ActualitésMacroUn juge fédéral nommé par Trump visé par une plainte judiciaire pour une conduite « véritablement effrayante » : rapport

Un juge fédéral nommé par Trump visé par une plainte judiciaire pour une conduite « véritablement effrayante » : rapport

Auteur: Rawstory·

Points clés

  • Un avocat de Floride a déposé une plainte judiciaire contre le juge Roy K. Altman, nommé par Trump en 2018 à la Cour fédérale de district du district sud de la Floride, alléguant des violations potentielles des codes de déontologie judiciaire.
  • La plainte allègue que M. Altman a utilisé des ressources judiciaires pour animer des podcasts en direct depuis son cabinet, promouvant son livre autopublié « Israel on Trial », notamment pour des groupes dont les missions visent à promouvoir l'image d'Israël aux États-Unis.
  • La plainte cite également les voyages de M. Altman en Israël, au cours desquels il a déclaré avoir emmené environ 10 % du pouvoir judiciaire fédéral — plus de 80 juges, compte tenu d'environ 870 postes de juges de l'article III — en seulement trois ans.
  • En vertu du Judicial Conduct and Disability Act, la plainte est d'abord transmise au juge en chef du onzième circuit, et les sanctions disponibles s'arrêtent avant la destitution, qui nécessite une procédure d'impeachment par le Congrès.
  • Ce dépôt intervient dans un contexte de surveillance accrue des activités extérieures et des déplacements des juges fédéraux, marqué notamment par l'adoption par la Cour suprême de son premier code de conduite formel en novembre 2023.
Un juge fédéral nommé par Trump visé par une plainte judiciaire pour une conduite « véritablement effrayante » : rapport

Un juge fédéral nommé par le président Donald Trump est visé par une plainte judiciaire déposée cette semaine pour une conduite que le plaignant a qualifiée de « véritablement effrayante ».

Le juge Roy K. Altman, nommé par Trump en 2018 pour siéger à la Cour fédérale de district du district sud de la Floride, s'est montré vocal concernant ses positions controversées. Ces positions incluent le fait d'avoir qualifié le keffiyeh palestinien de « foulard du terrorisme » et sa participation à un groupe qui s'oppose à l'« islamisme légal », le Middle East Forum, une organisation de réflexion basée à Philadelphie. M. Altman a également aidé Trump en suspendant une ordonnance qui exigeait que le président produise ses documents financiers liés à son procès contre la BBC.

La plainte, déposée par un avocat de Floride, a été examinée et rapportée samedi par Zeteo, un média d'information indépendant. Elle allègue que M. Altman a potentiellement enfreint les codes de déontologie judiciaire en utilisant des « ressources judiciaires » à son profit personnel.

« [Altman] a utilisé d'importantes ressources judiciaires pour mener des podcasts en direct depuis son cabinet de juge, qui font la promotion de son livre autopublié Israel on Trial, notamment avec des groupes dont les missions explicites sont de promouvoir l'image d'Israël aux États-Unis », peut-on lire dans la plainte, selon Zeteo.

Le plaignant a également signalé les fréquents voyages de M. Altman en Israël, dont le juge s'est vanté, déclarant avoir « emmené 10 % de l'ensemble du pouvoir judiciaire fédéral américain » lors de ces voyages en « seulement trois ans ». Le pouvoir judiciaire fédéral compte environ 870 postes de juges à vie de l'article III à l'échelle nationale ; la part décrite par M. Altman représenterait donc plus de 80 juges sur cette période.

« Que près de 10 % du pouvoir judiciaire fédéral puisse tenir des positions unilatérales similaires à l'issue de voyages financés par des États étrangers, au cours desquels ils rencontrent des responsables politiques étrangers, est véritablement effrayant », peut-on lire dans la plainte.

Comme l'a souligné Zeteo, le code de conduite des juridictions américaines est clair quant à la responsabilité des juges de « ne pas utiliser dans une mesure substantielle les cabinets, les ressources ou le personnel judiciaires pour se livrer à des activités extrajudiciaires permises par ce Canon ». Cette clause figure dans le Canon 4 du code, la section régissant les activités extrajudiciaires, qui autorise généralement les juges à écrire, enseigner et prendre la parole publiquement, tant que ces activités n'interfèrent pas avec leurs fonctions judiciaires, ne jettent pas le doute sur leur impartialité ou ne dénigrent pas leur charge.

En vertu de la loi fédérale sur la conduite et l'incapacité judiciaires (Judicial Conduct and Disability Act), les plaintes alléguant une inconduite de juges fédéraux peuvent être déposées par toute personne et sont soumises à l'examen des juridictions. Chaque plainte est d'abord transmise au juge en chef du circuit où siège le juge mis en cause — dans le cas de M. Altman, le onzième circuit, qui couvre la Floride —, qui peut la rejeter ou convoquer un comité spécial dont les conclusions peuvent conduire à des mesures du conseil judiciaire du circuit. Les sanctions prévues par cette loi s'arrêtent avant la destitution, car révoquer un juge fédéral nommé à vie nécessite une procédure d'impeachment par le Congrès, et la grande majorité des plaintes déposées en vertu de cette loi ont été historiquement classées sans enquête formelle.

La plainte intervient également après plusieurs années de surveillance accrue des activités extérieures et des déplacements des juges fédéraux, une période qui a notamment vu la Cour suprême adopter son premier code de conduite formel en novembre 2023, à la suite de polémiques sur des voyages non déclarés.