illégal du droit. Ces règles, enueur dans toutes les juridictions américaines, interdisent en général d'exercer le droit ou de se présenter comme avocat sans licence active.
Interpellée sur le tarmac par des journalistes sur le lieu où elle avait réellement réussi l'examen du barreau, Zacharia a donné une réponse confuse : « Quand j'ai déménagé en Chine. » Elle a ensuite affirmé avoir mal entendu la question en raison du vacarme de Marine One.
Ses tentatives de gestion de la crise via des passages télévisés se sont révélées vaines. Lors d'une apparition jeudi soir sur Fox News, le présentateur Sean Hannity l'a confrontée à ses propres mensonges, revenant sur sa longue histoire d'apparitions médiatiques et de publications sur les réseaux sociaux où elle revendiquait le titre d'avocate. Sa défense — suggérant timidement que ces publications « étaient des retweets » — n'a pas endigué les critiques. Vendredi matin, une Zacharia sur la défensive est passée à la télévision pour se plaindre que les « médias traditionnels » faisaient d'elle un sujet de conversation inutile. Quelques heures plus tard, elle était partie.
Les cinq jours de Zacharia au poste constituent un passage inhabituellement bref pour une fonction dont les titulaires servent généralement bien plus longtemps. Les critiques ont décrit son ascension et sa chute rapides comme un récit édifiant sur le favoritisme, et comme la preuve de ce qu'ils qualifient d'approfondissement de la crise de compétence aux plus hauts niveaux du gouvernement. L'attention se porte désormais sur la personne qui comblera la vacancy à la tribune des briefings.