Microsoft mène le rebond des actions américaines après la déroute de mercredi
Points clés
- •Le S&P 500 a progressé de 0,9 % et le Nasdaq a bondi de 1,8 % jeudi, récupérant une part importante des pertes de la forte baisse de la séance précédente.
- •L’action Microsoft a gagné 15,2 % après des bénéfices trimestriels supérieurs aux attentes, portés par la croissance d’Azure, sans signaler d’augmentation majeure des dépenses d’investissement liées à l’IA.
- •Meta Platforms a reculé de 8,9 % après avoir publié un bénéfice trimestriel inférieur aux attentes de Wall Street et relevé la borne basse de sa fourchette de dépenses d’investissement prévue pour l’année.
- •Les valeurs des semi-conducteurs et de la mémoire ont fortement rebondi, avec Lam Research en hausse de 18,3 %, Micron Technology de 8,4 % et Advanced Micro Devices de 7,3 %.
- •Les données économiques ont montré un ralentissement de la croissance du PIB américain plus marqué qu’attendu au printemps, tandis que l’inflation est restée au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale.

Les actions américaines ont fortement rebondi jeudi, portées par les résultats exceptionnels de Microsoft et par un rebond des valeurs des semi-conducteurs, qui ont permis d’effacer une partie des pertes subies lors de la séance précédente.
Le S&P 500 a progressé de 0,9 %, récupérant plus de la moitié de son repli de mercredi, qui avait constitué sa pire séance depuis sept semaines. Le Dow Jones Industrial Average gagnait 250 points, soit 0,5 %, à 9 h 35, heure de l’Est. Le Nasdaq composite, fortement exposé aux valeurs des puces et aux sociétés liées à l’intelligence artificielle, a bondi de 1,8 %, au lendemain d’un recul de 9,8 % sous son record établi le mois dernier.
Les résultats de Microsoft alimentent le rebond
Microsoft a mené la hausse du marché, avec un bond de 15,2 % après avoir հրապարակé un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes des analystes. Le groupe a fait état d’une forte croissance de son activité de cloud Azure, et son directeur général Satya Nadella a déclaré que cela reflète la manière dont les clients utilisent Microsoft pour passer à l’IA.
Point tout aussi important pour Wall Street, Microsoft n’a pas annoncé de forte hausse de ses dépenses prévues en investissements liés à l’IA, contrairement à plusieurs autres grands rivaux technologiques. Cette distinction importait alors que les marchés s’interrogeaient encore sur la capacité du boom des dépenses liées à l’IA à se traduire assez rapidement par un soutien aux bénéfices pour justifier la hausse rapide du secteur.
La déception de Meta souligne les inquiétudes sur les dépenses
Meta Platforms a illustré ces craintes, avec un recul de 8,9 % de son action. La maison mère de Facebook et Instagram a publié un bénéfice trimestriel inférieur aux attentes de Wall Street, malgré un chiffre d’affaires légèrement supérieur aux prévisions. Des analystes ont notamment relevé la décision du groupe de relever la borne basse de sa fourchette de dépenses d’investissement prévue pour l’année.
Rebond des valeurs des puces et de la mémoire
Les sociétés qui fournissent de la mémoire informatique et des processeurs aux grands fournisseurs d’infrastructure cloud — les « hyperscalers » — ont progressé jeudi, effaçant une partie des lourdes pertes récentes provoquées par la crainte que l’euphorie autour de l’IA ait poussé leurs valorisations trop haut, trop vite. Ces mouvements ont également montré à quel point le marché dans son ensemble reste lié à un petit groupe de géants technologiques et aux fournisseurs qui alimentent l’expansion de leurs centres de données.
Micron Technology a bondi de 8,4 %, réduisant sa baisse hebdomadaire à 13 % et comptant parmi les principaux soutiens du S&P 500 derrière Microsoft. Lam Research a grimpé de 18,3 %, tandis qu’Advanced Micro Devices a progressé de 7,3 %.
Stabilisation des rendements du Trésor
Les marchés actions ont également bénéficié d’une stabilisation des rendements des obligations du Trésor à long terme, qui a ralenti les fortes hausses observées la veille. Le rendement du Treasury à 10 ans est retombé à 4,65 %, contre 4,67 % mercredi soir. Le rendement du Treasury à 30 ans s’est maintenu à 5,20 %, au lendemain d’une envolée à partir de 5,09 %.
Ces rendements avaient bondi mercredi après que le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a donné peu d’indications sur les prochaines mesures de la banque centrale face à une inflation toujours très élevée et encore préjudiciable au pays. Des rendements plus élevés peuvent contribuer à contenir l’inflation, mais ils peuvent aussi ralentir l’économie et peser sur les cours des actions et d’autres placements.
Les données publiées jeudi ont suggéré que la croissance de l’économie américaine a ralenti davantage au printemps qu’attendu par les économistes, tandis que l’inflation du mois dernier est restée supérieure à l’objectif de la Réserve fédérale, sans toutefois être aussi forte que prévu.
Sur le marché pétrolier, les prix ont ralenti leurs mouvements marqués récents provoqués par l’intensification des combats au Moyen-Orient. Le Brent, référence internationale, a reculé de 1,5 % à 86,79 dollars le baril. Il a oscillé entre 72 dollars au plus bas plus tôt ce mois-ci et 102 dollars au plus haut la semaine dernière, dans un contexte d’incertitude sur la possibilité pour les États-Unis et l’Iran de parvenir à un accord permettant aux pétroliers de circuler à nouveau librement du Moyen-Orient vers les clients du monde entier.
Les journalistes économiques de l’AP Chan Ho-him et Matt Ott ont contribué à ce reportage.
Cet article a été initialement publié sur Fortune.com