ActualitésMacroLes ménages britanniques face à une perte de revenus de 2 400 £ d'ici 2027 liée à la guerre en Iran, selon le CEBR

Les ménages britanniques face à une perte de revenus de 2 400 £ d'ici 2027 liée à la guerre en Iran, selon le CEBR

Auteur: CryptoBriefing·

Points clés

  • Le CEBR projette que les ménages britanniques perdront en moyenne 2 400 £ de revenus réels disponibles d'ici fin 2027, soit 70,4 milliards de livres au niveau national.
  • La fermeture du détroit d'Ormuz consécutive aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran fin février 2026 a fait bondir les prix du diesel de 35 % et ceux de l'essence de 19 %.
  • Le NIESR a abaissé sa prévision de croissance britannique 2026 de 0,5 point de pourcentage à 0,9 %, attribuant cette révision directement au conflit.
  • La Banque d'Angleterre estime que 1,3 million de ménages supplémentaires feront face à des mensualités hypothécaires plus élevées d'ici fin 2028, à mesure que les prêts à taux fixe arrivent à échéance.
  • Le conflit devrait coûter environ 8 milliards de livres par an au Trésor britannique, entre intérêts de la dette plus élevés et recettes fiscales réduites.
Les ménages britanniques face à une perte de revenus de 2 400 £ d'ici 2027 liée à la guerre en Iran, selon le CEBR

Les ménages britanniques devraient perdre en moyenne 2 400 £ de revenus réels disponibles d'ici fin 2027, selon une nouvelle analyse du Centre for Economics and Business Research (CEBR). Cette projection découle des retombées économiques en cascade de la guerre en Iran, qui ont fortement poussé les prix de l'énergie à la hausse alors que la croissance des salaires est restée bloquée.

Les projections du CEBR, publiées fin août 2026, décomposent cette perte en environ 1 100 £ par ménage cette année et 1 300 £ supplémentaires appelées à disparaître des budgets familiaux en 2027. Rapporté à l'ensemble des ménages britanniques, le coût total est estimé à 70,4 milliards de livres de revenus perdus. Une perte d'une telle ampleur aggraverait la pression sur le niveau de vie que subissent les ménages britanniques depuis la crise énergétique de 2022, lorsque l'envolée des prix de gros du gaz consécutive à l'invasion de l'Ukraine par la Russie avait propulsé l'inflation à des niveaux inédits depuis plusieurs décennies.

La fermeture du détroit d'Ormuz, moteur du choc

La tension économique remonte directement à l'escalade des frappes américano-israéliennes contre l'Iran fin février 2026, qui a entraîné la fermeture du détroit d'Ormuz. Environ un cinquième du pétrole mondial transite quotidiennement par cet étroit passage maritime, et près d'un cinquième du gaz naturel liquéfié échangé dans le monde — une grande partie provenant du Qatar — l'emprunte également, ce qui rend ce point de passage stratégique crucial pour les marchés du pétrole et du gaz, y compris pour des pays comme le Royaume-Uni, qui importent relativement peu de pétrole directement de la région du Golfe.

Les conséquences ont été immédiates et graves. Les prix du diesel ont bondi de 35 % dans les semaines qui ont suivi l'escalade du conflit, tandis que ceux de l'essence progressaient de 19 %. Ces hausses ont dépassé le cadre des stations-service, se propageant aux prix alimentaires, aux coûts de transport et à pratiquement tous les secteurs dépendant du transport de marchandises physiques — une dynamique déjà observée lors de l'épisode inflationniste de 2022, lorsque les coûts de l'énergie et du carburant étaient devenus un moteur majeur de la hausse des prix à la consommation au Royaume-Uni.

Prévisions de croissance révisées à la baisse, douleur hypothécaire en perspective

Le National Institute of Economic and Social Research (NIESR) a abaissé sa prévision de croissance du Royaume-Uni pour 2026 à 0,9 %, soit une réduction de 0,5 point de pourcentage attribuée directement au conflit. Un ralentissement de la croissance aggrave un contexte déjà fragile pour l'économie britannique, qui peine à maintenir son élan ces dernières années.

Les estimations de la Banque d'Angleterre ajoutent une dimension supplémentaire à cette pression. Un million trois cent mille ménages supplémentaires devraient faire face à des mensualités hypothécaires plus élevées d'ici fin 2028, à mesure que les prêts à taux fixe arrivent à échéance et que les propriétaires basculent vers des taux plus élevés. La part élevée des prêts hypothécaires à taux fixe au Royaume-Uni, généralement fixés pour deux ou cinq ans, fait que les chocs de taux et de prix se répercutent sur les budgets des ménages avec un décalage plutôt qu'immédiatement.

Les finances publiques sont également sous pression. Le conflit devrait coûter au Trésor britannique environ 8 milliards de livres par an, entre des intérêts de la dette plus élevés et des recettes fiscales en baisse — une pression qui réduit la marge budgétaire du gouvernement alors qu'il arbitre entre le soutien aux ménages et le respect de ses propres règles budgétaires.