L’utilisation des raffineries américaines atteint 96,2 % alors que les marchés mondiaux des carburants se tendent
Points clés
- •Le taux d’utilisation des raffineries américaines a atteint 96,2 % au 17 juillet, contre 94,7 % durant la même semaine en 2025.
- •Les régions de raffinage du Midwest et des Rocheuses fonctionnaient à 100 % d’utilisation, selon l’EIA.
- •Les stocks commerciaux américains de brut sont environ 6 % inférieurs à la moyenne sur cinq ans pour cette période de l’année, malgré une récente hausse modérée.
- •Les contrats à terme de gros sur le diesel aux États-Unis ont augmenté de 26 % depuis le début de juillet alors que les marchés des carburants se tendent.
- •Les marges mondiales de raffinage de l’essence et du diesel ont atteint des records dans un contexte de conflit au Moyen-Orient, d’interdiction russe des exportations de diesel et de baisse des stocks de carburants.

Les raffineries américaines fonctionnent depuis plusieurs semaines à un niveau proche de leur pleine capacité, tandis que les exportations américaines de carburants ont bondi à des niveaux record alors que les marchés mondiaux des carburants se tendent après la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ 20 % de la consommation quotidienne mondiale de pétrole.
Le taux moyen d’utilisation des capacités de raffinage aux États-Unis s’établissait à 96,2 % au 17 juillet, dernière semaine de déclaration disponible, contre 94,7 % durant la même semaine en 2025, selon les données de l’U.S. Energy Information Administration (EIA). Le dernier rapport hebdomadaire sur la situation pétrolière de l’agence, publié mercredi, a montré que, si la moyenne nationale dépassait légèrement 96 %, les régions du Midwest (PADD2) et des Rocheuses (PADD4) fonctionnaient toutes deux à 100 % d’utilisation.
Parallèlement, les stocks commerciaux américains de pétrole brut restent environ 6 % sous la moyenne sur cinq ans pour cette période de l’année, malgré une légère hausse au cours de la semaine écoulée. Les stocks du principal centre de stockage de Cushing, dans l’Oklahoma, sont à des plus bas pluriannuels, tandis que les niveaux de la réserve stratégique de pétrole (SPR) se situent à des plus bas de quatre décennies.
La combinaison de stocks réduits, d’exportations à des niveaux record et d’opérations de raffinage à pleine capacité rend le marché américain des carburants de plus en plus vulnérable à des perturbations soudaines de l’offre, telles que des ouragans ou des arrêts imprévus de raffineries. Cette vulnérabilité est particulièrement marquée actuellement, alors que la saison des ouragans dans l’Atlantique — qui s’étend de juin à novembre et atteint historiquement son pic en août et septembre — menace les infrastructures de raffinage de la côte du Golfe, qui représentent environ la moitié de la capacité totale des États-Unis.
Les contrats à terme de gros sur le diesel aux États-Unis ont bondi de 26 % depuis le début de juillet, signe d’un resserrement des marchés des carburants, selon des données compilées par le Financial Times.
À l’échelle mondiale, les marges de raffinage de l’essence et du diesel ont atteint de nouveaux records, portées par la reprise de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, l’interdiction par la Russie des exportations de diesel et la baisse des stocks de carburants dans le monde. La Russie a historiquement été l’un des plus grands exportateurs mondiaux de diesel par voie maritime, et ses restrictions à l’exportation ont retiré un volume important d’approvisionnement d’un marché mondial déjà tendu.
Les raffineurs asiatiques, qui anticipaient une forte hausse de l’offre de brut du Moyen-Orient en août, font désormais face à de possibles retards de livraison dans un contexte de reprise des hostilités, ce qui pourrait compromettre leurs projets d’augmentation des taux de traitement du brut dans les prochaines semaines. Alors que les raffineurs aux États-Unis et en Europe continuent de fonctionner près de leur pleine capacité, leurs homologues asiatiques pourraient ne pas atteindre les gains de débit attendus, les calendriers de chargement et de livraison de juillet et août ayant été perturbés par l’escalade du conflit au Moyen-Orient.
Par Tsvetana Paraskova pour Oilprice.com