L'EIA fait état d'une hausse de 4,405 millions de barils des stocks américains de brut, tandis que les stocks de carburants déçoivent aussi les prévisions
Points clés
- •Les stocks américains de brut ont augmenté de 4,405 millions de barils, bien au-delà de la hausse attendue de 200 000 barils, mais très en deçà de la progression de 17,423 millions de barils de la semaine précédente.
- •Les stocks d'essence ont progressé de 688 000 barils alors qu'une baisse de 1,504 million de barils était attendue, tandis que les stocks de distillats ont reculé de 1,530 million de barils, dépassant la baisse prévue.
- •Les importations américaines de brut saoudien se sont effondrées de 91 %, et les récentes données de l'EIA montrent que les barils canadiens représentent environ deux tiers des importations américaines de brut.
- •La baisse des flux saoudiens découle du conflit autour du détroit d'Ormuz et des menaces en mer Rouge, qui ont contraint les pétroliers transportant du brut saoudien à changer de route.
- •Le WTI évolue dans un intervalle étroit depuis le pic de lundi, après que Trump a jeté le doute sur un accord entre les États-Unis et l'Iran, effaçant presque entièrement le recul amorcé lorsqu'il a annulé les frappes prévues sur l'Iran le 3 août.

Précédent : +17,423 M
Essence +0,688 M contre -1,504 M attendus
Précédent : -0,968 M
Distillats -1,530 M contre -0,982 M attendus
Précédent : -0,010 M
Les stocks américains de pétrole brut ont augmenté de 4,405 millions de barils, alors qu'une hausse de 200 000 barils était attendue. Cette progression est bien inférieure à l'augmentation de 17,423 millions de barils enregistrée la semaine précédente, mais elle traduit néanmoins une accumulation continue des stocks de brut et un équilibre offre-demande relativement lâche aux États-Unis. Le rapport s'accompagne également de données sur les produits raffinés plus faibles que prévu, un point important car les traders vont souvent au-delà du chiffre phare du brut pour déterminer si les raffineurs puisent dans les stocks de carburants ou les reconstituent.
Les stocks d'essence ont progressé de 688 000 barils, alors qu'une baisse de 1,504 million de barils était attendue, après un recul précédent de 968 000 barils. Les stocks de distillats ont diminué de 1,530 million de barils, légèrement plus que la baisse attendue de 982 000 barils, après un recul précédent de 10 000 barils. Cette combinaison oriente la publication hebdomadaire vers une demande d'essence plus faible que prévu, même si les stocks de distillats ont continué de se resserrer.
L'un des faits les plus marquants est l'effondrement de 91 % des importations américaines de brut saoudien. Les États-Unis s'appuient de plus en plus sur des fournisseurs alternatifs, tandis que le Canada demeure, et de loin, leur principale source de brut importé. Les récentes données de l'EIA montrent que les barils canadiens représentaient environ deux tiers des importations américaines de brut, tandis que les importations en provenance d'Arabie saoudite et d'autres sources sont devenues beaucoup plus faibles. Pour les observateurs du marché, cette évolution rappelle que la dynamique de l'offre américaine est façonnée non seulement par la production nationale et l'activité des raffineries, mais aussi par l'évolution des flux d'importation en provenance des grands fournisseurs étrangers.
Le déclin des flux saoudiens découle de perturbations majeures des routes maritimes au Moyen-Orient. Le conflit autour du détroit d'Ormuz et les menaces pesant sur les cargaisons saoudiennes transitant par la mer Rouge ont déjà contraint les pétroliers transportant du brut saoudien à changer de route.
En apparence, le rapport sur les stocks est baissier. En pratique, toutefois, les données d'inventaire constituent rarement le principal moteur des prix du pétrole, qui sont généralement davantage déterminés par les anticipations de croissance mondiale, les décisions de l'OPEP et les événements géopolitiques.
Le brut WTI évolue dans un intervalle étroit depuis le pic enregistré lundi, après que Trump a jeté le doute sur un accord entre les États-Unis et l'Iran. Le marché poursuit une remontée régulière depuis la baisse déclenchée par les commentaires du secrétaire au Trésor américain Bessent le 4 août, lorsqu'il avait déclaré qu'un accord avec l'Iran était imminent. Le WTI a presque effacé l'intégralité du recul amorcé après que Trump a annulé les frappes prévues sur l'Iran le 3 août.