ActualitésMacroLa Corée du Sud et les États-Unis mettront fin prématurément à l'exercice Ulchi Freedom Shield après l'ordre de Trump de réduire les manœuvres

La Corée du Sud et les États-Unis mettront fin prématurément à l'exercice Ulchi Freedom Shield après l'ordre de Trump de réduire les manœuvres

Auteur: The Korea Times Business·

Points clés

  • L'exercice combiné Ulchi Freedom Shield a été écourté de 11 jours à cinq et devait se conclure près d'une semaine avant le calendrier initial, à la suite de la directive de Trump.
  • Les manœuvres axées sur la contre-attaque ont été annulées et les 14 manœuvres sur le terrain prévues au niveau du bataillon ou à un niveau supérieur ont été considérablement réduites, faisant de l'exercice de cette année un entraînement principalement axé sur les opérations défensives.
  • Trump a déclaré que les manœuvres pourraient adresser un message inapproprié et hostile à Pyongyang, a invoqué leur fardeau financier et sa relation avec Kim, et a affirmé qu'il s'attend à rencontrer le dirigeant nord-coréen plus tard cette année.
  • La Corée du Nord a rejeté la réduction de l'exercice, déclarant qu'elle ne s'intéresse pas à cette décision et que celle-ci ne change rien à la nature agressive des manœuvres.
  • La réduction de l'entraînement conjoint sur le terrain pourrait affecter les efforts de Séoul pour un transfert accéléré et conditionnel du contrôle opérationnel en temps de guerre de la part de Washington.
La Corée du Sud et les États-Unis mettront fin prématurément à l'exercice Ulchi Freedom Shield après l'ordre de Trump de réduire les manœuvres

La Corée du Sud et les États-Unis devaient conclure vendredi leur principal exercice militaire combiné, près d'une semaine avant le calendrier initial, après que le président américain Donald Trump a ordonné une réduction significative des manœuvres, une décision largement perçue comme un geste de conciliation envers le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

L'exercice Ulchi Freedom Shield (UFS), qui comprenait une manœuvre sur le terrain à Gumi, dans la province du Gyeongsang du Nord, a été écourté de 11 jours à cinq à la suite de la directive de Trump visant à réduire des manœuvres qui, selon lui, pourraient adresser un message « inapproprié et hostile » à Pyongyang. Trump a également invoqué le fardeau financier des exercices et sa bonne relation avec Kim.

L'UFS est l'un des deux grands exercices combinés de niveau théâtre que les alliés conduisent chaque année pour se préparer aux contingences liées à la Corée du Nord. Centré sur un entraînement en poste de commandement simulé par ordinateur, l'exercice intègre également d'importantes manœuvres sur le terrain fondées sur divers scénarios de temps de guerre dans la péninsule coréenne.

Les alliés avaient prévu de mener 14 manœuvres sur le terrain au niveau du bataillon ou à un niveau supérieur, mais celles-ci devraient être considérablement réduites. Les manœuvres axées sur la contre-attaque, généralement organisées durant la deuxième semaine de l'UFS, ont été annulées après que l'exercice a été réduit de moitié, l'entraînement de cette année étant désormais principalement centré sur les opérations défensives.

Selon des informations, les alliés discutaient auparavant de la possibilité de tenir des exercices réels séparément ou de laisser la Corée du Sud les conduire seule, certaines manœuvres sur le terrain étant susceptibles d'être reportées. Séoul semble privilégier un ajustement du calendrier des exercices sur le terrain plutôt que leur annulation, cet entraînement étant essentiel à ses efforts pour obtenir un transfert accéléré du contrôle opérationnel en temps de guerre (OPCON) de la part de Washington. Le transfert prévu est fondé sur des conditions, et les évaluations des alliés sur la capacité de l'armée sud-coréenne à diriger les forces combinées en temps de guerre se sont appuyées précisément sur ce type d'entraînement conjoint sur le terrain.

L'ordre de Trump de réduire les manœuvres est largement perçu comme un geste stratégique de conciliation visant à reprendre les pourparlers avec Kim. Il rappelle aussi son premier mandat, lorsqu'il avait suspendu les exercices conjoints de grande envergure après son sommet de Singapour de 2018 avec Kim, critiquant ces « jeux de guerre » comme coûteux et provocateurs, avant que les manœuvres ne soient partiellement rétablies à mesure que les négociations nucléaires s'enlisaient. Ce tournant diplomatique actuel devrait également offrir au président américain l'occasion de détourner l'attention de l'absence de progrès dans le conflit iranien à l'approche des prochaines élections de mi-mandat aux États-Unis.

S'exprimant devant des journalistes à la Maison-Blanche mercredi (heure américaine), Trump a de nouveau tendu un rameau d'olivier au dirigeant reclus, déclarant s'attendre à rencontrer Kim plus tard cette année.

La Corée du Nord a balayé la réduction des manœuvres, déclarant qu'elle ne s'y intéresse pas et que cette décision ne change rien à la nature agressive de l'exercice. Pyongyang dénonce depuis longtemps les exercices conjoints annuels comme des répétitions d'une invasion, tandis que Séoul et Washington les ont toujours décrits comme de nature défensive.

Cette fin anticipée laisse des questions en suspens pour les mois à venir, notamment si les manœuvres sur le terrain reportées seront reprogrammées, comment la réduction de l'entraînement pèsera sur le calendrier du transfert de l'OPCON, et si la rencontre avec Kim que Trump dit espérer aura bien lieu.

Source : The Korea Times