« Peu d’options subsistent » pour Trump sur l’Iran, selon un conseiller qui dit qu’il essaie « juste de tenir bon »
Points clés
- •Trump a relancé une approche centrée sur les sanctions contre l’Iran, qui rappelle sa campagne de « pression maximale » du premier mandat.
- •La campagne précédente n’a pas forcé l’Iran à abandonner son programme nucléaire ni à stopper ses exportations de pétrole, qui ont continué via des ventes à prix réduit à des acheteurs chinois.
- •L’application des sanctions reste incertaine, car l’administration n’a pas dit si elle ferait pression sur de grands acheteurs comme la Chine et la Russie.
- •Les républicains espèrent que des prix de l’essence plus bas et une reprise de la diplomatie pourraient aider à calmer les inquiétudes économiques avant les mi-mandat de 2026.
- •Selon le reportage, l’objectif de Trump est d’atteindre l’élection et de voir l’Iran rouvrir le détroit d’Ormuz, une voie clé du transport pétrolier mondial.

La nouvelle approche du président Donald Trump envers l’Iran ressemble à l’ancienne : sanctions et isolement financier. Selon Jonathan Lemire et Nancy A. Youssef, qui écrivent pour The Atlantic, les républicains estiment pouvoir faire passer le conflit au second plan dans l’esprit des électeurs jusqu’à la fin de l’élection.
« À certains égards, ce n’est pas une idée originale », expliquent les auteurs. « Depuis son premier mandat, Trump s’est appuyé sur une campagne économique de “pression maximale” pour tenter de contraindre l’Iran à abandonner son programme nucléaire. Mais la communauté du renseignement s’est trompée en pensant que l’Iran céderait rapidement sous la pression financière. » Cette précédente campagne, lancée après le retrait des États-Unis par Trump de l’accord nucléaire iranien de 2015 en 2018, visait à ramener les exportations pétrolières iraniennes à zéro. Au lieu de cela, le brut iranien a continué de circuler, en grande partie vendu à prix réduit à des acheteurs chinois — la même faille dans l’application des sanctions qui pèse désormais sur la nouvelle initiative.
Le rapport estime que la situation laisse « peu d’options », et avertit que l’effort pourrait être « long ». L’application des sanctions devient encore plus difficile si Trump refuse d’exercer des pressions sur les plus grands acheteurs de l’Iran, comme la Chine et la Russie. Interrogé cette semaine sur les sanctions, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a refusé de dire si Trump ferait pression sur la Chine pour qu’elle accepte d’imposer des sanctions à l’Iran.
La tribune de The Atlantic soutient que c’est la seule manière pour Trump de donner l’impression qu’ils « essaient quelque chose puis — ce qui est important — cessent de parler de la guerre ».
Des conseillers et alliés de Trump ont indiqué aux journalistes que la seconde partie du plan consiste simplement à espérer une baisse des prix de l’essence, même légère, afin que le GOP puisse se détourner de la crise du coût de la vie.
« Nous essayons juste de tenir bon jusqu’aux mi-mandat », a déclaré un conseiller de Trump.
« Les républicains ont exhorté la Maison-Blanche à mettre fin au conflit et à réduire son impact sur l’économie du pays — et sur leurs chances de réélection. Mais une solution s’est révélée insaisissable », indique le rapport. Cette inquiétude reflète une constante durable de la politique américaine : le parti occupant la Maison-Blanche perd des sièges au Congrès lors de presque toutes les élections de mi-mandat modernes, plaçant l’état de l’économie en novembre 2026 au centre des calculs républicains.
L’objectif global de Trump, selon le reportage, est d’atteindre l’élection et d’amener l’Iran à rouvrir le détroit d’Ormuz, après quoi il serait enclin à déclarer la victoire et à se tourner vers Cuba. « Trump s’est ennuyé de la guerre depuis un certain temps », ont expliqué les journalistes. Le détroit est l’un des principaux goulets d’étranglement pétroliers au monde, une voie maritime qui transporte normalement environ un cinquième du brut échangé dans le monde — raison pour laquelle sa réouverture compte bien au-delà du Golfe.
Son équipe le pousse à parler de la crise économique afin de « aider les candidats républicains, mais il a continué à minimiser les difficultés de l’accessibilité financière auxquelles le pays est confronté, au grand agacement de ses proches collaborateurs ».
Le rapport note que les républicains ont besoin que la nouvelle campagne de sanctions ramène l’Iran à la table des négociations avant novembre, « puis peut-être qu’une nouvelle tentative de diplomatie pourrait stimuler les marchés — et offrir un coup de pouce de dernière minute aux républicains ».
L’Iran sait toutefois que Trump est en difficulté à l’approche des élections de 2026. Le rédacteur diplomatique du Guardian, Patrick Wintour, a rapporté plus tôt en août que l’Iran entend maintenir Trump embourbé jusqu’à l’élection de novembre.