ActualitésMacroTrump adresse un avertissement inquiétant au Sénat : cela pourrait marquer la fin

Trump adresse un avertissement inquiétant au Sénat : cela pourrait marquer la fin

Auteur: Alternet·

Points clés

  • Le président Trump fait pression sur les républicains du Sénat pour abolir l’obstruction parlementaire législative afin de permettre l’adoption du SAVE America Act, qui exigerait une preuve documentaire de citoyenneté lors de l’inscription sur les listes électorales fédérales.
  • Trump a cité le soutien du candidat démocrate au Sénat dans le Michigan, Abdul El-Sayed, à la fin de l’obstruction parlementaire comme preuve que cette suppression est devenue une priorité démocrate.
  • L’obstruction parlementaire nécessite 60 voix pour être surmontée et a déjà été réduite pour les nominations exécutives, judiciaires et à la Cour suprême au cours de la dernière décennie, laissant l’obstruction législative comme dernier grand frein procédural nécessitant une supermajorité.
  • Sous l’administration Biden, les sénateurs démocrates Joe Manchin et Kyrsten Sinema ont défendu l’obstruction parlementaire, mais la dynamique s’est inversée avec certains républicains qui protègent désormais ce même outil contre la volonté de Trump.
  • Trump avait déjà appelé à supprimer l’obstruction parlementaire législative pendant son premier mandat, lorsque les républicains contrôlaient le Congrès, maintenant une position constante à laquelle certains républicains du Sénat s’opposaient alors et continuent de s’opposer aujourd’hui.
Trump adresse un avertissement inquiétant au Sénat : cela pourrait marquer la fin

Le président Donald Trump a intensifié sa campagne de pression publique contre les républicains du Sénat, les exhortant à abolir l’obstruction parlementaire afin de dégager la voie au SAVE America Act — une législation qui exigerait une preuve documentaire de la citoyenneté américaine lors de l’inscription pour voter aux élections fédérales, une disposition que ses détracteurs jugent susceptible de toucher de manière disproportionnée les électeurs proches des démocrates, qui pourraient ne pas avoir facilement accès à un acte de naissance ou à un passeport.

Dans sa dernière offensive, Trump a cité la récente primaire démocrate au Sénat dans le Michigan, au cours de laquelle le Dr Abdul El-Sayed a obtenu l’investiture du parti, comme preuve que l’élimination de l’obstruction parlementaire est devenue une priorité centrale des démocrates.

"For our Great Republican Senators, friends of mine 'all,' please be advised that the Communist Dumocrat Senate Candidate from Michigan, Abdulrahman Mohamed El-Sayed, is touting, as perhaps his single most important point, the Termination of the Filibuster," a écrit Trump sur sa plateforme Truth Social (source post). "I watched yesterday, and he's gone Termination CRAZY. If he succeeds, the Dumocrats will gain 4 Senators, 8 Congressmen, many Electoral and Popular Votes, a stacked Supreme Court with 23 Justices, and I will be, sadly, despite the great job we are doing, the last Republican President! President DONALD J. TRUMP"

L’obstruction parlementaire est un outil procédural de longue date au Sénat qui permet à un seul sénateur ou à un bloc de parti de retarder indéfiniment un texte à l’examen de l’hémicycle. Pour surmonter une obstruction parlementaire lors d’un vote donné, il faut le soutien de 60 sénateurs. Même si une simple majorité peut voter pour supprimer définitivement ce mécanisme, les sénateurs des deux partis l’ont historiquement préservé comme garantie de protection des minorités au sein de la chambre. Toutefois, ce dispositif a déjà été limité ces dernières années : les démocrates du Sénat ont supprimé l’obstruction parlementaire pour la plupart des nominations exécutives et judiciaires en 2013, et les républicains ont étendu ce changement aux nominations à la Cour suprême en 2017. L’obstruction parlementaire législative demeure le dernier grand frein procédural exigeant une supermajorité de 60 voix.

Sous la présidence de Joe Biden, deux sénateurs démocrates — Joe Manchin, de Virginie-Occidentale, et Kyrsten Sinema, de l’Arizona — se sont démarqués de leur parti pour défendre l’obstruction parlementaire, malgré les critiques selon lesquelles cette position facilitait le blocage de l’agenda législatif de Biden par les républicains. Tous deux ont depuis quitté le Parti démocrate : Manchin est devenu indépendant et Sinema a poursuivi comme indépendante, réduisant les marges du caucus démocrate et intensifiant le débat sur l’usage des procédures.

La situation s’est désormais inversée. Un groupe de sénateurs républicains défend à son tour l’obstruction parlementaire, malgré l’engagement des démocrates à utiliser le même outil pour bloquer le SAVE America Act. Il convient de noter que Trump lui-même avait demandé l’élimination de l’obstruction parlementaire législative durant son premier mandat, lorsque les républicains contrôlaient les deux chambres, estimant qu’elle était nécessaire pour faire avancer son programme — une position cohérente avec celle qu’il défend actuellement, mais que certains républicains du Sénat avaient déjà rejetée à l’époque, comme aujourd’hui.

Cette division interne chez les républicains reflète un conflit plus large sur l’avenir des normes du Sénat et l’équilibre des pouvoirs entre les branches législative et exécutive. Les défenseurs des institutions soutiennent que le maintien du seuil de 60 voix protège contre des renversements politiques brutaux à chaque changement de majorité. Trump et ses plus proches alliés, en revanche, estiment que cette règle ne sert qu’à entraver les priorités législatives essentielles du président.

Cette tension complique également les luttes de leadership républicain dans l’ère post-Mitch McConnell, les candidats devant choisir entre le maintien des protections traditionnelles du Sénat et une fidélité totale à l’exécutif. Ce qui a commencé comme un désaccord sur un seul texte s’est en pratique transformé en test de loyauté idéologique au sein du Parti républicain — un test qui pourrait façonner non seulement le sort du SAVE America Act, mais aussi les règles de fonctionnement de la chambre pour les années à venir.