Les frappes de drones ukrainiens perturbent les flux pétroliers russes tandis que le raffinage recule
Points clés
- •Les flux de brut russes à l’exportation ont reculé à 3,46 millions de barils par jour sur les quatre semaines se terminant le 23 août, selon les données de Bloomberg sur les tankers.
- •Les frappes de drones contre les tankers et les infrastructures de la mer Noire ont réduit les expéditions sur l’une des principales routes d’exportation russes pour le brut et les produits raffinés.
- •La Russie redirige du brut kazakh vers Novorossiysk afin de préserver des capacités à Oust-Louga pour ses propres exportations de pétrole.
- •Les attaques contre les installations de traitement ont fait baisser les taux de raffinage et contribué aux pénuries d’essence sur le marché intérieur.
- •Moscou a limité les exportations d’essence, de diesel et de carburéacteur, en recourant notamment à des restrictions similaires en 2023 pour soutenir l’offre intérieure.

Les attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole russes et les ports de la mer Noire perturbent les approvisionnements en carburant et réduisent la capacité du pays à exporter du brut, a rapporté Bloomberg, citant des données de mouvement des tankers.
Les flux de brut à l’exportation sont tombés à 3,46 millions de barils par jour au cours des quatre semaines jusqu’au 23 août, selon des données de mouvement des tankers compilées par Bloomberg. Des frappes de drones contre des pétroliers ont réduit les expéditions depuis la mer Noire, l’une des principales voies d’exportation de la Russie pour le brut et les produits raffinés.
La Russie réagit en redirigeant du brut kazakh vers le port de Novorossiysk, principal terminal pétrolier du pays sur cette mer, afin de libérer des capacités pour son propre pétrole au port baltique d’Oust-Louga, l’un des plus grands hubs russes d’expédition de brut, considéré comme moins vulnérable aux attaques ukrainiennes. Le Kazakhstan, pays enclavé, achemine la majeure partie de son brut vers les marchés mondiaux par des pipelines et des terminaux situés sur le territoire russe, ce qui le rend dépendant de tels accords de transit.
Les frappes contre les installations de traitement russes ont également fait baisser les taux de raffinage du brut et contribué aux pénuries d’essence sur le marché intérieur. Par ailleurs, Moscou a restreint les expéditions à l’étranger d’essence, de diesel et de carburéacteur, réduisant les exportations de produits raffinés ; la Russie a déjà eu recours à de telles restrictions, notamment avec une interdiction des exportations de diesel et d’essence imposée en 2023 pour renforcer l’offre intérieure.
Ces attaques s’inscrivent dans la campagne plus large de frappes de drones à longue portée menée par l’Ukraine contre les infrastructures énergétiques russes, dont l’intensification a commencé après le lancement par la Russie de son invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022. La Russie est l’un des plus grands producteurs et exportateurs mondiaux de pétrole brut et de produits pétroliers, notamment le diesel, un carburant qu’elle expédie vers des marchés du monde entier, et les ventes d’énergie constituent une source majeure de revenus pour l’État russe. Les flux suivis par les tankers et les chiffres hebdomadaires de raffinage du brut restent les principaux indicateurs pour mesurer l’évolution de la redistribution entre les routes de la mer Noire et de la Baltique.
Source : CryptoBriefing